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Capitale : Désormais aux portes du pouvoir

A Fort de France, les forces du changement réalisent un score historique

Francis CAROLE, conduisant la liste « Union pour le changement à Fort de France » a obtenu 8390 voix.

Didier LAGUERRE, candidat du néop-ppm obtient 12720 voix, sensiblement le même résultat réalisé par Serge LETCHIMY, lors du premier tour des législatives de 2012.

Aux municipales de 2008, le néo-ppm faisait un score de plus de 20 000 voix.

En clair, le néo-ppm entre 2008 et 2012 perd environ 10 000 voix, ce que le scrutin de 2014  a confirmé.

Parallèlement, on constate la très nette progression du candidat de l’Union, Francis CAROLE, augmentant son score de 5000 voix en deux ans.

Le récent changement des règles électorales a permis au candidat du néo-ppm d’échapper à un deuxième tour qui aurait pu provoquer le basculement tant attendu.

On comprend pourquoi, certains, plus propagandistes que journalistes, se précipitèrent pour en faire une lecture erronée, complaisante vis-à-vis du néo-ppm, niant par là même les faits, mais les faits sont têtus…

Un système néo-ppm pris « la main dans le sac »

L’incident intervenu le jour même de l’investiture du nouveau maire de Fort de France le 29 mars 2014, provoqué sciemment  par une poignée de ses partisans insultant les élus de l’Union, montre l’un des aspects de ce système fondé entre autres sur l’intimidation et le mépris de l’opposition.

La réaction embarrassée du maire, refusant de condamner de telles pratiques, se contentant d’une déclaration incompréhensible (« je comprends leur déception, je ne comprends pas leur colère) faisant suite au départ des 10 élus de l’Union pour le changement à Fort de France en signe de protestation indique précisément qu’il ne peut aller à contre-courant de ce système qui vient de le faire « roi » pour peu que cette idée lui ait effleuré l’esprit.

Il faut bien comprendre que ce système néo-ppm que nous combattons, étant devenu un « système pour lui-même ; n’a pas de message à délivrer hors celui de le laisser là….

Il s’est organisé pour que l’échec flagrant de sa politique municipale ne menace pas sa survie.

Il n’a donc pas de comptes à rendre à la population.

Aucune alerte ne les émeut : le centre-ville peut mourir. La ville peut avoir une dette abyssale. Celle-ci peut perdre 10 000 habitants en 10 ans.

Les impôts peuvent y étrangler les contribuables rien n’y fait.

En outre, ses représentants n’ont aucune raison d’être présents dans les quartiers ;

En définitive, peu leur importe leur bilan : selon eux, ils ont réussi à transformer un parti en « assurance tous risques » et considèrent la ville comme étant leur patrimoine.

Ce système compte donc se maintenir en mettant en œuvre plusieurs éléments :

          Se servir au-delà du « raisonnable de l’image de Césaire afin de démontrer de manière ostensible, « une fidélité » à toute épreuve. Cependant, la pratique et les discours des représentants de ce système néo-ppm, les rapproche beaucoup plus des Rimize ou autre Michel Renard, insufflant en tout et partout, la peur de toute responsabilité réelle pour ce pays. Certains parmi eux, versent même avec enthousiasme dans le discours ordurier, c’est-à-dire tout le contraire de Césaire.

          Exercer une pression inadmissible sur le personnel municipal, particulièrement en période électorale. N’a-t-on pas assisté à la visite des services municipaux par l’actuel maire, alors qu’il n’était que candidat.

          Violer les règles élémentaires en matière électorale en établissant dans les bureaux de vote des « listes bis »…

          Noyauter les grands médias

          Intimider l’adversaire

On se rappelle les pressions physiques dont ont été victimes Jean-Philippe NILOR ou encore Louis BOUTRIN. On a encore en mémoire qu’à l’occasion des dernières législatives, l’un des porte-parole du néo-ppm indiquait qu’Alfred MARIE-JEANNE était désormais dans « le couloir de la mort »

Nous reviendrons également sur le caractère pour le moins morbide de certaines caricatures de Francis CAROLE ayant fleuri dans leur feuille hebdomadaire improprement dénommée « le progressiste ».

Or ce système qui se croyait hors d’atteinte, a subi une attaque foudroyante à l’occasion du premier tour des élections municipales du 23 mars 2014.

Les forces du changement sont désormais aux portes du pouvoir à Fort-de-France.

 

NB : Dans le conseil municipal du mardi 15 avril 2014, le maire de Fort de France, Didier LAGUERRE s’est refusé à condamner publiquement les actes inqualifiables du 29 mars. Francis CAROLE, au nom des élus de la liste « Union pour le changement à Fort de France »  s’est élevé contre de telles dérives et a adressé  une sévère mise en garde afin que de tels agissements ne se reproduisent plus.

La rédaction de Palima.org

le 16 Avril 2014

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MISE AU POINT DE FRANCIS CAROLE AU CONSEIL MUNICIPAL DE FORT-DE-FRANCE

Nous publions le texte de l’intervention de Francis CAROLE lors de la séance du conseil municipal de Fort-de-France du mardi 15 avril 2014, au nom de l’Union pour le Changement. Il est à noter que le chef de file de la majorité municipale, le maire en place, a préféré se taire sur ce sujet plutôt que d’exposer une position reflétant hauteur de vue et fermeté sur les principes démocratiques. Chacun jugera.

FOK SA CHANJÉ FODFWANS

 

 

Chers collègues,

Le samedi 29 mars dernier, nous nous sommes retirés de la salle de délibération du conseil municipal pour protester contre les injures dont nous étions l’objet.

Cette décision doit être comprise comme un rappel solennel à l’ordre qui exprime notre volonté de faire respecter les règles démocratiques élémentaires dans notre assemblée.

Je veux, aujourd’hui, saluer l’attitude digne et respectueuse d’une partie significative de l’assistance qui, bien que ne partageant pas nos positions politiques, a désapprouvé la provocation organisée contre nous par un groupe de responsables et de militants du PPM, sous le regard passif du président de séance qui n’a réagi qu’après que nous avons quitté la salle.

Dans son intervention du 29 mars, Miguel Laventure a publiquement dénoncé ces faits. Qu’il en soit ici remercié.

Je remercie aussi les deux élus de la majorité qui, il y a quelques instants, m’ont dit leur désapprobation des insultes proférées contre les élus de notre liste. Cette démarche les honore.

Je tiens, avec la solennité qui s’impose, à mettre en garde les apprentis sorciers de votre parti, qui ont délibérément provoqué et alimenté ces incidents, contre les risques de violences physiques qui sont souvent sœurs des violences verbales. Qu’ils comprennent, une fois pour toute, que nous n’avons pas l’habitude de céder aux intimidations…

Au-delà des textes de loi qui caractérisent d’outrage à élus les comportements auxquels nous avons assistés, nous voulons stigmatiser une grave dérive qui renvoie à leur insignifiance morale et politique les responsables de cette action inquiétante.

Aucune circonstance, je dis bien aucune, ne saurait justifier que les principes de respect, de civilité et de tolérance qui doivent présider à la tenue des séances d’une assemblée démocratiquement élue par le peuple soient ainsi foulés au pied.

Évoquer la proximité de la campagne pour trouver une circonstance atténuante à cette dérive, c’est lui apporter une caution morale, d’autant que nous avons, pour ce qui nous concerne, mené une campagne propre évitant les attaques personnelles et dégradantes contre les individus. La réciproque n’a pas été vraie. Mais chacun est toujours face à ses propres responsabilités éthiques et à sa propre conscience. On échappe à tout, sauf à sa conscience.

Évoquer le « folklore » local pour relativiser la gravité des événements du samedi 29 mars est encore plus indigne car participant d’une volonté de perversion et de dénigrement de notre culture et de nos habitudes.

La différence a toujours été faite, dans notre culture, entre ce qui relève de la rue et ce qui relève du minimum de bienséance et de règles démocratiques que le déroulement d’une séance d’un conseil municipal exige.

N’en déplaise aux ethnologues de circonstances, c’est aussi cela notre culture : faire la part des choses, se donner des limites.

Au moment où s’est installée dans notre pays une logique mortifère du pourrissement; au moment où, tous, nous nous plaignons, fort légitimement et fort justement, de la perte des repères dans notre société, nous n’avons pas le droit d’apporter la moindre caution à des comportements qui déshonorent notre conseil municipal et-plus grave-délivrent, publiquement, le message dangereux selon lequel aucun lieu n’est sanctuarisé, aucun principe démocratique n’est à l’abri du mépris et toutes les dérives sont permises, partout et sans limites.

Nous combattrons, sans la moindre faiblesse, cette vision dangereuse pour la Martinique.

Nous regrettons de n’avoir entendu, de la part du chef de file de la majorité municipale, ni condamnation politique claire du comportement de ces responsables et militants PPM, ni excuses publiques.

C’est une position confuse, sans principe et peu courageuse qui a été adoptée par celui-ci et qui peut être interprétée comme une caution aux insultes dont nous avons été victimes, en pleine salle de délibération du conseil municipal.

Nous en prenons acte.

Nous remercions encore une fois toutes celles et tous ceux, de bords politiques différents, qui se sont émus des dérives que je viens de dénoncer et nous ont manifesté sympathie et soutien.

Nous maintiendrons le même niveau de vigilance, ici comme ailleurs, pour que le respect entre nous prévale, en dépit de nos différences, et pour que des mœurs politiques plus saines émergent enfin à Fort-de-France.

La voyoucratite et la médiocratie ne triompheront pas.

Merci de votre attention.

Francis CAROLE

UNION POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE

Conseil municipal du mardi 15 avril 2014

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INSTALLATION DES INSTANCES DE LA CACEM : INTERVENTION DE FRANCIS CAROLE

Mesdames,
Messieurs,
Chers collègues,

Permettez-moi d’abord, au nom du groupe que je représente et en mon nom propre, de remercier le personnel de la CACEM pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé ce matin.

Je tiens en outre à saluer toutes les élues et tous les élus du suffrage universel présents ici, quelles que puissent être mes divergences avec certains. Je leur souhaite, dans un esprit démocratique, le meilleur pour ces six prochaines années à la CACEM.

Cette nouvelle mandature se veut forte d’une innovation démocratique : l’élection, par le peuple, des conseillers communautaires qui permet enfin une représentation politique plurielle au sein du conseil communautaire.

Cependant, en raison de la prime excessive et injuste attribuée aux listes arrivées en tête, on aboutit à une sous-représentation des oppositions, voire à leur non-représentation comme l’illustre le cas de Schoelcher dont la majorité municipale remporte la totalité des sièges de la communauté d’agglomération, en dépit de la présence d’une opposition au sein du conseil municipal.

Il y a ainsi un hiatus entre le poids politique des différents courants-tel que voulu par les électeurs-et la réalité de leur représentation au conseil communautaire du centre.

Le législateur, en attribuant cette prime excessive au gagnant, a procédé à une mutilation de la démocratie.

Le bureau communautaire élu aujourd’hui, en plus d’exclure de manière éhontée les femmes (trois femmes sur les quinze vice-présidents, la première n’étant qu’en huitième position !), porte les stigmates de cette carence démocratique.

Nous souhaitons que la loi évolue parce que l’on ne saurait, sur le plan éthique, accepter qu’une partie de l’électorat, parfois importante, soit traitée comme un sous-électorat, sous-représenté dans les instances de décision, voire exclu de ces instances.

Nous entendons néanmoins, en dépit de ces contraintes, tenir toute notre place dans les différentes commissions de la CACEM qui nous sont ouvertes.

Nous ne sommes pas, nous n’avons jamais été et nous ne serons jamais des adeptes de « l’opposition systématique », formule d’ailleurs constamment utilisée par nos adversaires que l’absence de culture démocratique-ou la fragilité de cette culture-rend particulièrement allergiques à la contradiction et aux visions plurielles.

Nous déclarons, de manière tout aussi nette, que nous ne sommes pas les partisans des consensus subalternes entre amis. Nous croyons, au contraire, dans les vertus des ruptures fertiles, sur la base de principes politiques et de la plus haute conception de l’intérêt général.

Notre seul boussole, c’est la défense des intérêts des Martiniquaises et des Martiniquais, singulièrement de celles et de ceux du Lamentin, de Schoelcher, de Saint-Joseph et de Fort-de-France.

Nous avons, dans cet esprit, décidé de constituer un groupe, comme nous y autorise la loi. Ce groupe de neuf élus communautaires, « Alternative Démocratique pour le Centre », est constitué :

-de l’Union pour le Changement à Saint-Joseph, avec Camille MARLET;
-du Rassemblement Populaire LAMENTINOIS, de Daniel MARIE-SAINTE;
-du Lamentin-La Relève, de Fabrice DUNON;
-de FOK Sa CHANJÉ FODFWANS, avec Michel BRANCHI, Rolande GRUBO, Marie-Line LESDEMA, Monique PAMPHILE, Émile GRATIENT et Francis CAROLE.

Personne ne doute qu’au sein de ce conseil communautaire, dans la sérénité la plus absolue et sans aucune concession sur le fond, nous assumerons notre responsabilité d’opposition vigilante. Vigilante et constructive, dans l’intérêt de nos concitoyens !

Nous serons particulièrement attentifs aux préoccupations quotidiennes des habitants et des usagers de l’espace CACEM, notamment sur les problématiques du transport public, de l’eau et du développement social.

Nous manifesterons le même intérêt pour les questions liées au développement économique, à l’aménagement du territoire, aux entreprises, au développement durable et aux conditions de travail du personnel de la CACEM.

La gestion financière de CACEM nous préoccupe au plus haut point. À ce propos, nous demandons au président de mettre, au plus tôt, à la disposition de notre groupe les éléments d’appréciation de l’état des finances de la communauté.

Merci de votre attention.

Francis CAROLE

Pour l’Alternative Démocratique pour le Centre

MARTINIQUE

Vendredi 11 avril 2014

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SE RASSEMBLER, DÈS MAINTENANT, AUTOUR DE L'ESSENTIEL

Que n’a-t-on entendu après le second tour des élections municipales !

Certains ont cru venu le moment de décréter la mort du camp patriotique et de ses principaux responsables, vieille obsession qui, depuis longtemps, hante le coin le plus obscur des « couloirs »de leur cerveau.

Ils se voient même déjà à la tête de la nouvelle collectivité territoriale en 2015, par la seule grâce de la manipulation.

Entre chants de louanges hypocrites pour notre frère Garcin MALSA, imprécations haineuses contre Alfred MARIE-JEANNE, jubilations naïves à propos des résultats de Ste-Luce et de Fort-de-France, sous-estimation délibérée de l’importante victoire du Gros-MORNE, le néo-PPM -relayé par des journalistes dont quelques uns prennent leurs ordres à Plateau Roy- entend imposer à l’opinion publique sa vision hilarante d’une prétendue victoire aux dernières municipales.

D’abord, aucune démonstration sérieuse ne vient donner crédit à ces spéculations et l’interprétation des résultats des 23 et 30 mars est bien plus complexe que l’amas de certitudes absurdes que déversent certains à longueur de déclarations.

D’autre part, il a été suffisamment démontré dans l’histoire politique de notre pays qu’un conglomérat de maires ne fait pas une victoire à une élection régionale. Sinon MARIE-JEANNE n’aurait jamais été élu président de région.

En réalité, des enjeux plus fondamentaux que la proximité et les considérations propres à une élection municipale dans une commune interviendront dans le choix des électeurs en 2015. À ce propos, le lourd bilan calamiteux du néo-PPM et de ses affidés à la région pèsera de tout son poids dans la décision des Martiniquaises et des Martiniquais.

Certes, dans notre camp, sereinement et sans concession, un bilan lucide devra être tiré… Comme nous l’avons toujours fait.

Puis, nous devrons, rapidement, dans le respect des sensibilités plurielles et en mettant en œuvre une démarche démocratique, aller à l’essentiel.

L’essentiel, c’est l’unité des forces patriotiques et démocratiques. L’essentiel, c’est notre capacité à apporter une réponse concrète aux difficultés que traverse notre pays et aux aspirations de notre peuple. L’essentiel, c’est de nous battre sur le terrain, jour après jour, pour gagner la confiance de la majorité de la population.

Tout doit être subordonné à ces exigences.

C’est la responsabilité des patriotes et de la gauche responsable.

C’est la responsabilité que doivent prendre en charge, vaillamment, toutes nos militantes et tous nos militants ainsi que tous les Martiniquais conscients, dès aujourd’hui, sans se laisser inutilement perturber par des considérations secondaires.

Francis CAROLE

MARTINIQUE

Dimanche 6 avril 2014

 

 

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Intronisation du maire de Fort-de-France le 29 mars 2014

Un Bofè-a malpropre et insultant d’une partie du néo-PPM aux abois

Décidément, certains au  néo-PPM ont des problèmes avec la  démocratie.

Le samedi 29 mars dans la matinée le nouveau conseil municipal de Fort-de-France était convoqué pour l’élection du nouveau maire et de ses adjoints.

Les 10 élus de l’Union pour le Changement à Fort-de-France menée par Francis Carole se sont présentés à la mairie. Accompagnés de certains de leurs partisans. Rien là que de très normal. Pour accéder à la salle du Conseil les amis de Francis Carole  se sont vus quand même refuser l’entrée au motif qu’il n’y avait plus de places et pour y accéder certains ont du fortement insister. La séance est présidée par Raymond Saint-Louis Augustin, le maire sortant, avec à ses côtés Didier Laguerre.

Le premier point de l’ordre du jour était la proclamation des résultats du scrutin du 23 mars. Didier Laguerre : 12 839 voix, est-il annoncé. Applaudissements et cris tonitruants de victoire de l’énorme foule des partisans PPM. Normal.

Miguel Laventure : 1 649 voix. Applaudissements maigres et polis, y compris des élus Union pour le Changement à FDF. Presque normal.

Francis Carole : 8 403 voix. Applaudissements et cris des partisans la liste qui ont pu en très faible nombre entrer dans la salle du Conseil municipal. Normal aussi, pourrait-t-on croire.

Et bien non. Immédiatement, des huées se font entendre, puis une partie de l’assistance se met à entonner en boucle : « Bo fè a, Bo fè a yo pété bonda Carole… ». Stupéfaction. Et alors, comme un seul homme, les 10 élus de la liste Carole se lèvent et quittent la salle. On entend, alors que la plupart des élus de l’Union sont déjà sortis de la salle, Raymond Saint-Louis Augustin protester en demandant que l’on respecte les élus de l’opposition. Rien n’y fait les huées continuent. Dans les couloirs, les propos peu amènes et agressifs des militants PPM en masse accompagnent les élus du Changement.

Ascenseurs, rez-de-chaussée, parvis de l’Hôtel de vile où avait été installé un écran géant pour la retransmission de la cérémonie devant une petite foule composée  de militants et employés municipaux en grande partie acquis au PPM. Insultes, huées  et cris hostiles  accompagnent encore les élus de la liste Carole qui sortent de la mairie.

Ils traversent le boulevard Général de Gaulle et regagnent le QG de campagne de l’Union de l’autre côté du boulevard.

Conférence de presse improvisée de Francis Carole entouré des autres élus qui déclare en substance : «  Nous avons été élus par 8 403 citoyens de Fort-de-France pour défendre les intérêts de la ville. Il n’est pas question d’accepter d’être insultés. Car aujourd’hui ce sont des insultes, demain ce seront des coups et d’autres exactions. Nous nous sommes retirés pour signifier que ces méthodes d’intimidation doivent cesser…. Nous sommes là pour travailler au service de la population… ». Digne et ferme.

Effectivement, certains au néo-PPM n’ont pas digéré que leur candidat a perdu 10 000 voix par rapport à 2008 et n’a été élu qu’avec une faible participation de 41 %. Il n’a échappé au 2ème tour qu’à 470 voix près obtenues dans des conditions de pressions et de manœuvres inavouables et parce qu’une loi française inespérée a supprimé l’obligation de recueillir le quart des électeurs inscrits pour être élu au 1er tour. 

Il  y a dans la réaction de ces personnes une attitude quasiment mystico-religieuse. Ils n’ont pas supporté qu’un autre que  l’élu PPM soit acclamé à l’intérieur d’une mairie qu’ils considèrent comme leur « patrimoine », leur temple. Pour eux cela relève du sacrilège, du crime littéralement de lèse-majesté.

Sommes nous en présence d’une monarchie dynastique avec Césaire 1er, Césaire II (Letchimy) et Césaire III (Laguerre) ?

Pour la petite histoire, il s’avère que c’est le sieur Camille Chauvet qui a pris l’initiative de jouer le chef d’orchestre de la bronca anti-Carole au motif, explique-t-il lui-même sur facebook, que l’on ne pouvait accepter des acclamations en faveur de Francis Carole d’une intensité comparable à celles en faveur de Didier Laguerre. Aveu significatif du niveau de la pensée de quelqu’un qui se présente comme césairiste et indépendantiste sur sa télévision KMT. Selon plusieurs témoignages dignes de foi, Chauvet s’est levé quand Carole a été acclamé et mettant les mains en portevoix a crié « Hou, hou, hou »lançant le concert immoral des huées contre Carole puis a entonné le fameux bofè-a insultant.

Le même bofè-a malpropre qui fut chanté contre Georges  Gratiant en 1957 ainsi que nous l’a souvent rappelé Jenny Gratiant.

Laissons Camille Chauvet à ses outrances qui  décrédibilisent quelqu’un qui jusqu’à nouvel ordre est théoriquement un « éducateur du peuple ». Affligeant personnage.

A signaler quand même que dans le reportage de Martinique Première relatant l’incident, il est mentionné que Francis Carol a été insulté et Didier Laguerre a bredouillé confusément des propos tentant de se démarquer de l’attitude de son monde.

Michel Branchi

(Justice n° 14 du 3 avril 2014)           

 

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DECLARATION DU CNCP

Le bureau du CNCP s’est réuni le jeudi 3 avril 2014 et a publié l’analyse suivante à l’issue des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Le CNCP,  partie intégrante  de la démarche d’alliance, instaurée dès l’année 2000 avec  l’Espace échange indépendantiste, concrétisée par l’alliance stratégique conclue entre le MIM et le CNCP en 2004 pour les élections régionales, élargie dans le cadre du Rassemblement  Martiniquais pour le Changement (RMC)  en 2009 pour les consultations en vue de la Collectivité de Martinique, poursuivie dans le cadre des élections législatives de 2012 ( CNCP, MIM, MODEMAS,  PALIMA, PCM, RDM), a été pleinement partie prenante de la campagne pour les municipales de 2014, par l’engagement  de ses militants et la présence de camarades sur les listes d’alliance dans diverses  communes.  

Certes ces élections municipales des 23 et 30 mars 2014, se situaient, après les élections législatives de 2012, dans le contexte de la programmation de la mise en place de la Collectivité de Martinique en 2015. Mais en définitive ce sont les caractéristiques propres à toute élection municipale qui ont été déterminantes, l’objectif de ces élections étant de mettre en place une équipe, sur la base de projets et de programmes pour le développement de la commune, choisir de maintenir l’équipe en place, ou de procéder à son remplacement. Il faut constater que dans la majorité des communes, c’est le principe du maintien de l’équipe en place qui a largement prévalu, soit un total de 26 communes (24 communes où le maire a été reconduit et 2 communes où il s’agissait de la succession des maires en place (Fort de France et Trinité). Dans trois communes on a assisté à un changement de maire sans changement de mouvance politique (Saint-Esprit, Rivière Pilote et Sainte Luce). Et dans 5 communes il s’est produit un renversement de tendance (Basse pointe, Fonds Saint Denis, Marigot, Gros Morne et Sainte-Anne).

Nous tenons à adresser nos félicitations à Gilbert Couturier au Gros-Morne, car sa victoire est l’aboutissement d’une démarche de liaison avec les masses et d’une forme d’engagement dont notre peuple a besoin, et nous adressons également nos encouragements à Garcin Malsa et plus généralement à tous les écologistes pour la poursuite de leur combat, car notre peuple a aussi besoin de ces engagements-là.

Nous tenons tout particulièrement, au-delà du bilan des mairies conquises ou perdues, à mettre l’accent sur la remarquable dynamique créée par l’alliance des patriotes et des anticolonialistes. L’exemple le plus frappant est celui de Fort-de-France où les progrès réalisés par l’équipe « Fok sa chanjé Fodfwans », la riche expérience de collaboration des organisations durant la campagne, l’arrivée de nouvelles générations décidées à mettre leur engagement et leur compétence au service de leur peuple, l’espoir qui a été suscité d’une nouvelle forme de l’engagement politique, nous amènent à tirer un bilan positif en termes de cohésion, de démarche unitaire et d’élévation du niveau de conscience de notre peuple. C’est 

cela qui a particulièrement retenu notre attention dans tous les lieux où nous avons eu à développer cette démarche d’alliance.

Voilà pourquoi, au CNCP, nous avons plus que jamais une vue claire et déterminée du sens de notre engagement : travailler à l’éducation, la formation et l’information des masses par les contenus, les méthodes et les moyens appropriés, mettre en œuvre les démarches d’union nécessaires pour consolider notre cohésion nationale, dans un contexte où la question d’une avancée possible vers plus de responsabilité va se poser concrètement à nous dans peu de temps.

Déclaration du CNCP  à l’issue des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Pour le CNCP

Marie-Hélène Léotin

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MAIN BASSE SUR LA BIODIVERSITÉ DES "OUTRE-MERS"…

La plénière du Conseil Régional du mardi 1er avril 2014 a donné lieu à un important débat à propos du projet de loi du gouvernement socialiste sur la biodiversité. Cette loi prévoit comme mesure phare la création d’une Agence Française pour la Biodiversité.

Cette agence aura la haute main sur l’exploitation de la biodiversité française. Rien de très troublant en apparence… Mais il se trouve que près de 90% de la biodiversité dite « française » se trouve dans les possessions « d’outre-mer » !

Les peuples de ces différents pays n’auront donc aucune souveraineté sur leurs ressources et, par une forme de bio piraterie officielle, à travers cette agence, ils se verront dépossédés de leurs richesses au profit de l’Etat français et de ses multinationales.

Le 20 juin 2013, lors du congrès des élus départementaux et régionaux, Francis CAROLE avait clairement posé les véritables termes du débat :

COMMENT LA MARTINIQUE PEUT-ELLE EXERCER SA SOUVERAINETÉ SUR SES PROPRES RESSOURCES GÉNÉTIQUES ?

Cette question, centrale pour notre futur, avait semblé échapper à la réflexion de ceux-là mêmes, amis du gouvernement socialiste, qui découvrent avec effroi, aujourd’hui, la stratégie de dépossession de notre biodiversité qui se prépare.

On peut légitimement s’inquiéter des « inquiétudes » tardives de l’actuel président de région sur une problématique qui avait été anticipée par Francis CAROLE lors du congrès du 20 juin 2013 et accueillie par une non moins inquiétante passivité intellectuelle des « inquiets » du moment.

Il reste, comme l’a rappelé Francis CAROLE à la séance plénière de la région, le mardi 1er avril, que nous devrons faire front face à une menace qui engage notre maîtrise sur notre biodiversité.

Nous publions à nouveau cette intervention qui avait fait l’objet d’un article dans lepalima.org, en août 2013.

« BIODIVERSITÉ ET SOUVERAINETÉ

Par Francis CAROLE

Synthèse de l’intervention de Francis CAROLE, lors du congrès des élus départementaux et régionaux du 20 juin 2013, sur une « demande de compétence dans les domaines de la connaissance, de la protection et de la valorisation de l’environnement, des espèces et des espaces naturels ».

Chers collègues,

L’intitulé du rapport soumis à notre analyse peut, a priori, séduire par son aspect emphatique : « Demande de compétence dans les domaines de la connaissance, de la protection et de la valorisation de l’environnement, des espèces et des espaces naturels« .

Mais, et sans doute malheureusement, nous sommes vite ramenés aux dimensions pour le moins prosaïques de ce rapport.

En effet, derrière le titre ronflant qui aurait pu susciter quelque naïve espérance, l’audace politique se confine, en réalité, dans de maigres revendications sur la gestion des forêts publiques, forêts départementalo-domaniales et forêts domaniales du littoral. Nous ne sommes pas très loin du grand bond sur place…

Certes, le statut des forêts publiques interpelle, mais le débat sur la biodiversité est bien plus large que la vision timide et partielle qui nous est proposée ici.

Comment la Martinique peut-elle exercer sa souveraineté sur ses ressources génétiques ?

C’est bien à ce niveau que se situe l’enjeu central de la biodiversité pour le futur de notre pays. Et c’est cet enjeu qui est soigneusement éludé par le néo-PPM et « Ensemble pour une Martinique nouvelle ».

UN ENJEU MONDIAL

Cette problématique engage, bien entendu, toute la planète. La course au contrôle de la biodiversité est, aujourd’hui, largement entamée à l’échelle mondiale.
Dans son essence, ce phénomène n’est pas différent de la compétition entre les grandes puissances pour contrôler les sources de matières premières comme le pétrole, le gaz, le cuivre, le cobalt, le niobium ou encore le platine. Les guerres menées en Irak, en Libye, dans le Sahel ou en République Démocratique du Congo sont l’expression des rivalités pour faire main basse sur ces richesses. Certes, ces agressions, diverses dans leurs formes et leurs contextes, prennent prétexte de la lutte pour la démocratie, mais leurs finalités restent économiques et stratégiques.

Ainsi, si 90% des ressources génétiques mondiales se trouvent dans les pays du Sud, 98% des brevets sont entre les mains des pays du Nord ! Ce déséquilibre criant est bien la preuve que le pillage des ressources de la biodiversité par les grandes puissances est largement avancé, en particulier sous l’impulsion des compagnies pharmaceutiques, agro-alimentaires et cosmétiques de l’Europe et des États-Unis.

Cette stratégie de dépossession des pays du Sud a ceci de particulier, contrairement à des ressources comme le pétrole ou le gaz, qu’elle s’accompagne du pillage sans vergogne des savoirs sur la biodiversité accumulés depuis des millénaires par les peuples autochtones d’Afrique, d’Asie, d’Amérique ou encore d’Océanie.

La répartition de la biodiversité sur la planète renforce la compétition impitoyable qui se déroule. En effet, les 34 zones de forte biodiversité répertoriées dans le monde couvrent seulement 1,4% de la surface de la planète. Elles concentrent environ 50% des espèces vertébrées et 35% des plantes connues.

LA MARTINIQUE ET LES ENJEUX DU VIVANT

La Martinique, on le sait, fait partie des 35 « hotspots » identifiés dans le monde par la communauté scientifique pour la richesse de sa biodiversité.
Grâce à ses possessions coloniales, la France est un « pays fournisseur »de biodiversité. Elle dispose, par exemple, d’un espace maritime de 11 millions de km² -40 fois celui de l’hexagone- ce qui en fait la seconde puissance maritime mondiale, au lieu de la 49 ème qui correspondrait davantage à sa réalité géographique.
Selon Olivier GARGOMINY, du Muséum d’histoire naturelle :

« Si l’on ne considère que les espèces endémiques, pour lesquelles il est possible de calculer la diversité totale, il y a globalement 26 fois plus de plantes, 3,5 fois plus de mollusques, plus de 100 fois plus de poissons d’eau douce et 60 fois plus d’oiseaux endémiques en Outre-mer qu’en métropole. »

On pourrait ajouter que 3450 plantes et 380 vertébrés sont strictement endémiques de ce que l’on appelle « l’outre-mer », plus que toute l’Europe continentale. 84% de la biodiversité « française » n’est donc pas française mais polynésienne, guyanaise, guadeloupéenne, kanake, martiniquaise etc…

Chacun aura, au vu de ces chiffres, compris que le débat va bien au-delà des forêts départementalo-domaniales et des forêts du littoral.

Mais il serait trop facile de simplement se gargariser de faire partie des 35 « hotspots » de la planète. Notre responsabilité vis-à-vis de ce patrimoine exceptionnel nous commande aussi de prendre la mesure des risques auxquels il est confronté, du fait principalement de l’intervention de l’homme. Dans un rapport de 2004, la DIREN soulignait la disparition de 11 espèces de vertébrés et des menaces qui planent sur la survie des espèces endémiques, du fait de la dégradation des écosystèmes.

La France -nous devons nous pénétrer de cette évidence- a sa propre stratégie dans la course au contrôle du vivant. Cette stratégie est pensée par elle et pour elle. Pas pour nous ! Il serait sans doute naïf d’exclure que ce ne soit pas aussi contre nous…

Les ressources de la mer constituent la grande oubliée d’un rapport qui prétend prendre en charge « la valorisation des espaces naturels ». Le silence du néo-PPM sur cet aspect essentiel de notre patrimoine naturel est plus profond que les abysses.

La Martinique dispose, en effet, d’une Zone Économique Exclusive (ZEE) bien plus importante que les 1128 km² de terres émergées. Les ZEE sont des zones maritimes, situées jusqu’à 370 km des côtes (200 miles), sur lesquelles les États jouissent de droits souverains pour explorer, gérer, conserver et exploiter les ressources. Les neuf dixième des ressources halieutiques mondiales se trouvent concentrées dans ces espaces.

En l’occurrence, c’est l’Etat français qui a la propriété exclusive des Zones Économiques Exclusives de ses possessions coloniales qui constituent des atouts majeurs dans les domaines stratégiques, environnementaux, scientifiques et économiques.

Consciente de ces enjeux du futur, la France, dès le début des années 90 a mis en place un important programme d’exploration des ZEE, notamment à travers l’IFREMER. Au titre de ses colonies, elle a ratifié, en 1996, la Convention de Montego Bay, signée le 10 décembre 1982 en Jamaïque et entrée en vigueur en 1994.

Au-delà de ces zones placées sous juridiction nationale (française donc pour les colonies françaises) des négociations sont ouvertes pour une « gouvernance de la haute mer » qui représente 60% des surfaces océaniques, fournit la moitié de notre oxygène et jouera un rôle essentiel dans notre alimentation.

LE PROTOCOLE DE NAGOYA ET NOUS

Le protocole de Nagoya, rédigé en octobre 2010, lors de la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, n’a toujours pas été ratifié par la France et l’Union Européenne. Au 30 avril 2013, seuls seize États avaient ratifié ce document. Personne ne s’étonnera qu’il s’agisse de pays du Sud !

On peut aisément comprendre les racines de cette attitude quand on sait que c’est l’Europe qui a inventé la biopiraterie moderne et que de nombreuses multinationales européennes -comme l’OREAL, UNILEVER, MERCK, WELEDA-ont déjà été condamnées en Amérique du Sud pour causes de demandes illégitimes de brevets ou utilisation des ressources naturelles locales sans l’autorisation préalable des populations concernées.

La France et l’Europe défendent donc leurs intérêts de puissances prédatrices de la biodiversité mondiale comme des sources d’énergie et des minerais stratégiques.
Une nouvelle conférence des parties sur la diversité biologique se tiendra en octobre 2014. Nous verrons bien comment les positions évolueront.

Le protocole de Nagoya érige la biopiraterie en objet juridique et met l’accent sur l’Accès et le Partage des Avantages (APA), en matière de biodiversité. Il subordonne l’utilisation des ressources génétiques des pays fournisseurs à trois conditions qui devraient alimenter notre propre réflexion :

– D’abord l’obtention du consentement préalable de ces pays à toute démarche de prospection et de collecte de la ressource sur leur territoire.
– Ensuite, le respect de la règle consistant à verser aux pays fournisseurs, des contreparties pouvant prendre la forme de redevances financières ou de coopération dans les domaines de la recherche et du développement.
– Enfin, l’obligation de réinvestir une partie des bénéfices réalisés dans la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité.

Si ces contraintes du protocole de Nagoya ne mettent pas les pays du Sud fournisseurs de biodiversité totalement à l’abri de la prédation des grandes puissances, elles ont, néanmoins, le mérite de créer un cadre juridique international pouvant contribuer à aider ces nations à mieux contrôler leurs ressources génétiques. Mais, à terme, ce sont les pays fournisseurs, particulièrement ceux du Sud, si souvent spoliés, qui doivent imposer aux utilisateurs les conditions d’accès à leurs ressources génétiques.

Pour ce qui nous concerne, la nature de nos liens avec la France nous exclut du minimum de contrôle que nous devrions exercer sur nos propres ressources. Ainsi, l’Etat français, propriétaire de celles-ci, n’est soumis à aucune obligation de consentement de notre part avant toute démarche de prospection et de collecte. I lakay maman-y ! Il n’est pas, pour les mêmes raisons, davantage soumis aux règles de contreparties ou de réinvestissement d’une partie des bénéfices réalisés grâce à l’exploitation de nos ressources.

Dès les premiers congrès des élus départementaux et régionaux de 2002, la question du contrôle de nos ressources naturelles était clairement posée.
Onze après, on ne peut que constater que les propositions de la dite « nouvelle » mais très timorée « gouvernance » sont en net retrait par rapport aux résolutions alors retenues. Ces dernières exigeaient, en effet, l’intégration dans le patrimoine de la collectivité unique des îlets, des terrains acquis par le conservatoire du littoral et des cours d’eau. La gestion des ressources du sous-sol était aussi réclamée, de même que celle « des diversités biologiques et des biotopes ». La revendication du passage à l’article 74 approfondissait notre démarche de souveraineté sur notre patrimoine naturel.

La nation martiniquaise doit être propriétaire de toutes ses ressources naturelles, celles du sol, du sous-sol et de la mer, afin de mieux assurer son futur. C’est l’ambition collective vers laquelle nous devons tendre, année après année, génération après génération. »

AOÛT 2013
MARTINIQUE

Jeudi 3 avril 2014

 

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COMMUNIQUE DU PALIMA

Communiqué du Palima à propos du second tour des Elections Municipales

 

Pour le second tour des élections municipales, le Palima appelle à voter :

 

 

– Jean-Philippe  Nilor, à Sainte-Luce

– Garsin Malsa, à Sainte-Anne

– Gilbert Couturier, au Gros-Morne

– Lucien Veilleur, à Rivière-Pilote

– Louis Boutrin au Carbet.

 

Le responsable de la communication.

Clément Charpentier-Tity

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Municipales 2014

LA LEÇON DE FISCALITÉ DE MICHEL BRANCHI AU NÉO-PPM… ET À SES « SPÉCIALISTES »…

Après la saison de caricatures contre Francis CAROLE-caricatures qui, d’ailleurs,  interpellent sur le niveau politique et intellectuel général de ce journal- le « Progressiste », journal du néo-PPM, se lance dans dans un nouvel exercice, toujours aussi brillant, pour tenter de justifier l’incapacité de l’équipe municipale à réduire la pression fiscale à Fort-de-France.

La pensée néo-PPM sur la fiscalité communale fait étrangement penser à un article aussi croustillant sur le lycée Schoelcher qui serait, miraculeusement, à l’abri des tremblements de terre. Nous n’osons, par courtoisie et passion pour l’altitude, nommer l’auteur de cet article… Qui se reconnaîtra sans doute…

Dans sa réponse à ce qui apparaît comme un aveu d’incapacité des dirigeants du parti qui considère la ville comme son bien privé, Michel BRANCHI démontre magistralement que la réduction de la pression fiscale à Fort-de-France n’est ni du « populisme » ni du « donquichottisme », mais, au contraire, un pari raisonné sur le Progrès, le Redressement et le Renouveau de la ville.

« Ainsi Francis Carole est taxé de faire croire aux citoyens apeurés qu’ « avec lui ils deviendront riches et puissants », de « tenter d’abuser de la crédulité des plus faibles », et de « flatter les instincts simplistes de préservation(…) ». Pas moins.  Cela ressemble à la vieille argumentation de droite contre ceux qui veulent instaurer plus de justice sociale.

Et pourquoi donc cela serait-il du populisme? La thèse de science politique et fiscale avancée  vaut le détour. La dame énonce : « Car le sieur Carole n’a aucunement la possibilité de baisser les impôts, taxe d’habitation et taxe foncière, parce que ceux-ci sont du ressort, non de la municipalité, mais de l’Etat (…) ».
Et d’expliquer que la base d’imposition de nombre d’impôts locaux est la valeur locative des logements et que cette valeur fixée depuis longtemps est revalorisée chaque année dans la loi de Finances par l’Etat.

Certes oui !  Mais pas par l’Etat ! Par le Parlement français, donc par les députés Serge Letchimy et les sénateurs Serge Larcher et Maurice Antiste qui sont dans la majorité socialiste.

La vérité est en réalité différente : le montant de l’impôt est le résultat de la valeur locative multipliée par un taux. Et ce taux est fixé par la commune.

Or, les taux d’imposition sont à Fort-de-France à des niveaux record depuis longtemps. Aujourd’hui, par exemple, la taxe d’habitation est de 23,95 % à Fort-de-France et de 18,66 % au Lamentin, de 16,99 % à Schoelcher, 12,47 % à Saint-Joseph et de 14,70 % à Ducos pour s’en tenir aux communes du Centre et proches. Avec la taxe de la Cacem (9,77 % depuis 2011), le taux global de la  taxe d’habitation est de 33,72 % à Fort-de-France, soit le plus élevé de la Martinique. La Taxe sur le foncier bâti est à 29,21 % contre 22,20 % pour les villes comparables en France et 22 % en moyenne en Martinique. Avec de tels niveaux de taux, cela est facile de se vanter de ne pas les avoir changés.

Par contre, les bases d’imposition ont été fortement relevées (+ 40 % ) ainsi que le nombre des assujettis sur la décennie 2002/2012.

Donc les impôts locaux sont passés de  329 € par habitant en 2002 à 495 € par habitant en 2012, soit plus 50,4 % en dix ans ! Cela fait une augmentation globale de plus de 13 millions d’euros annuels entre 2002 et 2012. Soit plus d’un million par an(1,3 M€)…

Résultat : Selon le site « www.decomptes- publics.fr » que nous avons déjà cité, en 2011, la pression fiscale à Fort-de-France ( mesurée par le rapport entre le produit des taxes fiscales locales et le potentiel fiscal) est de 67 % à Fort-de-France et de 61 % pour les villes de même importance et la situation jugée « négative » par cet organisme spécialisé dans les comptes de collectivités.

Avec les impôts payés à la Cacem (299 € par habitant), en 2012 c’est 799 € par habitant à Fort-de-France contre 702 €/hbt au Lamentin, 632€/habitant à Schoelcher, 455 € par habitant à Saint-Joseph, etc.

Après l’impuissance face à la dépopulation de Fort-de-France, c’est le refus d’agir sur une fiscalité qui dévitalise l’activité.

Contrairement à ce que dit de manière erronée et mensongère  « Le Progressiste », on peut baisser progressivement et raisonnablement les taux d’imposition et la pression fiscale sans diminuer le produit (recettes).

Ce n’est ni du populisme ni de la démagogie, c’est avoir une vision pour un renouveau de Fort-de-France.

Il reste que la fiscalité locale doit être réformée au plan global pour la rendre plus juste et plus progressive, tenant compte des revenus et de la composition des foyers.
Michel Branchi »

Rédaction de lepalima.org

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LE CHANGEMENT QUE NOUS VOULONS POUR FORT-DE-FRANCE


LE CHANGEMENT QUE NOUS VOULONS POUR FORT-DE-FRANCE

Par Francis CAROLE

« Rien n’arrête une idée dont le temps est venu. »

Or, l’heure du changement a bien sonné pour notre ville. Certes, il ne s’agit pas de faire table rase du passé. Le défi consiste, en réalité, sur la base d’une juste appréciation de l’histoire de notre ville,  à tenter résolument, ensemble, de nous projeter dans la prochaine décennie, en répondant aux aspirations des Foyalaises et des Foyalais et aux besoins d’évolution de notre capitale.

Nous ne sommes ni dans le déni, ni dans le mépris, et encore moins dans l’exclusion. Nous savons reconnaître la part de chacun, génération après génération, dans l’œuvre collective d’édification de notre ville.

Aussi, la démarche  que nous avons choisie pour rendre possible et accompagner la mutation de Fort-de-France repose sur l’esprit du « plus large contre le plus étroit »,  sur les valeurs de respect, de tolérance et d’ouverture aux autres.

Nous ne cesserons de tout mettre en œuvre pour rassembler les Foyalaises et les Foyalais, au-delà des positions, légitimes, des uns et des autres et au-delà des batailles électorales du moment.

Fidèles à notre éthique politique et à notre conception de l’action publique, nous ne nous livrerons à aucune attaque personnelle et dégradante contre nos adversaires, quelles que soient, d’ailleurs, les méthodes qui sont utilisées par ceux-ci contre nous.

C’est la ligne que j’ai toujours suivie. C’est la hauteur de vue que les Foyalaises et Foyalais attendent de leurs responsables politiques.

Notre bataille a été et demeure plus que jamais celle des visions, des idées, des projets et des méthodes.

A l’heure où de multiples défis assaillent notre ville -en particulier celui du redressement des finances- nous n’avons pas le droit de nous installer dans une « continuité » molle qui nous serait mortelle.

Il nous faut changer de cap.

Nous voulons d’abord transformer profondément les rapports entre les élus de la ville et les Foyalaises et Foyalais.

En effet, Fort-de-France ne saurait être le « patrimoine » d’un parti. C’est le bien commun de toutes celles et de tous ceux qui y vivent ou contribuent à son développement. Chaque citoyen devra être respecté, chaque quartier traité avec équité.  Les élus et la ville seront au service de la population. La démocratie municipale que nous mettrons en place et l’amélioration des services municipaux pour une plus grande réactivité participent de cette ambition de proximité, de respect des citoyens et de modernité politique visant à restaurer la confiance et à faire de tous les citoyens  les auteurs et les acteurs du développement de leur ville.

Nous voulons créer les conditions pour que l’on vive mieux à Fort-de-France.


Pour faire revivre le centre-ville, la nouvelle municipalité développera un système de stationnement plus efficace, créera des espaces verts, prendra des initiatives pour la restauration du bâti ou encore l’organisation d’une vie nocturne. De même, des projets fondés sur l’identité de chaque quartier seront élaborés et mis en œuvre, avec la participation des habitants. L’organisation des transports publics de passagers sera revue, dans le cadre de la CACEM, pour un meilleur service aux usagers. La lutte contre l’insécurité constituera un axe prioritaire de notre action pour ramener plus de tranquillité.

 Nous voulons une ville solidaire.

Une place centrale sera ainsi réservée à l’éducation afin de favoriser la réussite des jeunes Foyalaises et Foyalais. L’institution dans les écoles primaires du « Projet Éducatif École-Famille-Quartiers » constituera, à cet effet, une initiative clef. L’éducation  à la santé et aux risques majeurs sera promue dans les quartiers, au plus près de la population. Cette solidarité s’exercera aussi en direction des jeunes en difficulté, des seniors et des personnes en situation de handicap. Le mouvement associatif, sportif et culturel devra constituer un partenaire privilégié, tout en gardant sa totale liberté par rapport à la municipalité.

Nous voulons une ville dynamique.

La capitale doit se construire une nouvelle identité autour d’une vision de son développement durable et solidaire :

– La rénovation du centre ville et des quartiers, l’amélioration de la sécurité et des conditions de transport ainsi que la baisse de la pression fiscale rendront la ville plus attractive et contribueront au maintien et au progrès des entreprises du centre-ville et de la périphérie. Au-delà, il conviendra de rénover les marchés, de restructurer les zones artisanales et les espaces dédiés au tourisme, en offrant aux entreprises, commerces et artisans des moyens modernes d’existence (accessibilité, signalétique, désenclavement numérique …).

-La valorisation de notre biodiversité constituera un axe de développement important : Technopôle de la la mer (formation, recherche…).

-La ville encouragera les secteurs d’emplois dynamiques et adaptés aux nouvelles réalités du monde, comme les  starts-up, lieux accueillant des incubateurs destinés à accompagner les entreprises innovantes. La création d’un écoparc à Fort-de-France permettra le développement de nouvelles filières dites d’éco-innovation (zones d’activités économiques durables).

– La ville favorisera une synergie entre la culture et l’économie, notamment sur la base d’une nouvelle conception du tourisme : village artistique, artisanal, culinaire et touristique; festivals thématiques; valorisation du patrimoine…

-Un partenariat fort sera établi avec le port de Fort-de-France pour mieux ouvrir notre économie au monde, en particulier à la Caraïbe et à l’Amérique du Sud.

C’est donc cette vision d’une ville d’avenir, dynamique et solidaire que nous voulons mettre en œuvre avec vous.

C’est le changement que nous voulons pour notre ville, dans la sérénité et la détermination.

Nous vous appelons au rassemblement le plus large autour de la liste de L’UNION POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE (FOK SA CHANJÉ), DÈS LE DIMANCHE 23 MARS.

Nous comptons sur vous.


Francis CAROLE
UNION POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE

Fort-de-France
Jeudi 6 mars 2014

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Fodfwans, lè a rivé !

Fodfwans, lè chanjman an rivé !

Salle comble, foule, plus de 700 personnes ont tenu à manifester leur soutien total à la liste « Union pour le changement à Fort-de-France » conduite par Francis CAROLE, le dimanche 9 février à l’ex Copès, sur la route de Moutte.

L’ambiance, l’enthousiasme étaient au rendez-vous.

C’est par une introduction musicale de « bèlè nou » autour du morceau « Fok sa chanjé Fodfwans » que ce grand rassemblement commença. Nous avons également eu droit à la très belle version instrumentale de ce morceau.

Docteur Félix Doutone, président du comité de soutien à la liste « Union pour le changement à Fort-de-France » intervint à propos de l’impérieuse nécessité du changement ;  il en profita pour brosser le portrait de Francis Carole.

Marcellin Nadeau, maire du Prêcheur, responsable du Modémas, apporta son soutien total à Francis Carole et à la liste qu’il a l’honneur de conduire. S’inspirant d’une citation de Victor Hugo, il indiqua qu’il était évident que l’heure du changement à Fort de France avait sonné et que celui-ci serait désormais irrépressible.

Le député du sud, Jean-Philippe Nilor insista sur les qualités intrinsèques de Francis Carole qu’il a côtoyé pendant sept années au conseil général. Il mit en relief le dispositif  « école, famille, quartier  » qui fut initié par Francis Carole au conseil général, démontrant par là même que cette disposition appliquée dans les collèges de Martinique, était d’une efficacité indiscutable (90% de réussite) afin de remettre sur de bons rails des enfants en difficulté, guettés par la déscolarisation…

Le secrétaire général du parti communiste Martiniquais Georges Erichot donna un aperçu de l’état de la ville de Fort de France à l’aide de multiples exemples concrets, disqualifiant ainsi l’équipe en place.

Edmond Mondésir, au nom du CNCP indiqua l’état de maturation auquel la société Martiniquaise était parvenue et que l’Union des forces, présentes ce dimanche 9 février, se situait dans cette logique.

Clément Charpentier-Tiity, secrétaire à la communication du Palima mit l’accent sur la « décrépitude idéologique » des dirigeants du néo-ppm qui poussent l’outrance à déclarer sans rire « Fort de France  patrimoine de leur parti « .

Claude Lise, 1er secrétaire du RDM ironisa sur la technique des effets d’annonce pratiquée par l’actuel président du néo-ppm ; il cita entre autres les 21 « chantiers » concernant la ville ou encore les deux « plans de relance » dont on cherche désespérément les résultats…

Alfred Marie-Jeanne président du MIM, député du centre atlantique vint clôturer ce cycle d’interventions en attirant notre attention sur la connivence existant entre certaines institutions étatiques et l’actuel président du néo-ppm.

Commença alors la présentation solennelle de la liste « Union pour le changement à Fort de France » jusqu’à la tête de liste, Francis Carole qui prit la parole sous un tonnerre d’applaudissements, déclarant entre autres :

« la ville est enceinte d’un incontournable et salutaire changement ».

« Il y a pire que la grève de l’essence : c’est la grève du sens instaurée par la majorité municipale à Fort de France ».

« Nous élaborerons, avec le personnel et ses représentants, un pacte de progrès garantissant tous leurs droits, l’amélioration de leur situation, leur liberté de conscience, afin de créer une dynamique nouvelle favorisant une plus grande efficacité de l’action municipale ».

Au terme de cet impressionnant rassemblement, il est clair que les choses bougent en profondeur à Fort de France…

Lè chanjman an rivé !

La rédaction du Palima.org

 

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L’UNION INAUGURE SON QG DE CAMPAGNE

L’UNION POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE n’entend pas relâcher ses efforts, à deux mois des élections municipales des 23 et 30 mars prochains. En inaugurant son QG de campagne ce samedi 1er février, à 10h, au 54 du Boulevard Général De Gaulle, elle montre que la machine pour la conquête de la municipalité de Fort-de-France est bien en marche.

Il faut dire que les militants et responsables de l’UNION ont très tôt, dès le 10 mars 2013, lancé leur campagne et ont largement ratissé le terrain.

Cette nouvelle initiative montre bien que l’UNION est à l’offensive et qu’elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin…

Jeudi 30 janvier 2013

La rédaction de lepalima.org

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Convention des quartiers LA PAROLE DE L'AÎNÉE

LA PAROLE DE L’AÎNÉE

Ce premier décembre 2013, après l’intervention de Francis CAROLE, elle demanda la parole. Plus de 80 ans, résidente d’un quartier

populaire de la capitale, elle parla de sa ville et de ses espoirs. Un intense moment d’émotion traversa l’assistance…

(Convention des Quartiers pour le Changement à Fort-de-France)

 

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Communiqué de Francis CAROLE

ENSEMBLE, PRÉPARONS L’AVENIR DE FORT-DE-FRANCE

 

 

La panique et l’improvisation tous azimuts gagnent donc les rangs du néo-PPM. En effet, à seulement deux mois des élections municipales, l’unique « candidat à la candidature » officiel du parti,
pour Fort-de-France, est poussé à battre en retraite.

 

La mise en scène élaborée pour annoncer cette volte-face tardive cache mal l’échec de la stratégie politique personnelle de Serge Letchimy qui consistait bien à briguer le poste de maire de la capitale en 2014 puis celui de président de la collectivité territoriale en 2015.

 

Aujourd’hui, le président du néo-PPM voudrait faire croire aux Martiniquais que son revirement serait fondé sur des considérations « éthiques ». Mais alors pourquoi n’a-t-il pas annoncé cette décision dès le début de l’année, s’il s’agit effectivement d’une position de principe ? Pourquoi a-t-il démissionné de la SEMAFF en janvier 2013, en précisant que c’était « pour se préparer aux élections municipales » ? Pourquoi a-t-il déclaré sa candidature dans les médias en mars 2013 ? Pourquoi des tracts préparant à cette candidature étaient toujours distribués, il y a seulement quelques jours, dans les quartiers ?

 

En réalité, ce ne sont pas des raisons « éthiques » mais le constat du désaveu profond de la population foyalaise face à cette stratégie de mépris à l’égard des électeurs qui explique la reculade du « candidat à la candidature ».

 

Quant à la « réquisition » du président du parti pour 2015, par « une très grande majorité du comité national », et à sa propre demande (voir F.A. Du vendredi 3 janvier 2014), elle relève d’une mise en scène médiatique qui ne trompe plus personne.

 

Il reste que ce nouvel épisode des errements de la « nouvelle gouvernance » illustre, une fois de plus, le climat délétère qui règne au sein du néo-PPM et l’incapacité de ce parti à se hisser à hauteur des attentes de notre ville et des enjeux  de notre pays.

 

Comment le parti actuellement en charge de la gestion de la ville peut-il offrir un spectacle aussi calamiteux au moment même où l’état catastrophique des quartiers et du centre-ville exige rigueur, sérieux, sens des responsabilités et anticipation ?

 

Pouvons-nous encore laisser les destinées de notre ville -le bien collectif de toutes les  habitantes et de tous les habitants de la capitale-  à une équipe qui considère et gère la mairie de Fort-de-France comme le  « patrimoine politique du PPM » (F.A. du 3/1/14) ?

 

Plus que jamais, l’impératif d’un changement de majorité s’impose pour créer une nouvelle dynamique de développement et redonner espoir et confiance aux Foyalais.

 

Dès à présent, j’appelle la population de Fort-de-France à se mobiliser et à tout mettre en œuvre pour donner un nouveau cap à notre capitale en mars 2014.

 

ENSEMBLE, PRÉPARONS LA VICTOIRE ET LE CHANGEMENT.

 

 

 

Francis CAROLE

 

Président de l’UNION POUR LE CHANGEMENT
À FORT-DE-FRANCE
.

 

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ÉPANDAGE AÉRIEN : POURSUIVRE NOTRE MOBILISATION

Le tribunal administratif de Fort-de-France, conformément aux demandes de l’AMSES, de l’ASSAUPAMAR et du Collectif Contre l’Epandage Aérien et l’Empoisonnement des Martiniquais, a donc décidé d’annuler les dérogations préfectorales à l’épandage aérien d’août 2012 (soutenue par la région) et de février 2013.

Rappelons que la majorité politique de la région, le néo-PPM et Ensemble pour une Martinique Nouvelle, avait soutenu les arrêtés du préfet (en décembre 2011 et juillet 2012) contre l’avis des élus patriotes qui, au nom de la santé des Martiniquais, avaient très clairement dénoncé toute poursuite de l’épandage aérien de pesticides.

Le jugement du tribunal administratif de Fort-de-France rejoint ceux du tribunal administratif de Basse-Terre de décembre 2012 et juillet 2013, lequel avait statué dans le même sens.

Bien entendu, le combat n’est pas encore gagné. En effet, en réponse à l’annulation par le tribunal administratif, le 28 août 2013, d’une précédente dérogation, le préfet avait publié un nouvel arrêté, le 18 novembre 2013. Ce dernier a toujours cours.

La mobilisation devra donc se poursuivre jusqu’à l’interdiction totale d’une pratique préjudiciable à la santé de notre population.

À cet effet, le Collectif Contre l’épandage Aérien et l’Empoisonnement  des Martiniquais appelle à une assemblée générale de ses membres le samedi 14 décembre, à 16 h, à l’AMEP, route de Redoute.

La rédaction du PALIMA

Vendredi 13 décembre 2013

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Mise en avant

SUCCES DE LA CONVENTION DES QUARTIERS

Mobilisation et organisation au rendez-vous

C’est en effet plus de 300 personnes, venues des quartiers de Fort de France qui ont répondu présents à l’appel de l’Union  pour le changement à Fort de France.

Arrivés à l’Ex Copès le 1er Décembre, les participants à la convention des quartiers pour le changement à Fort de France, furent accueillis par une vingtaine de militants arborant un magnifique tee-shirt orange en l’honneur de la convention des quartiers.

La décoration et l’organisation de la salle n’étaient pas en reste.

De grands tissus de couleur jaune ou rouge « l’habillaient » et filtraient la lumière du jour.

On pouvait également voir la table de presse, une deuxième table où se trouvaient les casquettes et autres tee- shirts de l’Union, une autre pour les contacts…

C’est Marie-Line LESDEMA qui fut la première à prendre la parole afin d’expliquer très précisément la philosophie de la « convention des quartiers » comme étant l’un des éléments fondamentaux de la démocratie à la base que l’Union pour le changement à Fort de France voudrait instaurer à Fort de France.

 

La parole aux quartiers

Après cette introduction, ce fut plus d’une vingtaine d’intervenants de différents quartiers de Fort de France qui se succédèrent ; on peut citer entre autres, Moutte, Coridon, Pointe des Sables, Bon Air, Morne Morrissot, Pointe des nègres, Balata, Tivoli, Didier-Morne Coco, Morne Abellard, Dillon, Ste-Thérèse, Terre-Sainville etc…

Ces interventions qui furent très applaudies seront très précieuses afin de continuer à affiner le projet de l’Union.

 

Le discours de Francis CAROLE résolument tourné vers l’avenir

Francis Carole insista tout d’abord sur les principes démocratiques qui devront guider la prochaine mandature en insistant sur le fait que la « convention des quartiers » devrait devenir une institution permettant un dialogue fructueux entre les habitants et ceux qui seront appelés à administrer la ville.

Il précisa que les « conseils de quartiers » dont la création sera encouragée, ne soient pas assujettis à la municipalité. Il a ajouté qu’en ce qui concerne le personnel municipal, il n’y aura pas de licenciements ; bien au contraire, il faudra mettre fin aux pressions d’un autre temps.

Francis Carole brossa ensuite un tableau sombre du centre-ville qui se meurt et fit des propositions audacieuses afin de le repeupler se donnant un objectif à terme de 8000 habitants de plus ; il ajouta qu’il fallait y créer deux « coulées vertes » afin d’améliorer le cadre de vie et avoir une vraie politique d’animation.

L’autre volet de son discours démontra l’impérieuse nécessité de desserrer progressivement l’étau fiscal afin de sortir du cercle vicieux actuel fait de surendettement et de baisse considérable de la population de la ville.

La ville est en effet passée en dix ans d’environ 100 000 habitants en 2001 à environ 88 000 aujourd’hui.

Ce qui fit Francis Carole affirmer que « Aimé Césaire a peuplé Fort-de-France et Serge Letchimy a dépeuplé Fort-de-France».

Cette « convention des quartiers » créa incontestablement un réel enthousiasme qu’il s’agira d’amplifier encore.

 

*Note de la rédaction : Nous livrerons ultérieurement l’essentiel du contenu des différentes interventions.

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Rédaction du Palima.org.

6 décembre 2013

Mise en avant

UNE GRAVE DÉCISION DU PRÉFET

COMMUNIQUÉ DU PALIMA.

À PROPOS DE LA REPRISE DE L’ÉPANDAGE AÉRIEN.

En dépit de la décision du Tribunal Administratif du 28 août 2013 suspendant l’arrêté préfectoral autorisant la poursuite de l’épandage aérien de pesticides, le préfet de Martinique, Laurent PRÉVOST, a imposé, le 18 novembre, la reprise d’une pratique préjudiciable à la santé des Martiniquais.

Le PALIMA dénonce avec la plus grande fermeté cette nouvelle provocation, à quelques jours du jugement sur le fond de cette affaire par le Tribunal Administratif de Fort-de-France.

Les préconisations  dont s’entoure ce nouvel arrêté préfectoral nient, en réalité, les dangers, pour l’environnement et la santé des personnes, des fongicides utilisés. Par ailleurs, la proximité des maisons d’habitation par rapport aux plantations, la présence de cours d’eau dans les zones d’épandage conduisent à une violation constante des règles de précaution minimales exigées pour toute dérogation à l’interdiction de l’épandage aérien.

L’argumentaire économique visant à justifier ce choix est le même qui a été utilisé pour tenter de légitimer deux décennies d’empoisonnement des Martiniquais à la chlordécone.

Nous affirmons, pour notre part, que les exigences de santé publique et de respect de la vie doivent l’emporter sur les considérations économiques et les logiques de profit.

Le PALIMA poursuivra son engagement dans cette bataille pour le respect de la santé des Martiniquais, jusqu’à l’arrêt définitif de l’épandage aérien de pesticides.

D’ores et déjà le PALIMA appelle les Martiniquais à se mobiliser massivement le jeudi 28 novembre prochain, dès 8 heures, devant le Tribunal Administratif de Fort-de-France, croix de Bellevue.

Pour le PALIMA
Francis CAROLE
MARTINIQUE
Le 24/11/13

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VERS LA FIN DE L'ACHARNEMENT CONTRE FREDERIQUE FANON ?

Ainsi, après le jugement du tribunal administratif de Basse-Terre, l’arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux confirme le caractère illégal et abusif du licenciement de Frédérique FANON.

La décision de madame Manin et de son groupe impulsé par le néo-PPM de licencier pour « faute grave » la Directrice Générale des Services Départementaux se voit donc ramenée à ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : un acte de vengeance politique décidé par la même « main invisible » qui a cherché à salir et à éliminer Alfred MARIE-JEANNE et Claude LISE de la scène politique.

Mais la cour administrative d’appel de Bordeaux va plus loin. Elle confirme que l’ancienne directrice générale des services avait le droit de disposer de personnel à son service : « conformément aux principes généraux du droit et à la loi, le principe de parité avec la fonction publique de l’Etat permettait au directeur général des services d’une collectivité, comme le Conseil général de la Martinique, de disposer des mêmes avantages que les sous-préfets ».

Il n’est d’ailleurs pas superflu de rappeler que c’est la commission permanente du Conseil Général, dominée alors par le PPM, qui, le 11 février 1997, à l’unanimité et toutes tendances politiques confondues, avait voté la délibération accordant du personnel de maison à la Directrice Générale des Services Départementaux, dans le même logement de fonction occupé par son prédécesseur à ce poste.L’effectif de ce personnel avait même été revu à la baisse, passant de quatre à deux.

Après cette seconde gifle, la majorité néo-PPM du conseil général et Ensemble pour une Martinique Nouvelle continueront-ils, contre tout bon sens, à gaspiller l’argent du contribuable dans une nouvelle procédure judiciaire alors que l’illégalité et le caractère abusif du licenciement de Frédérique FANON viennent d’être à nouveau clairement établis ?

S’entêteront-ils dans une stratégie politique visant à salir l’honneur de Martiniquais dévoués à leur pays pour assouvir leurs ambitions personnelles ?

Il reste que l’acharnement de la nouvelle gouvernance néo-PPM contre madame Frédérique FANON, au mépris de toute éthique et de la loi, révèle la nature politique profonde de ceux qui prétendent faire main basse sur toute la Martinique.

Plus que jamais la vigilance citoyenne s’impose contre de telles pratiques.

MARTINIQUE
Le 21 novembre 2013
La rédaction de lepalima.org

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RACISME : QUEL SYMBOLE ?

La rédaction de lepalima.org publie ce témoignage (extrait du journal « Libération » du 20 novembre 2013) sur le racisme subi par les « gens ordinaires », dont on parle peu ou pas.

Certes, il faut dénoncer les agressions racistes contre Christiane TAUBIRA. C’est ce que Francis CAROLE a fait dès le 6 novembre, dans une déclaration parue sur les réseaux sociaux.
Mais faire de la figure de Christiane TAUBIRA un « symbole » de la lutte contre le racisme, comme le déclare le président de région plus d’un mois après les propos racistes dénoncés, relève de la mièvrerie intellectuelle et d’une certaine inconscience politique, tant la montée du racisme et de l’extrême droite fasciste en France et en Europe nous commandent de nous extraire des positions effectives ou opportunistes pour engager des stratégies de luttes plus rationnelles et plus sérieuses. Dans la « Lettre du PALIMA » n0 15, qui date de 2011, (« Une France post-raciale ») Francis CAROLE et Clément CHARPENTIER-TITY exprimaient cette position avec une grande lucidité.
Le témoignage de cet homme qui subit quotidiennement le racisme nous aide à éviter le piège de l’indignation et de la protestation sélectives pour poser une question collective qui constitue une atteinte fondamentale aux droits de chaque individu, qu’il soit ministre ou « citoyen ordinaire ».

Mercredi 20 novembre 2013
La rédaction de lepalima.org

Racisme: «Je ne vois toujours personne se révolter quand je me fais insulter»

Racisme: «Je ne vois toujours personne se révolter quand je me fais insulter»

 

TÉMOIGNAGE

Daniel, 44 ans, Martiniquais vivant en métropole, réagit à l’appel lancé par «Libération».

Quand il a lu dans les colonnes de Libé, l’appel citoyen «Assez !» contre le racisme, il s’est décidé à témoigner. Raconter ces petites humiliations de la vie de tous les jours, ces attaques verbales gratuites dans le bus ou au travail, qui décontenancent et usent. Il interroge Libé, aussi, sur le sens de cet appel : «De quel « assez » parlez-vous ? De celui de façade, le temps que l’expression du racisme soit moins visible ? Ou alors, d’un vrai « assez » ?» Daniel1 a 44 ans, sa peau est de couleur noire. A chaque nouvelle rencontre, ça ne loupe jamais : on le questionne sur ses origines. Daniel est né en France, en Martinique. Il vit à Lille (Nord) depuis une dizaine d’années. Il est cadre dans une grande entreprise publique.

«Quand j’entends Copé dire que cette histoire de racisme est une affabulation du PS, ça me révolte. Une partie de la population refuse d’accepter les « autres », cela ne date pas d’aujourd’hui, ni d’hier. Le vrai problème, c’est l’impunité. A ces personnes, on ne leur dit rien, on les laisse faire. Je ne le supporte plus.

«Enfant, quand je venais en vacances en France continentale, je ne comprenais pas. Les réactions agressives des serveurs au restaurant, ces gestes désobligeants d’inconnus… Je me souviens de passants touchant la tête de mon petit frère, en riant et répétant «negrito, negrito». Mes parents faisaient mine de rien, ils ne disaient rien.

«Je n’ai compris que plus tard, quand je suis venu faire mes études près d’Aix-en-Provence. J’avais dix-sept ans, j’ai intégré l’école des métiers d’une entreprise publique. Là, j’ai découvert que je n’étais pas un Français comme les autres. Le premier jour de cours, alors que je répondais à une question, un élève me coupe, et dit à haute voix: « Toi, le Noir, ferme ta gueule, retourne sous les cocotiers ». Personne n’a bronché. Ni le professeur, ni mes camarades. Les insultes de ce genre, je ne les compte plus. «Singe», «les Noirs et les Arabes sont des voleurs», «des comme toi, j’en chie tous les jours», «combien de temps prends une Négresse pour chier une merde? Neuf mois», et j’en passe.

«Le soir, quand je sortais avec mes amis, nous ne pouvions jamais rentrer en boîte de nuit. Il fallait aller dans des boîtes perdues à la périphérie de la ville, négocier trois quarts d’heure et jurer d’acheter deux bouteilles. Les années sont passées. Et rien n’a changé. J’ai intégré l’école des cadres dans la banlieue parisienne. Reçu premier à l’écrit, premier à l’oral. J’ai redoublé la première année avec 11,5 de moyenne… alors que des camarades de promo sont passés avec 9 de moyenne. Apparemment, c’était normal, ils étaient blancs. Personne n’était étonné.

«A la sortie de la formation, j’ai eu un mal fou à trouver un poste. A chaque fois que j’arrivais pour un entretien d’embauche, c’était un « Ah, c’est vous… » de déception. Suivi d’un : « Il y a un malentendu, en fait, vous ne correspondez pas au poste », bafouillant une excuse bidon. C’était tout le temps pareil. Tellement que cela en était presque risible. Une fois, je me suis carrément entendu dire: « Ce n’est pas des gens comme vous qu’on veut chez nous. » Je sais, cela paraît difficile à croire. C’est pourtant vrai. De la même manière, je suis systématiquement contrôlé par la police. A chaque fois, cela dure une heure, une heure et demie. Surtout, il ne faut rien dire, garder son calme. Sinon, c’est encore pire.

«J’ai finalement trouvé un poste à Lille, grâce à des relations. Depuis, je suis toujours là-bas. J’ai demandé plusieurs fois ma mutation, pour évoluer. Elle m’a toujours été refusée. J’ai une réputation de bosseur pourtant et ceux qui travaillent avec moi m’apprécient généralement. Alors pourquoi? On vante mes qualités professionnelles et je n’évolue pas. Tout n’est pas lié à ma couleur, il ne faut pas être paranoïaque. Mais quand même.

«J’ai une fille de sept ans. Elle n’est pas noire comme moi, mais elle est typée. J’ai été obligée de la changer d’école, elle se faisait insulter. Quand je l’amenais le matin, c’était des «Eh chocolat, chocolat». Des trucs du genre. Encore récemment, juste avant la braderie de Lille, nous étions dans le bus tous les deux. Là, un jeune homme nous a traités de « sale race ». Personne n’a bougé. J’ai lu la peur sur le visage de mon enfant. Que voulez-vous que je lui dise ? Elle est trop jeune pour que je lui parle du racisme, c’est un problème d’adulte.

«J’entends « Assez » mais je ne vois toujours personne se révolter dans le bus quand je me fais insulter, ou demander des comptes au videur quand l’on m’interdit l’accès à une boite de nuit à Paris ou ailleurs. Voilà ma question : de quel « assez » parlez-vous? Ce que l’on a fait à Taubira était trop visible ? Va-t-on continuer à tolérer ce harcèlement perpétuel mené contre tous ceux qui ne sont pas ministres ? Et dont les insultes ne se voient pas à la télévision ? Le racisme et l’ostracisme nous poursuivent dans l’indifférence générale. Quand on parle, on nous signifie clairement que « nous emmerdons le monde ». J’en ai vraiment ASSEZ. Au travail, j’ai averti la hiérarchie que toute nouvelle expression raciste, blague, allusion serait suivie d’une action judiciaire. C’est la fin de la récréation.»

1 Il a préféré que son prénom soit changé.

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EPANDAGE AERIEN

COMMUNIQUE

Le Tribunal Administratif de  Fort-de-France a décidé enfin de se prononcer sur la demande d’annulation des arrêtés du Préfet Laurent PREVOST qui a autorisé illégalement l’épandage aérien de pesticides en Martinique.
L’ASSAUPAMAR et Le Collectif Contre l’Epandage Aérien et l’Empoisonnement des Martiniquais appelle leurs militants et l’ensemble des Martiniquais à se mobiliser devant le Tribunal Administratif, Croix de Bellevue,  à Fort-de-France le jeudi 28 novembre 2013 dès 8h pour soutenir l’action de l’ASSAUPAMAR et de l’AMSES (Association Médicale pour la Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé).
Pour mémoire, le Tribunal a déjà suspendu les 2 arrêtés préfectoraux en attendant sa décision définitive.
Fort-de-France, 16/11/ 13
Le Collectif Contre l’Epandage Aérien et l’Empoisonnment des Martiniquais.
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UNIVERSITÉ : NON AU MÉPRIS DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS !

Les Guyanais, au bout de leur mobilisation semblent avoir obtenu du gouvernement français satisfaction sur toutes leurs revendications. Il ne saurait être question pour nous de porter un jugement sur les fondements de celles-ci. Nous le disons clairement : c’est le droit et la responsabilité des Guyanais d’exiger ce qu’ils croient bon pour eux, et c’est ce qu’ils ont fait.

C’est notre affaire, à nous Martiniquais, de rappeler aux décideurs que le sort de l’université concerne aussi et au même titre la jeunesse martiniquaise ainsi que l’avenir de la Martinique.

Ainsi, pourquoi les Martiniquais sont-ils traités comme des moins que rien par les gouvernants parisiens? Pourquoi sont-ils exclus des échanges qui scellent le sort de l’université ? Pourquoi avoir persisté à ignorer la présidence de l’UAG et son conseil d’administration élus il y a à peine 6 mois ?

L’Université des Antilles et de la Guyane c’est, depuis plusieurs décennies, autant l’affaire des Guadeloupéens et des Martiniquais que des Guyanais. Ce qui est en cause, c’est notre capacité à offrir une formation de qualité SUR PLACE à une jeunesse pour laquelle les choses sont et seront de plus en plus difficiles.

Réussir ailleurs devient en effet de plus en plus problématique pour nos jeunes (et les moins jeunes appelés, pour rester compétitifs, à consolider et élargir en continue leurs formations ) : les conditions d’accueil ne cessent de se dégrader en France (hausse infernale des loyers, racisme…). Partir c’est une chose, réussir ailleurs c’est chaque année plus difficile !..

C’est dire que l’avenir de notre Université, notre capacité à offrir des formations de qualité et de plus en plus larges au plus grand nombre, ICI, n’est pas que l’affaire des universitaires et des actuels étudiants.

Or, malgré les protestations de la présidente de l’Université, malgré la prise de position nette de la plus haute instance en la matière – la Conférence des Présidents des Universités de France – qui a dénoncé sans ambiguïté la méthode adoptée par le gouvernement, celui-ci a persisté dans sa volonté de nous cracher son mépris au visage.

Pourquoi le silence des collectivités, et notamment de la présidence du Conseil Régional, face à un tel mépris, un tel camouflet public de la part de ses amis du gouvernement ?

Pourquoi n’avons-nous pas entendu la dénonciation qui s’imposait de leur part, ni même une question au gouvernement comme l’a fait Alfred Marie-Jeanne ?

Le silence inconscient ou complice est inacceptable !

Notre peuple a une dignité, ses représentants ont une responsabilité ! NOUS AVONS DROIT AU RESPECT !

Alors que tout semble indiquer la décision en haut lieu de sacrifier l’avenir de la formation universitaire dans nos pays sur l’autel d’intérêts obscurs, REFUSONS DE FAIRE LE JEU DE LA DIVISION DE NOS PEUPLES ET DE L’AFFRONTEMENT DE LEURS INTERETS.

Nous devons défendre l’université contre toute régression quelle que puisse être son évolution.

RESPECT POUR LA JEUNESSE ET LE PEUPLE MARTINIQUAIS !

La Rédaction du Palima.org
Martinique, le 11 novembre 2013

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CONVENTION DES QUARTIERS POUR LE CHANGEMENT A FORT DE FRANCE

FOK SA CHANJÉ FODFWANS 

 

 

 

 

APPEL À LA CONVENTION DES QUARTIERS

POUR LE CHANGEMENT A FORT-DE-FRANCE

 

 

DIMANCHE 1ER DÉCEMBRE 2013, DE 9 H À 12 H,

À L’EX-COPES (REYNAL SARCUS), À MOUTTE

 

 

Habitantes et habitants de Fort-de-France,

Chers compatriotes,

L’heure de l’alternance est venue.

Une page nouvelle de l’histoire de notre ville est sur le point de s’ouvrir.

 

En effet, de plus en plus nombreuses sont les voix qui s’élèvent désormais à Fort-de-France pour réclamer ardemment un changement de cap pour notre capitale.

 

Certes, l’équipe en place poursuit une intense campagne d’instrumentalisation de l’image prestigieuse d’Aimé CÉSAIRE pour tenter de se maintenir.  Mais aujourd’hui, les Foyalaises et les Foyalais, tout en respectant profondément l’immense poète de la Négritude, veulent sanctionner l’incompétence et les politiques d’échecs menées par les rentiers qui lui ont succédé.

 

Fort-de-France veut résolument aller de l’avant.

 

Nous souhaitons tous une ville tournée vers l’avenir, plus dynamique et solidaire, plus attentive au bien-être de chacun, plus respectueuse de ses administrés, plus soucieuse du développement des quartiers et du centre-ville, plus humaine.

 

  • La CONVENTION DES QUARTIERS POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE constitue une étape déterminante dans cette voie. Elle nous permettra de définir notre vision de l’avenir et les grands axes de notre projet pour la capitale.

 

  • LA CONVENTION DES QUARTIERS POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE   est aussi l’expression d’une conception de la gestion de notre ville que nous voulons transparente, démocratique et plus proche des préoccupations de nos compatriotes.

 

Nous lançons un appel solennel à tous les habitants de Fort-de-France pour que, dès à présent, ils se mobilisent et participent à l’élan citoyen qui conduira au renouveau de notre ville.

 

PARTICIPONS MASSIVEMENT À LA CONVENTION DES QUARTIERS POUR LE CHANGEMENT, DIMANCHE 1ER DÉCEMBRE.

 

  

Francis CAROLE

UNION POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE

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L'ÉPAISSEUR DE LA NÉGROPHOBIE DE "LA RÉPUBLIQUE"

Trois semaines après les insultes racistes d’une candidate du Front National contre Christiane TAUBIRA et une douzaine de jours après la référence à la « guenon » à Angers, François HOLLANDE a enfin appelé, lors du conseil des ministres du mercredi 6 novembre, à « la plus grande fermeté et à la plus grande vigilance » et pris acte de « la gravité extrême des insultes (…) proférées » à l’endroit de la garde des sceaux.

Quelle réactivité dans l’indignation ! À croire que la dénonciation de la négrophobie par les élites françaises est une épreuve intellectuelle qui demande un temps de maturation désespérément long et douloureux…

S’il s’était agi d’une autre communauté (faut-il la nommer ?), en quelques minutes tous les élus français et toute l’intelligentsia se seraient insurgés et les médias auraient exprimé un tsunami de dénonciations plus virulentes les unes que les autres.

L’émotion « nationale » et « républicaine » aurait alors rivalisé avec les cimes himalayennes.

Mais tel n’est pas le cas. Christiane TAUBIRA est la descendante de ces Africains réduits en esclavage dans la Caraïbe et les Amériques. « Guenon » ! Bof ! Il n’y a pas de quoi fouetter un chat…encore moins pour celui qui a fait de la figure raciste de Jules FERRY une de ses fortes références intellectuelles, honorée d’ailleurs lors de sa prise de fonction.

Que nous disent ces silences ? Que nous dit la lamentable lenteur de la réaction de François HOLLANDE ? Ce que nous savons depuis longtemps : qu’il n’y a pas grand chose à attendre de cette élite française, héritière d’une culture et d’une idéologie négrophobes profondément ancrées dans la « République », qu’elle se réclame d’ailleurs de la droite ou de la gauche.

Contrairement à ce que certains ont pu écrire, il n’y a donc pas un « retour de la France raciste ». Qui a eu la naïveté de penser qu’elle était partie en enfer ? Il n’y a pas non plus des « actes isolés » qui seraient contraires aux « valeurs de la République ».

La vérité -moins glorieuse mais plus conforme à l’histoire et à la réalité- est qu’il existe bien en France un racisme institutionnel qui sévit quotidiennement et, dans certaines périodes, prend des formes plus ou moins exacerbées, sans que cela émeuve outre mesure « La République ».

Les propos racistes dont a été victime madame Taubira -quelles que puissent être nos divergences politiques avec elle -appellent une dénonciation claire et sans réserve. Mais le fait qu’une ministre soit victime de ces insultes racistes répétées ne doit pas masquer les vexations de toutes natures auxquelles sont quotidiennement confrontés des milliers d’anonymes qui n’ont pas la « bonne » couleur de peau.

Notre mobilisation se doit donc de dépasser le cas de la la figure, certes emblématique, de Christiane Taubira.

Ce qui est en jeu, ce ne sont pas les  » valeurs de la République »,
mais la capacité de la France et de ses élites à sortir de l’hypocrisie sur ces prétendues valeurs, pour se repenser et repenser leur vision du monde. Ce qui est en jeu c’est notre capacité, à nous, de nous faire respecter.

MARTINIQUE

Mercredi 8 NOVEMBRE 2013

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CRISE DE L'UAG

Depuis plusieurs semaines, la question d’une université de plein exercice domine l’actualité sociale et politique de la Guyane.

Cette revendication n’est pas nouvelle. En effet, le fonctionnement de l’Université des Antilles et de la Guyane a toujours généré controverses, frustrations et oppositions.

Il convient cependant de souligner fortement que ni les Guyanais, ni les Guadeloupéens, ni les Martiniquais n’ont été à l’origine de la conception de l’organisation de cette université qui correspond à l’architecture administrative des possessions françaises dans la Caraïbe et l’Amérique du Sud. Cette organisation a relevé de la seule décision de l’Etat français.

La fin du rectorat des Antilles-Guyane et l’institution par décret, en décembre 1996, de rectorats propres à la Guyane, à la Guadeloupe et à la Martinique sanctionnaient déjà les limites d’un tel système administratif.

La perspective d’une université de plein exercice en Guyane semble ainsi s’inscrire dans la logique d’administrations propres à chaque entité géographique. Elle correspond, d’ailleurs, à la volonté des Guyanais et nul ne saurait, au plan du principe, leur contester le droit à une telle revendication.

Le conflit de ces dernières semaines a mis en évidence bien des fractures qui commandent, à tous, de faire preuve de la plus grande vigilance intellectuelle et politique pour éviter d’alimenter les manœuvres de division constamment entretenues entre Martiniquais, Guadeloupéens et Guyanais, au seul profit de l’Etat colonial et de ceux qui y trouvent intérêt.

C’est en respectant les droits légitimes de chacun de nos peuples, sans perdre de vue leurs intérêts fondamentaux et les vrais enjeux que nous parviendrons à créer les conditions des coopérations et solidarités nécessaires à tous les niveaux entre nos différents pays.

Pour l’heure, les décisions récemment annoncées par le gouvernement français, sans réelles concertations avec tous les acteurs de L’UAG, soulèvent de nombreuses interrogations sur l’avenir des formations et de la recherche universitaires à l’échelle de chacun de nos pays ainsi que sur notre capacité à prendre notre place dans notre région caraïbe, notamment à côté de l’Université des West-Indies.

Rédaction de lepalima.org

Samedi 2 novembre 2013

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RENTREE POLITIQUE DU RDM

La rentrée politique du Rassemblement Démocratique pour la Martinique s’est tenue au hall des sports du Robert en présence d’environ 250 personnes.

Les délégations du PCM, du CNCP, du MIM et du PALIMA étaient présentes.

Après quelques mots de bienvenue du maire Alfred Monthieux, Marie-France Toul, membre de la direction du RDM  présenta l’image d’une organisation consolidée, se déployant sur l’ensemble du territoire Martiniquais.

Belfort Birota, autre responsable et conseiller général du Robert, brossa un tableau sombre de la situation économique et sociale du pays.

Après l’intervention des partis invités, Claude Lise, Secrétaire général du RDM dans son discours, qualifia la  » 3ième voie  » de l’actuel président de région de « voie virtuelle « .

Pour Claude Lise, ce serait « la voie de l’écartèlement » entre deux notions contradictoires  « identité législative » totale et « spécialité législative « .

Claude lise a déclaré que cette  » 3ième voie  » du président du néo-PPM n’avait strictement rien à voir avec la « 3ième voie » prônée par Aimé Césaire qui se résumait dans le mot d’ordre d’autonomie, les deux autres voies étant celle de la départementalisation et l’autre, celle de l’indépendance.

Pour conclure ce chapitre, Claude Lise précisa qu’en fait cette « 3ième voie » du néo-PPM n’était qu’un  » instrument de manipulation aux mains de son concepteur « 

Claude Lise appela également à la prise de mesures concrètes impliquant les collectivités et l’Etat français afin de freiner la dégringolade économique actuelle.

Il annonça également la ligne du RDM concernant les prochaines municipales.

–       soutien aux  sortants du RDM et des partis alliés

–       implication forte du RDM dans la dynamique unitaire à Fort de France autour de la candidature de Francis Carole

–       Recherche de convergences pour le 2ième tour dans les communes où les alliances ne seraient pas possibles dès le 1er tour.

 

La Rédaction du Palima.org

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COMMUNIQUÉ DU PALIMA A PROPOS DE LA LIBÉRATION DE THIERRY DOL

ENFIN LIBRES !

C’est avec un immense bonheur que la Martinique a appris la nouvelle de la libération de notre compatriote,Thierry DOL, et de ses trois compagnons d’infortune, ce mardi 29 octobre, après 1139 jours de captivité.

Nous nous félicitons de ce dénouement heureux d’une prise d’otages dont on pouvait craindre le pire dans le contexte politique et militaire tendu du Sahel, ces derniers mois.

Nous nous associons au soulagement et à la joie des otages et de leurs familles qui, depuis septembre 2010, ont été soumis à une terrible épreuve.

Nous saluons toutes celles et tous ceux qui, pendant ces trois longues années, n’ont cessé de manifester leur solidarité à Thierry et à ses compagnons.

Par anticipation, nous souhaitons à Thierry DOL bon retour au pays natal.

PALIMA

Francis CAROLE

MARTINIQUE

Mercredi 30 octobre 2013

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« Merci Snowden ! »

« Merci Snowden ! », c’est ce que devrait dire François Hollande.

Voici en fait ce que le président français a déclaré ce vendredi 25 Octobre, obligé de constater publiquement que l’Etat Français, les citoyens français, sont espionnés par les Etats-Unis, ces chers amis : « Finalement, ces révélations Snowden peuvent être utiles «sources I. Télé).

Cet espionnage à grande échelle, dénoncé depuis plusieurs mois par Edward Snowden, (ancien employé à la NSA (National Security Agency) aujourd’hui réfugié en Russie), n’est pas simplement une rupture « de convenances entendues » entre amis, mais est fondamentalement un acte hostile qui menace la souveraineté des pays concernés.

Rappelons tout de même le triste épisode où la France, répondant avec zèle aux injonctions des Etats-Unis, avait purement et simplement interdit l’entrée de l’avion du Président Bolivien Evo Moralès dans l’espace aérien français(acte illégal), le soupçonnant de transporter … Snowden.

Souhaitons (sans trop d’illusions, il faut le dire) que la convocation de l’ambassadeur des Etats-Unis par les autorités françaises et ses « vives » protestations ne soient pas que pure gesticulation.

En effet, entre le fait d’être souverain ou vassal, il faut choisir.

 

 

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COMMUNIQUE DE F. CAROLE

COMMUNIQUÉ DE FRANCIS CAROLE À PROPOS DU PROJET DE REDYNAMISATION DU CENTRE-VILLE DE FORT-DE-FRANCE

S’il faut se féliciter du projet de redynamisation du centre-ville défendu par les commerçants, on ne peut manquer de souligner qu’il exprime en même temps la faillite de ceux qui dirigent actuellement la ville de Fort-de-France.

Après douze ans à la tête de la municipalité, ce n’est qu’à seulement cinq mois des élections municipales que le président de région et son remplaçant à la mairie se manifestent enfin pour tenter de donner l’impression de répondre aux difficultés des commerçants du centre-ville.

Il n’échappe à personne que l’annonce des contributions financières de la municipalité et de la Région s’inscrit dans une stratégie électoraliste visant à faire taire le mécontentement légitime d’acteurs économiques, victimes de l’incurie d’une équipe responsable de l’agonie actuelle du centre-ville et désormais aux abois.

En effet, depuis 2001, nous avons assisté à un phénomène de dépeuplement de Fort-de-France et de son centre-ville.

De 100 000 habitants notre ville est passée, en une dizaine d’années, à 88 440 habitants.

Le cœur de la ville s’est paupérisé et son dépérissement économique accentué.

De nombreux commerces ont fermé leurs portes.

Le secteur artisanal ainsi que les professions libérales n’ont pas échappé au délitement de la ville sous la « gouvernance » actuelle.

Ce sont donc les politiques menées par la municipalité néo-PPM qui sont à l’origine de l’agonie actuelle du centre-ville.

Il faut, certes, saluer l’action et le courage des commerçants, mais la municipalité doit être mise devant ses responsabilités d’aménageur et de centre d’impulsion de l’activité économique sur son territoire.

Au-delà de l’animation et des problèmes de stationnement que l’équipe municipale en place n’a jamais su régler, ce qui est en cause ce sont les questions d’insécurité et d’attractivité de Fort-de-France qu’une nouvelle équipe devra s’attacher à résoudre avec tous les Foyalais et les acteurs du développement de notre territoire.

Francis CAROLE

Président de l’UNION POUR LE CHANGEMENT À FORT-DE-FRANCE

F-De-F

Vendredi 25 octobre 2013

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GRÈVE CONTRE LES INJUSTICES AU CONSEIL GÉNÉRAL

Depuis le mardi 15 octobre, à l’initiative de l’UPCTM-UNSA, une grève illimitée a été déclenchée au Conseil Général de Martinique. Ce mouvement porte sur les « conditions de travail des agents » et « la qualité du service rendu aux usagers. »

L’organisation syndicale, dans une déclaration, dénonce les « injustices répétées subies par les agents » et « les manipulations de haut vol et en hauts lieux de certains apprentis-bricoleurs d’organisation du travail. »

Les faits relevés par l’UPCTM-UNSA sont d’une rare gravité : « notations punitives », « irrégularités dans l’accès à la titularisation « , « déplacements arbitraires et sans concertation avec les agents », « mutisme de la collectivité face à de nombreux appels sur les conditions de travail ».

Il convient de rappeler que le Conseil Général de Martinique est actuellement dirigé par une alliance principalement constituée par les élus du néo-PPM, les socialistes et BÂTIR.

La situation des agents du Conseil Général donne une certaine idée des méthodes de la « nouvelle gouvernance »…

Vendredi 18 octobre 2013

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Le Palima Hebdo n°36 – LES ARTISANS DU CHAOS

PROCHE ORIENT/MAGHREB

Irak : le macabre succède au macabre

 

Après l’agression sans nom des Etats-Unis*¹ contre ce pays en 2003, on est donc sûr du nombre de morts américains. Il est par contre toujours impossible de donner le nombre exact de morts irakiens ; les chiffres oscillent  entre 200 000 morts et un million.

Il est également question de 500 000 enfants irakiens qui ont connu une mort « précoce » due aux conséquences de ce conflit.

Le bulletin de « l’environnemental contamination and toxicology » de l’université de Michigan annonce que « le taux de cancer, de leucémie, et de mortalité infantile observé à Falluja (localité Irakienne) est plus élevé qu’il ne le fut à Hiroshima et Nagasaki en 1945 »…

Aujourd’hui, pas un jour ne se passe en Irak sans attentat meurtrier. Il se dit même qu’il n’existe pas une famille irakienne qui n’ait été touchée dans sa  chair par les effets de cette guerre.

A-t-on besoin de rappeler que cette guerre fut décidée par G. W Bush accusant sans preuves le gouvernement irakien de l’époque de détenir des « armes de destruction massive »…

Au terme de ce conflit, l’Irak qui était une puissance moyenne dans la région est un pays démembré qui se démène dans des drames immenses depuis plus de 10 ans.

KADHAFI : le « condamné à mort »

La Libye a connu le même sort quelques années plus tard. Cette fois, le prétexte était d’empêcher « un dictateur supposé irrationnel d’attenter à la vie de son peuple ». On sait que le nombre de victimes franco-anglo-américaines fut nul mais on ignore toujours le nombre exact de libyens tués sur l’autel de « la démocratie triomphante » (peut-être 100 000 disent certaines sources). On suppose seulement que les grandes villes comme Baniwalid, Tripoli ou encore Syrthe copieusement bombardées par l’aviation franco-anglo-américaine, n’abritaient pas que quelques rats égarés.

Là aussi, un pays découvrant le chaos que lui ont apporté ses « bienfaiteurs ».

L’Etat français était en pointe dans ce complot qui a fini par torpiller ce pays. Le principal dirigeant de ce pays fut assassiné et le « destin » de son cadavre est d’ailleurs entouré d’un mystère pour le moins crapuleux…

Cette fois-là, la coalition de malheur y a mis la forme ; ils sont passés par le conseil de sécurité de l’ONU qui les a autorisés à empêcher l’entrée en action de l’aviation Libyenne. On sait aujourd’hui que ces pays se sont servis de cette résolution théoriquement limitée pour se débarrasser de Kadhafi et écraser par là même le pays.

Aux dernières nouvelles, la Libye est présentée comme ingouvernable, noyautée par de multiples milices.

La Syrie, « échappée provisoire » ?

 Le Monde du Mardi 21 Mai 2013 titrait : « Syrie : Bachar Al Assad reprend la main » Ce même journal ajoutait :

« Le président syrien est en passe de reconquérir Qoussair, localité frontalière stratégique »

« Le régime profite du soutien diplomatique de la Russie et de l’Iran, la pression diplomatique baisse ».

« L’opposition est fragilisée par ses divisions et l’influence croissante des djihadistes. »

Quelques semaines plus tard, intervient « l’innommable » :  » le régime de Bachar Al Assad aurait utilisé l’arme chimique contre son peuple. » Il aurait par là même franchi « la ligne rouge » édictée par les Etats-Unis, donnant ainsi le prétexte à une intervention franco-américaine .

Tout de suite, donc, le scénario écrit d’avance était mis en œuvre. La Syrie serait bombardée.

Les déclarations de François Hollande et de Barak Obama n’offraient pas l’ombre d’un doute sur leurs intentions (avec ou sans l’aval du conseil de sécurité).

Sans la position ferme de la Russie, de l’Iran, mais également de la chine, la Syrie serait aujourd’hui en train de subir le même sort que ses devancières (l’Irak et la Libye).

« La lutte pour la démocratie » : un leurre, un masque pour une stratégie du chaos.

Les pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne d’un côté, et de l’autre, les Etats-Unis, prétendent être missionnés pour répandre la démocratie à travers le monde.

Dans ce cas, pourquoi sont-ils les alliés du Quatar et de l’Arabie Saoudite, monarchies dictatoriales et obscurantistes ?

On constate en outre les manigances des Etats-Unis dans le but de renverser des gouvernements de gauche radicale, démocratiquement élus, en Bolivie, au Vénézuéla etc… On finit bien par constater que les pays du tiers-monde, prioritairement ceux qui possèdent des richesses minières ou (et) qui ont une position stratégique et la volonté d’indépendance, de contrôle de leurs ressources minières, (et ceci quel que soit le régime politique), sont dans le viseur de ces artisans du chaos.

Ceux-ci cherchent à les déstabiliser, y provoquer le chaos tout en s’assurant l’accès à leurs ressources (hydrocarbures et autres).

Nous assistons en fait à l’ouverture d’une nouvelle période coloniale ; la « mission pour la démocratie » a remplacé l’ancienne « mission civilisatrice », cherchant comme toujours à cacher leurs visées prédatrices, leur volonté d’accaparer des richesses qui ne leur appartiennent pas.

Ils ne désirent pas dans l’absolu développer des colonies de peuplement mais ils cherchent à replonger ces pays dans le cycle infernal de la dépendance, afin de tenter de préserver leur domination mondiale menacée par l’émergence de nouvelles puissances comme la chine.

Dans cette sombre logique, ces puissances déclinantes veulent rendre difficile sinon impossible tout redressement national de ces pays agressés.

Cela nous montre qu’en dépit du temps qui passe, des leçons de l’histoire, beaucoup de gouvernants de ces pays « euraméricains » n’ont jamais changé de vision du monde.

Ils ne souhaitent pas un monde de coopération, d’égalité, de respect mutuel, un monde, fait d’états indépendants, mais ils en sont encore à l’idéologie qui prévalut dans l’Europe du 15ième et 16ième  siècles et qui inaugura un cycle interminable de domination, d’asservissement des peuples non blancs en particulier. Cependant, le revirement in extremis des Etats-Unis dans le dossier syrien semble  provisoirement changer la donne. Attendons de voir !

Enfin, nous faisons nôtre la revendication portée par la C.E.L.A.C. *²en faveur de l’abolition de l’arme nucléaire dans le monde entier.

Gageons que ces « civilisateurs coloniaux » des temps modernes soient atteints de surdité congénitale devant cette légitime exigence.

 

*¹A propos de la guerre en Irak : Rappelons la juste position assumée jusqu’au bout par le gouvernement de  Jacques Chirac de ne pas suivre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans cette aventure criminelle.

*²La communauté des Etats latino-Américains et Caribéens (C.E.L.A.C.) regroupant 33 pays de notre région a appelé à adopter « des mesures efficaces pour une élimination générale et totale des armes nucléaires. »

Son porte-parole, Bruno Rodriguez Parrilla, (par ailleurs, chef de la diplomatie cubaine) a ajouté que l’Amérique Latine et la Caraïbe constituaient « la première région densément peuplée du monde à s’être déclarée Zone sans armes nucléaires par le biais du traité de Tlatelolco ».

Clément CHARPENTIER-TITY

Fort  de France le 16 Octobre 2013

Mise en avant

SEMAVIL : MISE AU POINT DE DANIEL MARIE-SAINTE

Daniel Marie-sainte

J’ai été mis en cause dans un communiqué, signé de 9 des salariés de la SEMAVIL et transmis à une quinzaine de médias. Je suis accusé de rien moins que d’être à l’origine de la mise en redressement judiciaire de la SEMAVIL !
Ce communiqué ayant été généreusement diffusé sur les médias officiels (Martinique 1ère radio et RCI), usant de mon droit de réponse, j’ai adressé le texte qui suit à l’ensemble des médias rendus destinataires du communiqué:

« RÉPONSE AU COMMUNIQUÉ SIGNÉ PAR 9 SALARIÉS DE LA SEMAVIL

Dans un communiqué transmis aux médias et signé par quelques 9 salariés de la SEMAVIL, sans mandat syndical, j’ai été nommément mis en cause.

Légitimement, usant de mon droit de réponse, je rends public ce qui suit :

Ces salariés de la SEMAVIL veulent me tenir responsable de la mise en redressement judiciaire de leur employeur par le Tribunal Mixte de Commerce de fort de France !

Rien que cela !

Pour cela ils se croient obligés d’écrire des contre-vérités, c’est à dire des mensonges.

C’est ainsi qu’ils prétendent que j’ai été « pendant sept longues années Président de la Commission d’Appels d’offres de la SEMAVIL »… que j’aurais « approuvé toutes les décisions prises concernant l’intervention dans l’hôtellerie »…

Je réponds : MENSONGES !

Oui, j’ai été administrateur de la SEMAVIL, pendant la première mandature d’Alfred MARIE-JEANNE à la Région.

J’avais été désigné au Conseil d’Administration de la SEMAVIL, au titre de représentant du Conseil Régional, mais je n’ai jamais présidé sa Commission d’Appel d’Offres !

Un désaccord sur la politique suivie par la SEMAVIL a surgi entre le Président du Conseil d’Administration, Pierre SAMOT et le Président de Région Alfred MARIE-JEANNE

Cette divergence est apparue lorsque la SEMAVIL, financée majoritairement avec des fonds publics, a décidé de se lancer dans le secteur spéculatif de la gestion hôtelière.

Il faut se souvenir qu’à l’origine la SEMAVIL signifie : Société d’Économie Mixte d’Aménagement de la Ville du Lamentin.

Notre accord originel portait sur l’aménagement de la Ville du Lamentin !

Constatant que la SEM déviait de son objectif, en accord avec le Président Alfred MARIE-JEANNE, j’ai immédiatement cessé de participer aux réunions du Conseil d’Administration de la SEMAVIL.

Quelques années plus tard, ayant été élu au Conseil Municipal du Lamentin, j’ai été interpellé par des salariés de l’hôtel du Diamond Rock et de l’hôtel Club des Trois-Ilets, car leurs salaires ne leur étaient pas régulièrement versés.

En ma qualité de Conseiller Municipal, chef de l’Opposition, j’ai interrogé le Maire du Lamentin-Président de la SEMAVIL, afin d’avoir, en toute transparence, des informations claires sur la gestion financière de la SEMAVIL et de ses filiales.

Toutes les questions posées, lors des réunions du Conseil Municipal, se sont heurtées à un mutisme hautain.

Je n’avais, alors, pas d’autre choix que de les poser publiquement dans les médias !

Comment peut-on me rendre responsable du fait que le Procureur de la République ait jugé opportun de saisir le Tribunal Mixte de Commerce de Fort de France, lors de l’audience du 5 février 2013, pour une demande d’ouverture de la procédure de redressement judiciaire à l’encontre de :

– 1°) La SEMAVIL (SA), représentée par Pierre SAMOT,
– 2°) l’Hôtel Club des Trois-Ilets (SARL), représenté par Max Claude TANIC,
– 3°) La Société Hôtelière d’Exploitation du Diamant (SARL), représentée par Max Claude TANIC.

J’observe que le Maire du Lamentin n’a pas cru devoir aller s’expliquer devant le Tribunal.

Les médias nous ont appris, dans un premier temps, que le Diamond Rock avait cessé ses activités et que ses salariés avaient été licenciés.

Par ces mêmes médias, nous avons appris que la SEMAVIL avait été mise en redressement judiciaire avec désignation d’un administrateur par le Tribunal, etc.…

Qui est responsable de cette situation catastrophique ?

L’élu qui a réclamé la transparence à propos de la gestion de fonds publics ou ceux qui ont mal géré ces structures en les mettant en cessation de paiement, c’est à dire en situation de faillite ?

Je n’en veux nullement à ces 9 salariés de la SEMAVIL qui ont signé le communiqué m’incriminant.

Je comprends leur détresse face aux menaces qui pèsent sur leurs emplois mais ils doivent demander des comptes à leur employeur au lieu de se laisser manipuler par ceux qui leur désignent un « bouc émissaire » !

Le 14 octobre 2013

Daniel MARIE-SAINTE

Conseil Municipal (RPL) du Lamentin

Mise en avant

Hypermondialisation

La rédaction de « lepalima.org », dans le souci d’alimenter la réflexion sur les évolutions de notre pays, de notre région et du monde, publie l’article de Christophe VENTURA, sur « L’hypermondialisation », paru en octobre 2013, dans le numéro 37 de « MÉMOIRE DE LUTTES » (lepalima.org)

 

Mémoire des luttes

Selon l’expression des économistes Arvind Subramanian et Martin Kessler, nos sociétés entreraient dans une ère d’« hypermondialisation » [1]. Entre 1980 et 2011, le volume de marchandises échangées à l’échelle planétaire a été multiplié par quatre, le niveau du commerce mondial augmentant près de deux fois plus vite que la production mondiale chaque année [2]. Selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « la valeur en dollars du commerce mondial des marchandises a augmenté de plus de 7 % par an en moyenne (…), atteignant un record de 18 000 milliards de dollars à la fin de cette période ». Pour leur part, « les échanges de services commerciaux ont augmenté encore plus rapidement, à un taux annuel moyen d’environ 8%, pour atteindre quelque 4 000 milliards de dollars » [3].

Ainsi, si le commerce international représentait 9% du PIB mondial en 1870, 16 % en 1914, 5,5 % en 1939, environ 15 % dans les années 1970, il génère désormais 33 % [4].

Bien qu’affectée par la crise financière de 2008 et ses conséquences sur la baisse de la demande notamment aux Etats-Unis, en Chine et en Europe – le volume du commerce mondial a crû de 2 % en 2012 contre 5,1 % en 2011 (2,5 % attendu en 2013) – cette montée en puissance inédite de l’intégration commerciale mondiale constituerait, selon les deux chercheurs, la première caractéristique de cette « hypermondialisation ».

La réduction des droits de douane [5], du coût des transports -notamment maritimes – et des télécommunications, l’essor des technologies facilitant la dématérialisation des échanges et des services, la mobilité du capital et des facteurs de production, ainsi que la multiplication des accords de libre-échange bilatéraux et multilatéraux ont rendu possible cette nouvelle étape de la mondialisation économique et financière.

Dans ce vaste mouvement, de nouvelles tendances sont à l’œuvre. L’« hypermondialisation » ne s’évalue pas seulement quantitativement par l’augmentation du commerce international intégré, mais également qualitativement. De ce point de vue, elle correspond à une mutation profonde et non achevée des formes du système de production et d’échange à l’échelle mondiale qui impacte chaque pays et régions.

Certaines de ses manifestations les plus saillantes sont désormais régulièrement commentées par les médias et convoquées par les gouvernements pour tenter de justifier, auprès de leurs opinions publiques, la nécessité de mettre en place des politiques d’austérité (salariale et sociale) afin de gagner en compétitivité dans le cadre d’une concurrence globale acharnée. Il s’agit de la montée de la Chine, qui occupe désormais la place de première puissance commerciale avec 11 % des exportations mondiales (contre 1 % en 1980), des pays du Sud [6], des flux commerciaux Sud-Sud [7] et du développement de multiples configurations d’intégrations économiques régionales.

Cependant, d’autres dynamiques modifient, peu à peu, et plus souterrainement, les structures de la mondialisation. L’ « hypermondialisation » désigne, en effet, le nouveau stade de son développement. Elle indique, en premier lieu, une nouvelle phase de fragmentation géographique de la production et de dissociation des fonctions productives à l’échelle mondiale. Les flux commerciaux s’inscrivent désormais dans des « chaînes de valeur » internationales qui organisent les processus de production en séquences distinctes, réalisées (souvent simultanément) en différents lieux de la planète, selon des logiques d’optimisation des territoires. Et ce, en fonction de leur organisation fiscale, sociale, salariale, financière, technologique, éducative, institutionnelle, etc.

Au cours des vingt dernières d’années, nous avons assisté à la mise en place d’un schéma désormais stabilisé. La propriété des entreprises, des brevets et des marques, ainsi que la recherche-développement (R&D), se concentrent dans les centres de l’économie-monde (pays de la Triade essentiellement), la conception, l’assemblage et la fabrication des produits se réalisant, eux, dans des pays (Asie, Amérique latine, Afrique, Proche-Orient) et des entreprises auxquels sont sous-traitées ces fonctions, tout comme la distribution, la vente, les services après-vente (Maghreb ou Inde par exemple) [8].

Ainsi, les 80 000 multinationales recensées dans le monde [9] (assurant deux tiers du commerce international) sont les principaux maîtres d’œuvre de cette nouvelle organisation de la production. Comme l’explique la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes des Nations unies (Cepal), « les entreprises multinationales des pays développés transfèrent ou sous-traitent une partie de leurs processus de production vers des pays en développement ou en transition. Cette fragmentation géographique de la production opère par l’intermédiaire de plusieurs canaux comme l’investissement direct étranger [10], le commerce des biens intermédiaires [venant de pays différents] [11] et la sous-traitance de services [12] ». Et d’ajouter : « En termes simples, ce qui est recherché [dans un contexte de réduction des droits de douane et des coûts de transport, d’information et de télécommunication qui permet une circulation sans entraves, démultipliée, croisée et à grande vitesse de la marchandise], c’est de combiner technologie, innovation et savoir-faire des pays développés (économies de maison mère) avec les coûts réduits de la main d’œuvre des pays en développement (économies de fabrication) » [13].

Pour la Cepal, il serait ainsi possible « d’identifier trois grands réseaux de production dans le monde. L’ « usine Europe » (avec en son centre l’Allemagne), l’ « usine Amérique du Nord » (avec en son centre les Etats-Unis) et l’ « usine Asie » (avec en son centre le Japon, de manière traditionnelle, et la Chine depuis la dernière période). Ces trois « usines » se caractérisent par un taux élevé de commerce intra-régional qui, pour sa part, s’organise autour de la production de biens intermédiaires » pour ces centres.

Selon les estimations du ministère du commerce extérieur français, la moitié de la valeur des marchandises exportées dans le monde est ainsi constituée par des pièces et des composants importés. En France, cette proportion est de 25%. Dans les pays en développement, elle se situe autour de 60 %. L’IPhone d’Apple ou la poupée Barbie sont les symboles de cette marchandise « Made in the World ».

C’est dans ce contexte qu’émergent, depuis le début des années 2010, et encore plus depuis 2013, de nouvelles formes d’accords de libre-échange hors du cadre multilatéral de l’OMC. Il s’agit d’accords dits « méga-régionaux » ou « méga-bilatéraux » : grand marché transatlantique [14], Partenariat transpacifique [15], Partenariat économique intégral régional (qui concerne dix pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est – ASEAN – [16]), accord de libre-échange Union européenne-Japon (en cours de négociation), accords de libre échange entre la Chine, le Japon et la Corée du Sud (idem).

Leur fonction est à la fois politique, géopolitique et économique. Il s’agit d’organiser, sur le long terme, la sécurisation des investissements et des activités – tout comme la facilitation de leurs opérations – des acteurs financiers et économiques mondialisés. Et ce, afin de consolider et développer la valeur ajoutée de la marchandise dans le cadre d’espaces transnationaux constitués par les chaînes de production globales dans lesquelles agissent et se déploient les multinationales du centre de l’économie mondiale, qui disposent d’intérêts communs avec des acteurs économiques, commerciaux et financiers régionaux et locaux.

Ce faisant, ces accords de nouvelles génération se singularisent par plusieurs aspects. Ils concernent des espaces calqués sur ces chaînes de production et peuvent, le cas échéant, enjamber les géographies régionales et dessiner de nouvelles frontières économiques, financières et commerciales entre pays et blocs de pays ou régions ; ils recouvrent des territoires physiques, démographiques, politiques et économiques immenses ; ils visent à harmoniser non seulement des droits de douane, mais également – sur la base des standards juridiques des pays hégémoniques de la Triade – les barrières dites « non-tarifaires » (normes sanitaires et phytosanitaires, conditions d’accès aux marchés publics, droits de propriété intellectuelle, sécurisation des investissements, politique de la concurrence, etc.).

Ces nouvelles transformations du capitalisme renforceront les dynamiques de fusion entre les Etats concernés et les intérêts marchands et, ce faisant, la déconnexion entre la capacité d’intervention démocratique des peuples – seule à même de contrôler la puissance du capital – et celle de ce dernier à soumettre nos sociétés sous sa domination destructrice.

Dans La Dynamique de l’Occident (1939), le sociologue allemand Norbert Elias remarquait : « Comme cela se produit dans chaque système à équilibre instable, soumis à une tension concurrentielle en rapide progression et dépourvu de monopole central, les Etats les plus puissants, qui constituent les axes principaux du système, se poussent réciproquement, dans un mouvement de vis sans fin, à l’expansion et au renforcement de leur position. Ainsi se trouve enclenché le mécanisme de la lutte pour l’hégémonie et – intentionnellement ou non – pour la création de centrales monopolistes s’étendant sur des territoires d’un ordre de grandeur nettement supérieur. Et s’il est vrai qu’il s’agit pour le moment d’abord d’une domination limitée à quelques continents, on voit se dessiner déjà, par suite du débordement des interdépendances sur d’autres régions, la lutte pour l’hégémonie dans un système englobant toute la terre habitée » [17].

L’ « hypermondialisation » constituerait-elle une nouvelle étape vers la monopolisation du monde par les puissances économiques, financières et étatiques du « monde occidental » ? Cette dernière notion désignerait-t-elle, quant à elle, l’intégration des élites – d’où qu’elles viennent, du Nord ou du Sud – au sein d’une même surclasse oligarchique mondialisée ?

Quoi qu’il en soit, l’ « hypermondialisation » constitue le nouveau cadre d’affrontement objectif entre les mouvements anti-systémique de la planète – affaiblis et localisés aujourd’hui – et les forces du capitalisme financiarisé.

Traduction : En portugais avec Outraspalavras.net : http://outraspalavras.net/destaques/hiperglobalizacao/

DOCUMENTS JOINTS
Hypermondialisation (PDF – 84.8 ko)
NOTES
[1] Arvind Subramanian et Martin Kessler, « The Hyperglobalization of Trade and Its Future », Peterson Institute for International Economics, juillet 2013 (http://www.iie.com/publications/interstitial.cfm?ResearchID=2443).

[2] Sauf pendant ces deux dernières années. Rapport sur le commerce mondial 2013. Facteurs déterminant l’avenir du commerce mondial, Organisation mondiale du commerce (OMC), 18 juillet 2013 (http://www.wto.org/french/res_f/publications_f/wtr13_f.htm).

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Sur ce sujet, lire Christophe Ventura, « Que sont les douaniers devenus… », Le Monde diplomatique, octobre 2013.

[6] Ils représentent 47 % des exportations mondiales, contre 34 % en 1980. Pour leur part, les économies du centre du système-monde en représentent 53%, contre 66 % en 1980.

[7] Ceux-ci représentent 24 % des flux globaux en 2011, contre 8 % en 1990. Les flux Nord-Nord en représentent, eux, 36 %, contre 56 % en 1990.

[8] Sur ce sujet, lire Jean-Luc Mélenchon, « Le nouvel ordre transnational ». Dans cette réflexion, le co-président du Parti de gauche (France) précise : « un nouveau modèle d’entreprise (…) se contente de posséder des brevets, des marques, un carnet de chèques et des fichiers de clients. Cette forme particulière de dématérialisation de la propriété nous renvoie aussitôt à l’importance de la question brevets et des licences, des marques et des logos, qui constitue le cœur des nouvelles formes de pouvoir de la propriété capitaliste. Nombreuses sont les multinationales qui développent cette stratégie visant à se retirer voire à se dégager totalement de la production au profit d’activités limitant le risque de l’investissement : gestion de marques, commercialisation, distribution, activités financières » (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/07/24/du-chaud-et-du-froid-des-hauts-et-du-bas/).

[9] Arvind Subramanian et Martin Kessler, « The Hyperglobalization of Trade and Its Future », Peterson Institute for International Economics, juillet 2013.

[10] Le stock des IDE dans le monde est passé de 10% du PIB mondial dans les années 1990 à 30 % en 2011. Ibid.

[11] Selon l’OMC, « 30 % du total des échanges consistent en réexportations de biens intermédiaires (…). Depuis le milieu des années 1990, ce pourcentage a augmenté de près de 10 points ».

[12] Selon l’OMC, en terme de valeur ajoutée, « la contribution des services au commerce total (…) a été près de deux fois plus élevée que la part correspondante mesurée en termes bruts, passant de 23% à 45 % en 2008. Les services contribuent grandement au commerce des marchandises, soit du fait de leur rôle facilitateur des transactions internationales, soit par le biais de leur incorporation dans le coût de production total de la marchandise. »

[13] Panorama de la insercion internacional de America latina y el Caribe, Cepal, 2013.

[14] Lire Bernard Cassen, « L’alibi de l’emploi pour un grand marché (transatlantique) de dupes », Mémoire des luttes (http://www.medelu.org/L-alibi-de-l-emploi-pour-un-grand).

[15] Lire Christophe Ventura, « Washington se relance dans le nouveau jeu latino-américain », Mémoire des luttes (http://www.medelu.org/Washington-se-relance-dans-le) et « Le Partenariat transpacifique, nouvel outil de l’hégémonie de Washington », Mémoire des luttes (http://www.medelu.org/Le-Partenariat-transpacifique).

[16] Australie, Birmanie, Bruneï, Cambodge, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam. Les négociations, lancées début 2013, devraient, selon les initiateurs, aboutir en 2016.

[17] Norbert Elias, La Dynamique de l’Occident, Calmann-Lévy, collection Agora, Paris, 1977 (traduction du tome 2 de Uber den Progress der Zivilisation, 1939).

Mise en avant

Le pouvoir d'achat des retraités des DOm et en Martinique

 

Tribune :

Résumé de l’intervention de Michel Branchi au 23ème rencontres gérontologiques de l’Amdor 2000 des 3 et 4 octobre 2013 (Hôtet Bâtelière)

L’Association Martiniquaise pour la Promotion de l’âge d’or(AMDOR 2000) a organisé les 3 et 4 octobre 2013 ses 23èmes Rencontres gérontologiques sur le thème particulièrement judicieux « Personnes âgées et Nouvelles pauvretés-Nouveaux défis ». Michel Branchi, économiste et ex-Commissaire de la Concurrence et de la Consommation, a fait une communication ayant pour objet : «  Eléments sur le pouvoir d’achat des retraités des DOM-Le cas de la Martinique ». Nous en publions ci-après un résumé. 

Eléments sur le pouvoir d’achat des retraités dans les DOM- Le cas de la Martinique : Plus de la moitié au moins des retraités des DOM en-dessous du seuil de pauvreté !

La loi sur les retraites de 1945 s’est appliquée avec retard dans les DOM et n’a atteint son régime de croisière qu’à partir des années 1960, estime-t-on.

Le chômage, la pauvreté  et la précarité sont élevés dans ces pays et d’un niveau beaucoup plus important qu’en France. Nombre de retraités ont du mal à reconstituer des carrières complètes, plus particulièrement les femmes.

La proportion de retraités au minimum vieillesse est 7 fois plus importante en Martinique qu’en France ( 27 % contre 4 à 5 %)

Bien que les données sur les revenus des retraités soient peu abondantes car non communiquées par les organismes officiels tels la Caisse générale de Sécurité sociale de la Martinique ou l’IRCOM, on sait qu’une part significative et croissante de la population martiniquaise âgée ne dispose que de revenus modestes : un sur cinq de 60 à 74 ans au minimum vieillesse et une femme sur deux de plus de 75 ans. Nous présentons donc ici que des données partielles, mais n’infirment pas ce jugement.

[Selon la représentante de la Caisse générale de Sécurité sociale de la Martinique aux 23ème Rencontres gérontologiques de l’AMDOR, la situation serait la suivante en 2012 :

« -55 400 retraités du Régime général  ont perçu une pension de la CGSS ( 428 millions € versés) , soit  un montant moyen de 769€

– 4 124 retraités du Régime agricole ( 18 454€  versés ) soit un montant moyen de  447€ .

De petites pensions, sans retraites complémentaires pour beaucoup d’entre vous, notamment les employées de maison ou les ouvriers agricoles ».]

Donc le montant moyen des retraites est inférieur au seuil de pauvreté en France (977 € en 20011).

Nous estimons, sur cette base, le nombre total de retraités en 2012 (incluant la Fonction publique) aux alentours de 75 000.

En outre, le niveau des dépenses des retraités martiniquais est le plus faible de toutes les catégories socio- professionnelles (34 % en dessous de moyenne) : La consommation annuelle des retraités est de 16 764 euros (1 400 euros par mois), proche de celle des chômeurs soit 17 000 euros (1 417 euros par mois) alors que le ménage martiniquais moyen dépense annuellement 25 700 euros (2150 euros par mois). Et les inégalités se sont accrues durant la dernière décennie (enquête budget des familles-Insee de 2006/ dossier INSEE-CAF-mai 2009).

Or le coût de la vie est en moyenne officiellement de 17 % plus élevé qu’en France et de 45 % supérieur pour les produits alimentaires (enquête INSEE-2010). Cela pénalise fortement le budget des retraités qui consacrent la plus grande part de leurs dépenses à l’alimentation (22,4 % contre 16,6 % en moyenne des ménages martiniquais-Enquête budget des familles INSEE de 2006).

Pour les 20 % des ménages les plus modestes, dont nécessairement une large part des retraités, les dépenses pré-engagées (contraintes) représentent 84 % de leur revenu disponible brut en 2006. Elles ne représentaient que 61 % en 2001.

Les révisions du montant des retraites, généralement indexées sur le niveau et l’évolution de l’inflation en France, sont souvent défavorables aux retraités martiniquais puisque la hausse des prix a souvent été supérieure en Martinique : écart différentiel moyen d’inflation de + 3 % entre janvier 1999 et Juin 2013 par exemple et de + 9,6 % pour les produits alimentaires.

 

Aussi le nombre de retraités en-dessous du seuil de pauvreté a augmenté sur la décennie 2000. Et, selon l’enquête INSEE/INED de 2012 déjà citée, 35 % des séniors ressentent un vécu de pauvreté’ »ne pas pouvoir s’en sortir sans faire de dette » ou y arriver difficilement ») contre 12 % en France (enquête INSEE/INED « migrations, famille, vieillissement » d’octobre 2012).

Les femmes, souvent seules, sont encore plus pénalisées à la retraite.

Dans ces conditions, le niveau de vie des retraités est certainement en dégradation autant et plus que pour les autres catégories sociales sur la décennie 2000, comme l’indique l’Insee dans une brochure d’Août 2011.

Enfin un éclairage dramatique vient d’être donné par des statistiques peu connues sur les foyers fiscaux des DOM.

Selon des données récentes de la Direction générale des impôts (www.impots.gouv) communiquées par l’INSEE-Martinique, plus de la moitié (53 %) des 62 574 foyers fiscaux de retraités  martiniquais, soit 33 164, vivent en 2010 avec un revenu moyen annuel de 6 651 €, soit 551,75 € par mois, alors que 5 % d’entre eux émargent à un revenu annuel de 36 679 €, soit 8 056,5 € par mois. Rappelons que le seuil de pauvreté en Martinique était évalué en 2006 à 616,66 € par mois. En France, le seuil de pauvreté monétaire est évalué à 977 € par mois en 2011. Les revenus fiscaux des retraités martiniquais représentent 19/20 % des revenus fiscaux totaux.

Donc plus de la moitié au mois des retraités en Martinique, en dépit des progrès réalisés, vivent en moyenne en dessous du seuil de pauvreté.

A titre de comparaison, ci-après les mêmes données pour les autres Dom et la France :

Tableau comparatif de  la part des foyers de tranche de revenus la plus faible dans le total des foyers de retraités en 2010 et du montant de revenu fiscal moyen de retraités

 des DOM et en France

Tableau I

France Guadeloupe Guyane Martinique Réunion
Nbre total foyers fiscaux retraités

12,426 millions

58 691

7300

62 574

83 087

Nbre de foyers 1ère tranche de 0 et 10 000 €

3 075 400

32 688

4 277

33 436

47 422

Part 1ère tranche du total

24,7%

56,7%

58,58%

53%

56.46%

Montant revenu annuel global en Millions €

26,2 milliards €

251,1M€

22,5 M€

221,4 M€

293,046 M€

Montant annuel moyen par foyer fiscal

8 519,7 €

7 679,36 €

5260,69 €

6 621

6 179.53 €

Montant moyen par foyer fiscal par mois

709,93 €

639,94

438,39 €

551,75 €

514,96 €

Dans tous les Dom, par conséquent, plus de la moitié des retraités vivent avec moins de 639,94 € par mois (chiffre de la Guadeloupe), c’est-à-dire en dessous du seuil de pauvreté !

Le minimum vieillesse (Allocation de solidarité aux personnes âgées- ASPA) est de 777,17 € pour une personne seule au 1er/04/2012 et de  787,26 € au 1er avril 2013, soit une revalorisation de + 1,01 %. Alors que l’inflation navigue autour de 1,5 %/2° l’an en Martinique depuis début 2012.d’où nouvelle perte de pouvoir d’achat.

Par ailleurs, suite à la saignée des années Bumidom, un dangereux processus de vieillissement accéléré s’est enclenché. La part  des plus de 60 ans va plus que doubler en 2030. La population dépendante, majoritairement féminine va également doubler.  Cela risque de modifier profondément les solidarités inter- générationnelles alors qu’aujourd’hui ce sont les personnes âgées de plus de 60 ans qui apportent plus d’aide à leur famille, notamment financières, qu’elles en reçoivent. Cependant et a contrario, cela va  en même temps engendrer des besoins nouveaux et accrus en services divers susceptibles de générer des emplois spécifiques.

Avec les réformes Balladur, Fillon et Woerth allongeant la durée de cotisation, on constate déjà une baisse du taux de remplacement (rapport entre la retraite et le dernier salaire) des retraites et une augmentation du taux de chômage des plus de 50 ans en Martinique et ailleurs.

Cependant, l’impact de ces réformes est plus négatif qu’en France vu le contexte économique et social particulièrement dégradé. Il n’en a pas été tenu compte.

Le projet de réforme actuellement en cours d’adoption risque d’accentuer ce phénomène (allongement de la durée de cotisation à 43 ans à l’horizon 2035) du fait de la diminution du taux de remplacement des pensions qui en résultera.

Il est à craindre que le niveau de consommation des retraités (1/5ème de la consommation totale des ménages) puisse régresser.

Cela peut constituer un frein à la croissance économique du pays dans l’avenir.

 

En conclusion, Il, est clair que des mesures spécifiques en direction des retraités des DOM doivent être mises en œuvre. Elles ne peuvent que faire appel à une nouvelle répartition des richesses. Là réside le choix de société.

Plus largement,  il convient de concevoir une politique globale spécifique en direction des personnes âgées de la Martinique et des pays dénommés DOM présentant des caractéristiques économiques et sociales proches.

Michel Branchi,  Economiste

F-D-F, le 4/10/2013

 

Mise en avant

CFTU : QUELQUES ENSEIGNEMENTS D'UNE GRÈVE

Ainsi, un protocole de fin de grève a été signé ce vendredi 11 octobre. Après plus de 45 jours, l’ensemble des protagonistes de ce long conflit social ont su trouver une issue qui met fin aux difficultés des usagers des transports de Fort-de-France, du Lamentin, de Saint-Joseph et de Schoelcher.

D’ores et déjà, plusieurs enseignements se dégagent de ce long conflit social.

1-LE BIEN-FONDÉ DES REVENDICATIONS SYNDICALES EST RECONNU

On se souvient que certains responsables de la CFTU s’étaient livrés à de violentes attaques contre la CSTM et son secrétaire général. Le protocole de fin de grève disqualifie ces comportements et donne raison à l’organisation syndicale sur de nombreux points :

– Hygiène et sécurité

« La CACEM et les entreprises s’engagent à rechercher des solutions pour la mise en place des équipements sanitaires et de repos dans les gares du réseau. »

– Contrôle de sécurité des bus

« Un contrôle administratif systématique sera effectué et la vérification sur le terrain sera renforcée. La fréquence des contrôles de la CACEM avec la sollicitation des services de l’Etat (Police, Gendarmerie, DEAL, l’Inspection du travail) sera augmentée.

Le système d’alerte des conducteurs et la géolocalisation seront définitivement opérationnels avant la fin de l’année.

Le système de vidéo-protection sera mis en place sur les bus et les gares pour une première partie en octobre 2013 et en février 2014 (préciser les phasages).

Une formation à la relation des conducteurs avec le public ainsi qu’une formation au dialogue social pour les IRP et les employeurs seront mises en place par l’IFRTM, courant 2014 avec le soutien de la Région.

Les conditions de travail de la ligne 5 feront l’objet de modification d’horaires pour tenir compte des temps de pause nécessaires pour les conducteurs. La mise en œuvre des nouveaux horaires est prévue après les vacances de la Toussaint.

Une commission TM sera mise en place pour analyser les autres lignes avec la présence d’un membre du CHSCT de la CFTU, présent pour avis. »

-Élections et fonctionnement

« Pour les entreprises de plus de dix salariés, la mise en place des Instances Représentatives du Personnel se fera conformément à la législation. »

-Dates et modalités de paiement des salaires

« Afin de constituer la provision nécessaire au paiement à bonne date des salaires, un avenant au contrat de sous-traitance de Service Public de Transport Urbain liant la CFTU et ses sous-traitants sera établi. Il modifiera l’article 18 portant sur les modalités de facturation et de paiement, en précisant que la date de virement pour le versement de l’acompte de 50 % sur les prestations de services de transport du mois en cours est fixé au 20 du mois. »

Par ailleurs, la rémunération des chauffeurs receveurs des entreprises sous-traitantes est revue à la hausse. Quant aux chauffeurs receveurs des sociétés co-traitantes, leur dispositif salarial intégrera désormais leur ancienneté.

2-LA DÉMISSION DES ÉLUS DE LA CACEM ET DES COMMUNES DU CENTRE

Cette grève met aussi en évidence l’incapacité des élus des communes du centre et de la CACEM à assumer les responsabilités dont ils ont été investis par le suffrage populaire.

Aucun des quatre maires des communes concernées n’a montré la moindre volonté politique de régler un conflit qui affectait des milliers d’usagers, d’entreprises et de commerçants de sa commune. Aucun !

La CACEM, responsable des transports dans le centre, donneur d’ordre de la CFTU, s’est illustré par sa défection, son incompétence et son irresponsabilité. Il revenait en effet aux élus de la CACEM de prendre à bras le corps ce conflit, d’organiser la table ronde et les négociations qui s’imposaient pour sortir au plus tôt de l’impasse. Au lieu de quoi, nous n’avons eu droit qu’à pusillanimité et manoeœuvres.

La CACEM et les municipalités du centre ont renoncé aux principes fondamentaux de l’indépendance des collectivités et du respect du suffrage populaire, pour ce prêter, à la Région, au jeu sordide de l’instrumentalisation d’un conflit social à des fins politiciennes.

Il reste que l’amélioration des transports à Fort-de-France et dans le centre reste une question posée et à résoudre pour les usagers. Les problèmes de régularité, de ponctualité, de sécurité, de desserte de tous les quartiers et de prix des tickets du réseau Mozaïk sont loin d’être réglés.

MARTINIQUE

Vendredi 11 octobre 2013

Mise en avant

LES DÉMISSIONS ET LES OMISSIONS DE LA SEMAFF

En février 2013, l’actuel président de Région annonçait sa démission de la direction de la SEMAFF où il s’était fait élire en août 2011… En « prévision des municipales », laissait-il alors entendre… À la fin du mois de septembre 2013, c’est son successeur à ce poste qui rendait son tablier, arguant que « l’objectif » qui lui avait été assigné aurait été « atteint ». Et, comme le flou artistique n’est jamais un crime absolu, il précisait : « Le projet est réalisé, pas au sens administratif et juridique. »(F.A. du 07/10/2013). Dans quel sens alors ?

C’est aujourd’hui quelqu’un du « cercle personnel » du président de région qui prend les rênes d’une structure dont le néo-PPM voudrait soigneusement entretenir la culture d’opacité. Les secrets de famille seront donc bien gardés.

Ces mouvements incessants au sein de la SEMAFF et le choix du nouveau président sont révélateurs des errements permanents de l’actuel président de Région en matière de gestion des collectivités ou des satellites qui leur sont reliés.

En effet, la Chambre Régionale des Comptes avait déjà mis en exergue la gestion pour le moins calamiteuse de la SEMAFF. Aujourd’hui, la structure étant complètement ruinée, la ville de Fort-de-France n’a pas d’autre alternative que de faire appel à la SEMSAMAR pour tenter de terminer des travaux promis depuis les élections municipales de 2001, dans les  » 21 chantiers pour le 21ème siècle » qui ne sont pas plus sérieux que les « 5000 emplois en deux ans ».

En 2010, les dettes de la SEMAFF auprès des banques s’élevaient à 22 188 233 euros. Les dettes fiscales et sociales étaient de 1 160 317 euros. Quant aux dettes auprès des fournisseurs, elles atteignaient les 12 603 108 euros. Sur la seule année 2012, les pertes sont évaluées à 1,4 millions d’euros. Les effectifs de la société ont été réduits ou « redéployés ».

Face à ce désastre qu’il a lui-même « généré », la démarche du chef de file du néo-PPM avait d’abord consisté à tenter de fusionner la SEMAFF et la SEMAVIL, en nommant, début 2010, Max TANIC, directeur de la SEMAVIL, à la tête de la SEMAFF. Mais en mars 2011, sans la moindre explication publique, du jour au lendemain, il le congédiait. Le fait du prince ?

Aujourd’hui, il est question de transformer la SEMAFF en « SEM régionale ». Il s’agit manifestement d’une opération visant à masquer la faillite de la SEMAFF.

En avril 2012, le président de Région -qui était aussi, en même temps, le président de la SEMAFF- s’octroyait déjà une subvention d’un montant de 600 000 euros sous forme de compte courant d’associé en vue de l’augmentation du capital de la SEM. Cela n’a pas suffit à dissimuler les plaies béantes de l’incompétence. En 2013, c’est donc la somme de 1,4 millions d’euros qui a été votée par la Région, pour une nouvelle augmentation du capital de la SEMAFF. La participation du conseil régional est ainsi passée de 6,66% à 34,63%, ce qui en fait le premier actionnaire.

La SEMAFF est donc administrée dans la plus totale opacité. La nomination du nouveau président renforce cette impression désagréable. Il reste évident que le moment venu, il conviendra de faire la lumière sur la gestion de cette SEM. L’opacité ne saurait être la norme dans un pays dont on ne cesse de dénoncer les dérives. La transparence et l’éthique doivent constituer des exigences pour tous.

F. CAROLE

MARTINIQUE, Le 09 octobre 2013

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COMMUNIQUÉ DU PALIMA À PROPOS DE LA GRÈVE DE LA CFTU

Depuis plusieurs semaines, les usagers du réseau Mozaïk sont confrontés à une grève qui affecte lourdement leur quotidien.

L’organisation actuelle de ce réseau, avec ses co-traitants et sous-traitants est génératrice d’inégalités pour les salariés et d’insécurité pour les passagers.

Cette organisation, voulue par la CACEM et son délégataire la CFTU, portait en germe le conflit actuellement en cours.

Nous regrettons l’attitude de la CACEM, responsable de l’organisation des transports publics dans le centre, qui, par son laxisme, a laissé pourrir un conflit qui pénalise gravement les élèves, les travailleurs, les personnes âgées et l’ensemble des usagers.

Nous lançons un appel solennel pour que la CACEM et les municipalités concernées (dont celle de Fort-de-France) pèsent de tout leur poids politique pour que se réunisse de toute urgence une table ronde regroupant -sans exclusion- tous les acteurs du conflit afin qu’un protocole d’accord définitif soit signé immédiatement.

Pour le Comité Exécutif du PALIMA

Francis CAROLE

Fort-de-France

Le 30 septembre 2013

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CFTU : QUE LA CACEM PRENNE ENFIN SES RESPONSABILITÉS !

Ces derniers jours, incapables d’apporter un début de solution à la grève de la CFTU, les dirigeants du néo-PPM et leurs alliés tentent de faire diversion pour ne pas assumer leurs responsabilités vis-à-vis des usagers de Mozaïk, dans le cadre d’un service public indispensable à la vie quotidienne de nos concitoyens.

Le conflit serait « politique », prétendent-ils.

Mais s’il l’est, c’est dans le sens où il révèle l’incapacité du néo-PPM et de ses alliés à mettre en place un système de transports rationnel, efficace, sécurisé et à la hauteur des attentes de la population.

Et ce qui est mis à nu, c’est encore l’incompétence de ceux-là mêmes qui, sans avoir jamais donné un début de preuve de leur savoir-faire (ni à la mairie de F de F, ni à la CACEM, ni à la SEMAFF, ni à la Région) prétendent dispenser des leçons de bonne gestion aux autres.

Les responsables de la mairie de Fort-de-France et de la CACEM, plutôt que d’alimenter des polémiques aussi insipides que stériles, devraient peser de tout leur poids politique afin d’organiser, dans la plus extrême urgence, une table ronde regroupant tous les acteurs du conflit en cours et permettant de débloquer une crise qui n’a que trop duré.

C’est le minimum que l’on puisse attendre d’une instance politique chargée de l’organisation des transports dans le centre.

Francis CAROLE

Dimanche 29 septembre 2013

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Morne Calebasse : le rapport accablant que la Mairie voulait cacher

Le rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, intitulé « Les risques de mouvements de terrain sur le site de Morne-Calebasse à Fort-de-France (Martinique) », a été publié dès juin 2013, après une mission qui s’est déroulée les 22, 23 et 24 avril 2013.

DISSIMULATION D’INFORMATIONS

Pourquoi la municipalité de Fort-de-France a-t-elle caché ce rapport au public ?

Quels motifs ont conduit la municipalité néo-PPM à dissimuler les conclusions de cette expertise des travaux de Morne-Calebasse y compris aux riverains, par ailleurs victimes de la catastrophe de mai et août 2011 ?

Même l’association des riverains, trois mois après la publication de ce rapport, n’en avait pas été informé par la mairie !

Il a fallu la vigilance et la persévérance d’un habitant du quartier, géotechnicien, pour accéder à ce document et le porter à la connaissance de la presse et du public.

Cette volonté d’opacité constitue une faute politique grave et un manque de considération manifeste pour les familles victimes de ce glissement de terrain.

Dans nos fonctions de conseiller régional, en juin 2013, nous avions exigé que ce rapport soit rendu public et exprimé nos inquiétudes à propos des travaux en cours :

« Nous investissons des sommes importantes pour les travaux de Morne-Calebasse : 2 500 000 euros pour la phase 2 et, dans cette même plénière, 1 024 827,98 pour la phase 3.

Point n’est besoin de préciser que nous sommes favorables à l’accompagnement financier de la ville par la Région. Nous devons néanmoins avoir un regard attentif sur ce chantier, car il s’agit à la fois de l’argent public et de la sécurité des personnes.

En effet, la difficulté essentielle qui se pose dans la réalisation de ces travaux, c’est celle de la maîtrise de l’eau.

Toute cette zone, de l’entrée de la route de Moutte jusqu’au COPES, se trouve sur un bassin versant parcouru par des nappes d’eau. Les anciens du quartier se souviennent d’ailleurs des mares situées à proximité de « La Charmette ». En 1993, quelques mètres plus loin, dans le même secteur, à Terrain Populo, un important glissement se produisait déjà, entraînant la destruction de plusieurs habitations et des déplacements douloureux de personnes âgées.

Ce phénomène, s’il n’est pas correctement maîtrisé, risque, à terme, de déstabiliser toute la colline, avec les conséquences que l’on imagine.

D’ailleurs, les bureaux d’études en géotechnique qui se sont penchés sur cette question sont en désaccord sur le fait de savoir si tout danger est écarté.

Ainsi, l’un d’eux, dans un rapport en date du 18 juillet 2012, conclut en ces termes :

« A partir de l’exploitation des piézomètres et des résultats des mesures de conductibilité, il nous semble prématuré d’exclure la présence d’une nappe d’eau. »

Nous ajoutons qu’une commission ministérielle d’experts a, à partir d’avril 2013, pendant trois jours, procédé à une analyse technique des travaux en cours. La Région a-t-elle été destinataire du rapport de cette commission qui devait être remis dans les trente jours ? Pour notre part, nous demandons que ce rapport soit rendu public. »

DES ÉTUDES TECHNIQUES DÉFAILLANTES

Le rapport s’interroge sur le classement en « zone jaune », dans le PPR de 2004, du secteur concerné par le glissement de terrain :

-« Les événements de 2011 tendraient-ils à mettre en cause le zonage de 2004 et la méthodologie adoptée à l’époque ? »

-« Dans le projet de révision de 2012 ( du PPR), la zone de Morne-Calebasse est encore classée en alėa moyen pour les mouvements de terrain. On peut s’étonner que l’emprise du grand glissement n’ait pas été placée en zone rouge dans laquelle les nouvelles constructions à usage d’habitations sont interdites, d’autant que le règlement de cette zone orange reste léger ».

Le rapport pointe de lourdes défaillances dans les études techniques ayant servi de base aux travaux en cours :

-« On peut noter cependant que les essais simples d’identification des sols sont peu nombreux, que les mesures inclinométriques sont souvent de mauvaise qualité et que les mesures piézométriques sur tube ouvert ne permettent pas de détecter en général s’il y a plusieurs nappes »;

-« les conditions hydrogéologiques, malgré un nombre important de données, ne sont pas suffisamment bien cernées »;

-« la méconnaissance des conditions hydrauliques du sous-sol rend difficile la détection des zones ou des arrivées d’eau souterraine importantes pouvant déclencher de nouvelles coulées »;

-« dans un compte rendu de visite du 8 mai 2011, le BRGM a présenté une « cartographie approximative du glissement et une estimation approximative de sa propagation éventuelle ». Il est regrettable qu’un travail plus approfondi n’ait pas été mené pour préciser cette cartographie, tenant compte des reconnaissances effectuées depuis, de sorte que les autorités n’ont aujourd’hui à leur disposition que ce seul document ».

Un annexe du rapport (le « Rapport géotechnique de Dominique Batista/CETE-Méditerranée) précise :

-« Ce scénario vraisemblable de nappe captive sous les argiles à blocs n’a pas été étudié malgré l’existence de sources thermales profondes recensées. Il convient de noter qu’aucune mesure de perméabilité n’a été réalisée alors que l’hydrogéologie constitue l’origine même de ce phénomène »;

-« Dans les notes d’exécution, il semble que la cohésion des argiles soit uniquement négligée sur la surface de glissement. Cette démarche nous paraît dangereuse, car elle ne permet pas d’anticiper des potentiels extensions du glissement »;

– » Compte tenu des incertitudes relatives à la lithologie, aux niveaux d’eau et aux caractéristiques des sols, il nous paraît regrettables qu’aucun calage de stabilité n’ait été réalisé sur les profils de calculs. »

LES TECHNIQUES DE STABILISATION ET DE DIMENSIONNEMENT MISES EN QUESTION

Le rapport du Conseil Général de l’environnement et du développement durable n’est pas moins sévère sur l’appréciation des travaux en cours :

-« La solution d’un terrassement avec une pente finale de 11-13 est une solution extrême, insuffisamment étayée. D’autre solutions de stabilisation, en particulier au pied du glissement, n’ont pas été étudiées, alors que le glissement s’est probablement développé à partir de l’aval, par régressions successives »;

-« Il est cependant difficile de valider totalement les dimensionnements réalisés par les bureaux d’études. Le calage initial est imparfait, des approximations importantes sont faites »…

-« Pour ce qui est de la RD 48, les parois cloutées, avec des clous de grandes longueur assurent une bonne stabilité de la plate-forme. Toutefois cette stabilité pourrait être remise en cause si le drainage, obtenu par un réseau dense de drains et barbacanes, perdait son efficacité (colmatage) et laissait la nappe remonter au-dessus d’une côté limite ».

Le rapport géotechnique du CETE-Méditerranée ajoute :

-« Le contexte hydrogéologique et les niveaux (ou pressions) d’eau à l’origine du glissement ne sont pas totalement maîtrisés ».

Ces analyses confirment donc nos interrogations, exprimées lors de la plénière du Conseil Régional du 18 juin 2013.

LES RECOMMANDATIONS DE LA MISSION

Tout en affirmant qu’il n’est pas question de revenir sur ce qui a été fait, la mission fixe un certain nombre de recommandations :

-« Pour ce qui est de la dernière phase des travaux, non encore financée, la mission recommande que des solutions alternatives soient étudiées, en mettant l’accent sur le drainage plutôt que sur des mouvements de terres considérables. Pour optimiser et fiabiliser les solutions adoptées, une étude hydrogéologique approfondie doit être réalisée et le suivi inclinométrique doit être renforcé ».

-« S’agissant du risque de coulée de boue, clairement surévalué, la mise en place d’une barrière de protection, permettant de réduire à très court terme la zone d’évaluation, est suggérée »;

-« Dans une perspective de traçabilité et de sécurité juridique, la mission recommande que soient formalisés les critères d’évacuation et le processus de décision »;

-Il est recommandé de « conditionner les subventions de la phase 3 à une optimisation technique et économique, en fonctions des recommandations techniques faites dans le rapport »;

-« La révision du PPR, actuellement à l’enquête publique, doit être menée à son terme. Le secteur mobilisé par le glissement doit être rendu inconstructible ».

Telles sont donc les grandes conclusions de ce rapport que nous avons voulu soumettre à la lecture du plus grand nombre.

F.C.

Fort-de-France Lundi 23 septembre 2013

Mise en avant

LA DEROUTE FINANCIERE DE FORT DE FRANCE

La situation financière de Fort de France n’a cessé de se dégrader depuis 2001.

Le budget de la Ville de Fort-de-France oscille entre 180 et 190 Millions d’euros (M€). Pour le fonctionnement il est dépensé environ 140/150 M€ et 40/45 M€ pour l’investissement. 

C’est par importance le 3ème budget des Collectivités en Martinique après le Département et la Région.  La ville a une dette considérable de 214,4 millions d’euros en 2011 (Chiffre 2012 non communiqué), malgré des taux d’imposition record.

 Serge Letchimy, en prenant la succession d’Aimé Césaire en 2001, avait pourtant pris l’engagement de redresser la situation. Or la Ville a été à nouveau fréquemment en déficit ces dix dernières années. Non seulement la situation ne s’est pas améliorée, mais à certains égards (endettement), elle s’est aggravée.

 

Pas d’amélioration en dix ans : Un surendettement qui s’aggrave

La Chambre régionale des comptes (CRC), organisme juridictionnel indépendant, a examiné les comptes de Fort-de-France de 2004 à 2010 et son rapport  a été rendu public en janvier 2012. Son jugement est particulièrement sévère sur l’essentiel de la période du mandat de l’actuel président de Région et de son remplaçant. Voici un résumé de ses appréciations :

 

      « Lacunes dans la fiabilité et la transparence » des comptes qui ne donnent pas « une image de la situation financière strictement conforme à la réalité » : Cette absence de transparence en réalité vise surtout à masquer la mauvaise gestion.

 

      Pas d’amélioration de la gestion de la ville et du redressement sur la décennie 2000 en ce qui concerne les deux  indicateurs considérés comme « fondamentaux » par la CRC , à savoir  les masse salariale et l’endettement :

·        d’une part, en 2000 les charges de personnel représentaient 55,74 % des charges totales ; en 2012, les frais de personnel sont de 68 % des charges totales. La politique d’incitation au départ à la retraite n’a pas empêché la masse salariale d’augmenter (+13,4 % en 2012 par rapport à 2002) car la municipalité a continué à embaucher plus que les départs à la retraite. La masse salariale a été de 98,7 millions d’euros en 2012 contre 86,2 millions d’euros en 2002. Par clientélisme ?

·        d’autre part, l’endettement en pourcentage des produits de fonctionnement était de 103,54 % en 2000, soit 165,9 millions d’euros de dettes  et 1740 € par habitant alors qu’en 2010 il est monté à 142,89 % de ces produits, soit 215,6 millions d’euros de dettes et 2363 euros par habitant. Pour les villes comparables en France (moyenne de la strate de 50 000 à 100 000 habitants), l’endettement par habitant est de 1 209 euros, soit près de la moitié.

En dix ans, l’endettement à Fort-de-France a augmenté de 35,8 % ! En 2011, on est à 214,4 Millions d’euros.

 

C’est en raison de sa mauvaise gestion faite de gabegie (aucune capacité d’autofinancement nette) que la municipalité est obligée de recourir exclusivement à l’emprunt pour les investissements et même pour payer la dette. L’annuité de la dette coûte 233 € (dont 90 € d’intérêts payés aux banques) à chaque foyalais en 2011.

Pour 2013, année pré-électorale, pratiquant la fuite en avant, la municipalité a augmenté l’emprunt de 12 millions d’euros en 2012 à 18 millions d’euros en 2013 (soit + 38,4 %) pour financer des dépenses démagogiques.

 

Des déficits fréquents

      Des résultats comptables « souvent négatifs » (déficits) entre 2004 et 2010 : particulièrement en 2006, 2008 et 2009 (déficit). En 2011, il y a encore eu un déficit.de 12,1 M€. Subitement en 2012, la municipalité affiche fièrement qu’il y a un « excédent »  de 1,7 M€ et proclame que FDF « n’est pas en déficit ». Mais cela résulte d’un artifice de présentation pré-électoral.

 

Une pression fiscale écrasante

      Malgré tout, la pression fiscale a fortement augmenté. Les taux d’imposition sont à des niveaux record (23,95 % pour la taxe d’habitation) en dépit de la légère baisse de 2008 (moins de 1 point). Par contre, les bases d’imposition ont été fortement relevées (+ 40 %) ainsi que le nombre des assujettis sur la décennie. Les impôts locaux sont donc passés de  329 € par habitant en 2002 à 477 € par habitant en 2011, soit plus 45 %.

             

Des délais de paiement aux entreprises démentiels

      « Une trésorerie parfois tendue » qui entraîne des délais de paiement aux entreprises particulièrement longs : en 2008, par exemple, le délai global de règlement était de 105,3 jours alors que le délai légal est de 45 jours. Cela est catastrophique pour les fournisseurs de la Ville.

 

Malgré le bilan négatif, le changement est possible

La pression fiscale exorbitante est un des facteurs qui a fait baisser la population de la ville (de 95 405 habitants en 2004 à 88 623 au 1er janvier 2013), ce qui entraîne une baisse relative des ressources et engendre un endettement excessif qui oblige en retour à maintenir des taux d’imposition élevés pour payer la dette et garantir les emprunts et parfois à ralentir, voire baisser, des investissements (travaux), comme en 2010. Un véritable cercle vicieux qu’il faut briser.

Il faut changer radicalement de mode de gestion en alliant rigueur et justice sociale et  en s’attachant à des projets à taille humaine, sans licencier personne. Au lieu de dépenses de prestige et démagogiques. Il faut surtout avec courage arrêter le gaspillage et la gabegie et faire des choix populaires.

 Sans exonérer l’Etat français de ses obligations, on peut gagner des ressources sur le fonctionnement tout en améliorant les services rendus et renforcer les dépenses d’aménagement au bénéfice de la population. Il faudra payer les fournisseurs, ce qui permettra de renégocier en baisse les prix des achats tout en soutenant l’activité économique et l’emploi. .

Il est possible de dégager progressivement de nouvelles marges de manœuvre pour redonner à nos quartiers leur âme, revivifier le centre-ville.

 

Texte de l’UNION POUR LE CHANGEMENT A FORT DE FRANCE

Septembre 2013

 

Mise en avant

Fort de France : La politique du fait accompli

La ville de Fort de France aménage  son territoire  selon  une méthode  contraire à l’intérêt de ses habitants les plus nécessiteux.

 

Les cas de la Cité BON AIR et des habitants de la zone de la TROMPEUSE  offrent  des preuves  d’une philosophie et d’une stratégie fatales  aux foyalais  concernés.

Il s’agit  de faire des projets sans concertation avec la population  et de se donner ensuite tous les moyens  de la  convaincre de libérer la place sans trop de « vagues » :  Evocation de critères de responsabilités  institutionnelles,  de l’incapacité des gens  à se prendre en charge raisonnablement ,  stratégies de communication ,  réunions  en grande pompe, langage  tour  à tour doucereux ou technique,  utilisation  de technologies  nouvelles, multiplicité d’interlocuteurs. …  La finalité est  d’embrouiller  suffisamment  les gens  pour leur demander  de constituer un dossier afin de  « traiter  individuellement » la question de leur  « relogement ».

Ces projets portants  des  titres pompeux  « ECO quartier »  pour BON AIR, « Haute Qualité  Environnementale » pour La Trompeuse sont   concoctés, structurés   en amont  avec  montage financier  et technique  avant d’être  présentés  aux habitants.

A Cité  BON AIR,  la  mairie au prétexte   que   les habitants  n’avaient  pas   fait le  nécessaire pour l’entretien  de la Cité, se  dit  obligée, dans sa grande  bonté,  de prendre la main.

 Ainsi,  les  propriétaires se voient proposés  des sommes dérisoires  pour s’en aller  ou encore s’ils en ont les moyens, ils devront se porter acquéreurs   d’appartements de haute gamme. Beaucoup de personnes âgées   ou de personnes   aux  revenus modestes se trouvent face à de terribles dilemmes. Aujourd’hui, le cas de 200 familles est en  suspens.

 A la Trompeuse, des habitants,   implantés dans  le quartier depuis   47 ans pour  certains, cas à la Pointe des Sables,   se sont retrouvés enclavés  entre l’usine  d’incinération  et la décharge   sur un terrain  non viabilisé  malgré les  luttes  menées  depuis les années 1998  jusqu’à nos jours  , preuve  que des projets prévoyant l’expulsion des habitants avaient été  prévus de longue date .

Une réunion a eu lieu  le 30  Août  dernier  et en présence de la mairie ,  la CACEM  a  dévoilé ses projets pour la TROMPEUSE (construction d’un entrepôt pour les bus) devant une assistance  qui a tout de suite manifesté   son refus  d’être déplacée  sous quelque prétexte que ce soit.  Elle a répondu avec  un réalisme   et  une détermination  qui  ont  cloué sur place  aussi bien la mairie que  la CACEM :

-qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle n’avait pas été impliquée  avant

-qu’elle  ne comprenait pas pourquoi la mairie avait vendu le terrain à la CACEM  sans qu’elle soit informée

-qu’elle ne se sentait pas plus en danger  sanitaire  ou autres que les habitants de Dillon et des environs, comme  prétendu,

 -que l’insalubrité ambiante pouvait être  résolue par la mairie si elle le voulait,

-qu’elles devaient lui expliquer en quoi son implantation dérangeait les plans de la CACEM

-que ses droits devaient être respectés de toutes les façons.

 Quelles sont les conséquences  de ces désastreuses  manœuvres ?    Les habitants  les plus fragiles cèdent rapidement et acceptent  les montants proposés  ou  des relogements contre leurs intérêts   alors que les autres,  conscients de leur force, se constituent en association de   défense.

Les habitants de Fort de  France réalisent  de plus en plus qu’ils doivent  se mobiliser pour se défendre  contre une telle pratique politique  qui leur est  extrêmement défavorable. 

Mise en avant

LES DÉFIS DU CHANGEMENT A FORT-DE-FRANCE

 

DECLARATION DE FRANCIS CAROLE

AU NOM DE L’UNION POUR LE CHANGEMENT A FORT-DE –FRANCE

Je souhaite tout d’abord remercier chaleureusement les organes de presse qui ont bien voulu répondre à notre invitation.

Je tiens aussi à remercier de leur présence les membres de notre bureau et de notre Conseil d’Administration.

Permettez-moi enfin de saluer les nombreux amis qui nous ont rejoints ainsi que les représentants des partis fondateurs de l’UNION POUR LE CHANGEMENT A FORT-DE-FRANCE.

Comme l’a rappelé Clément CHARPENTIER-TITY,  en mars 2013 nous vous avions conviés au premier grand rassemblement de l’UNION,  à MOUTTE.

Six mois après, et à six mois des  élections municipales des 23 et 30 mars 2014, nous avons jugé nécessaire de vous rencontrer à nouveau. Les six mois qui se sont écoulés, vous le savez, ont été des mois d’intenses activités de notre mouvement dans les quartiers de Fort-de-France. D’activités mais aussi de réflexions pour préparer l’avenir.

« DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR »

D’abord, la tragi-comédie, d’ailleurs très médiatisée, qui se joue au néo-PPM   n’aura échappé à personne. Il nous est donné en spectacle le remake politique de « Devine qui vient dîner ce soir ».

En effet,  à six  mois d’échéances importantes, la direction de ce parti ne sait à quel saint se vouer et ne cesse de repousser la date de désignation de son candidat. C’est manifestement le signe d’un profond malaise politique et d’une inquiétude certaine que des  cadres du néo-PPM ont publiquement exprimés, il y a quelques semaines.

Dans ce théâtre d’ombres, l’actuel président du conseil Régional, comme il en a l’habitude à chaque élection, utilise les mêmes stratagèmes éculés pour tenter de créer un suspens autour de sa probable candidature : « je viens; peut-être; un peu; beaucoup;  pas du tout; mais quand même »…  Notre conférence de presse de ce matin l’aidera, nous n’en doutons pas, à prendre sa décision…

Un tel comportement mériterait sans doute les honneurs d’une émission de télé réalité que l’on pourrait intituler : »Dis-moi que tu me désires ». Mais les électrices et les électeurs de la capitale éprouvent-ils encore quelque désir pour quelqu’un qui a sollicité leurs suffrages pour aussitôt démissionner ?

Pour notre part, les choses sont simples : quelque soit le candidat du néo-PPM, nous l’affronterons et nous mettrons  tout en œuvre pour, avec une forte mobilisation des électrices et des électeurs de Fort-de-France, le battre au soir du 30 mars 2014.

LES DÉFIS DU CHANGEMENT

La situation catastrophique de la capitale et la gestion hasardeuse de la « nouvelle gouvernance » à la Région   -expression, dans les deux institutions, d’une réelle incompétence-  éveillent  une puissante volonté populaire de changement dans la capitale. Jamais la possibilité d’un changement de cap de la capitale n’a été aussi grande.

L’instrumentalisation constante et caricaturale de l’image prestigieuse de Césaire ne modifiera pas cette nouvelle donne. Les Foyalais et les Martiniquais éprouvent  un profond respect à l’égard Aimé CÉSAIRE. Mais ils font la différence entre l’immense poète et les rentiers qui lui ont succédé.

La Convention des Quartiers sera l’occasion d’exposer notre  projet pour la ville -car la bataille devra être gagnée sur un projet- mais nous avons souhaité, aujourd’hui,  exposer quelques uns des défis du changement qui concernent directement les Foyalais.

1-     D’abord,  redresser les finances de la ville

Ce sont ceux qui ont succédé à CÉSAIRE qui, pour l’essentiel,  portent la responsabilité de la déroute financière actuelle, avec une dette considérable de 214,4 millions d’euros en 2011, malgré le taux record d’imposition. La ville, durant les dix dernières années a été fréquemment en déficit et l’endettement s’est aggravé. Il a augmenté de 35,8% en dix ans !

Pour 2013, année pré-électorale, pratiquant la fuite en avant, la municipalité a augmenté l’emprunt de 12 millions d’euros en 2012 à 18 millions d’euros en 2013, pour financer des dépenses démagogiques.

La pression fiscale quant à elle n’a cessé d’augmenter, écrasant les familles foyalaises. Les taux d’imposition eux aussi atteignent des niveaux record : 23,95% pour la taxe d’habitation. Les impôts locaux sont passés de 329 € par habitant en 2002 à 477 € en 2011, soit une augmentation de plus de 45%.

Cette pression fiscale a conduit à une baisse importante de la population foyalaise qui est passée de 95405 habitants en 2004 à 88623 au 1 er janvier 2013, privant la ville, de ce fait même, d’un certain nombre de ressources.

Il nous faut aussi souligner l’attitude absolument intolérable et irresponsable qui consiste à allonger démesurément les délais de paiement aux entreprises et aux fournisseurs de la ville, entraînant parfois des liquidations d’entreprises.

Bien entendu, nous devrons d’abord procéder à un audit pour avoir une photographie exacte de la situation financière de la ville en 2014. Notre ambition consiste à mettre un terme à cette gestion calamiteuse sur la base de choix au bénéfice de la population. Il faudra payer les fournisseurs en temps et en heure et parvenir, à terme, à freiner puis à réduire le poids de la pression fiscale.

Par ailleurs, dès 2015, rompant avec les pratiques actuelles, nous amorcerons la mise en œuvre d’un Budget  Participatif. Les Foyalaises et les Foyalais seront donc acteurs et auteurs des orientations que nous définirons pour nos quartiers, le centre-ville et le développement global de la ville.

2 – Mettre en place de véritables projets de quartiers

Il s’agit d’un autre défi que nous devrons relever.  Ce sont, bien entendu, des défis d’aménagement. Mais ce sont aussi et surtout les défis du vivre mieux ensemble. Nous mettrons donc en place de véritables à Projets de Quartiers élaborés avec les habitants, en prenant en compte toutes les catégories d’âge et en améliorant la présence effective de la municipalité et des élus municipaux, ainsi que la plus grande sécurité possible.

Tous les quartiers et tous les administrés devront être traités avec le même respect et la même sollicitude. Ainsi, il n’est pas acceptable qu’un quartier comme La Médaille ne soit pas desservi par les services de transports publics de F de F.

3 – Redonner vie et dynamisme au centre-ville

Le centre ville est à lui seul un plaidoyer pour le changement. C’est un centre-ville à l’agonie. Ce qui avait été présenté comme les joyaux de la couronne -la tour de la Pointe Simon et le Centre Perrinon- s’est transformé en radeau de la Méduse. Les commerces du centre ville sont décimés. Le secteur artisanal et les professions libérales sont eux aussi victimes de la gestion désastreuse du centre de notre capitale. L’exode vers d’autres horizons s’accélère. Nous devrons, à l’évidence, intervenir sur les questions du stationnement, de l’animation,  de la sécurité, de l’accompagnement des acteurs de cette partie de la ville  pour tenter de lui redonner souffle et dynamisme.

Mais, au-delà, c’est sur les questions de l’attractivité de  la capitale et du rôle que celle-ci doit jouer par rapport à l’ensemble du pays qu’il convient de développer des réflexions nouvelles et de prendre des initiatives innovantes pour en faire une ville dynamique, une ville solidaire et une ville d’avenir.

UNE NOUVELLE VISION DE FORT-DE-FRANCE S’IMPOSE. IL NE S’AGIT PAS SIMPLEMENT DE RÉPÉTER  COMME UNE LITANIE, A LONGUEUR DE DISCOURS, « VILLE CAPITALE, VILLE CAPITALE »  POUR RÉPONDRE AU DÉFI D’UNE CAPITALE ASSUMANT PLEINEMENT SON RÔLE ET SES FONCTIONS.

IL Y A LÀ UN VASTE CHANTIER DE RÉFLEXION ET D’ACTIONS AUQUEL NOUS ASSOCIERONS TOUS LES FOYALAIS ET TOUS LES MARTINIQUAIS QUI LE SOUHAITENT.

Les autres aspects de notre projet (éducation, développement, culture, personnes âgées…) seront développés largement à l’occasion de la Convention des Quartiers.

POUR UNE RECONSTRUCTION SOCIÉTALE

Nous ne saurions clore cette conférence de presse sans une réflexion  sur la « logique du pourrissement » qui semble s’installer dans notre pays et qui transcende les problématiques municipales.

En effet, les événements de ces derniers mois, tant dans notre ville qu’à l’échelle de la Martinique, sont, malheureusement, venus confirmer ce que nous ne cessons de dire depuis des décennies : le tissu social se dégrade dangereusement et alimente la montée des violences et des dérives les plus graves.

C’est un phénomène ancien et désormais profondément enraciné dans la société martiniquaise. Il ne nous vient pas de l’extérieur ! Il nous vient de nous-mêmes…en tout cas pour l’essentiel. Il se nourrit des fragilités économiques, sociales, culturelles, morales et historiques de notre pays.

Il  y a plus d’une vingtaine d’années, nous avions consacré notre campagne des législatives à cette question. Il y a plus de 20 ans !!! En 2004, au conseil général, je proposais, avec le soutien du président du conseil général, Claude lise, le dispositif : PROJET EDUCATIF ÉCOLE-FAMILLES-QUARTIERS qui constituait une partie des réponses possibles aux phénomènes que nous connaissons aujourd’hui.

Le phénomène auquel la Martinique est confronté aujourd’hui, on l’a souvent rappelé est systémique. Il touche à la situation sociale et économique, il touche à l’éducation, il touche à la gestion du territoire, il touche à nos repères, à nos représentations culturelles et symboliques.

Beaucoup d’acteurs associatifs se sont investis dans cette bataille, depuis plusieurs années. Et je veux saluer ici cette action salutaire. Je pense par exemple à l’UPEM, à des associations de quartiers, à l’action des artistes et de nombreuses autres bonnes volontés.

Mais il faut sortir des réactions par à coups, chaque fois que l’inacceptable s’invite sur les écrans de télévision. Il faut  sortir des actions isolées, contre un fléau qui, lui, est global. Il faut sortir du court terme contre un processus qui, lui, s’inscrit dans le long terme.

ENFIN, ET JE LE DIS SEREINEMENT, IL FAUT IMPÉRATIVEMENT SORTIR DE L’INSTRUMENTALISATION POLITICIENNE D’UN MAL SOCIETAL QUI MENACE L’AVENIR MÊME DE NOTRE PEUPLE.

IL NOUS FAUT SAVOIR FAIRE FRONT COMMUN CONTRE UN MAL QUI NOUS EST COMMUN.

Il faut élaborer, non pas une liste d’actions sans cohérence et déconnectée  d’un diagnostic en profondeur, mais une véritable stratégie de construction ou de reconstruction  de notre tissu sociétal.

Cette stratégie partagée doit s’inscrire dans le long terme. Sur, au moins, une quinzaine d’années.

Elle doit englober : l’action institutionnelle, les familles, l’école, le tissu associatif, le monde de l’entreprise, les médias, les églises.

TOUT LE MONDE DOIT ÊTRE IMPLIQUÉ ET CHACUN, A SON NIVEAU, DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, AVEC L’ASSURANCE D’ÊTRE SOUTENU PAR TOUS LES AUTRES.

IL FAUT DONC UN SURSAUT MARTINIQUAIS QUI POURRAIT S’ARTICULER, A TITRE INDICATIF, AUTOUR DES AXES SUIVANTS :

  1. Se donner les moyens d’une lutte efficace contre les trafics d’armes et de drogue qui sont souvent liés. L’opération «Déposez les armes », expérimentée ailleurs,  demeure néanmoins insuffisante face à la gravité de la situation.
  1. Développer une action massive afin de sortir de l’inactivité et du désespoir un maximum de jeunes, par la formation, l’emploi ou l’accompagnement de leurs projets. Des brigades  d’éducateurs de rues avec des objectifs et des moyens devraient servir de relais à cette démarche de terrain.
  1. Renforcer l’action favorisant la réussite scolaire et l’éducation,  en améliorant les prises en charge, par un personnel dédié, des élèves, au sein des établissements scolaires et dans les quartiers. Le Projet Éducatif École-Familles-Quartiers, qui a déjà fait ses preuves, pourrait constituer un dispositif efficace dans ce domaine. Il conviendrait alors de l’instituer dans tous les établissements scolaires, du primaire au lycée.
  1. Renforcer dans les quartiers les politiques sportives, culturelles et éducationnelles en direction des jeunes.
  1. Rendre plus performantes les politiques  d’accompagnement des familles.
  1. Impliquer les médias dans l’action globale de reconstruction sociétale.
  1. Construire un modèle social,  une alternative de développement, des valeurs, des repères culturels et moraux et une manière de vivre ensemble qui redonnent à notre jeunesse et à notre société  confiance, espoir et force d’assumer le présent et le futur.

Cette ambition doit être partagée par tous les Martiniquais. Et la question doit être pour nous tous : « Comment puis-je participer à cette reconstruction collective ? »

Tels sont, mesdames et messieurs les journalistes, chers amis, les quelques points dont nous souhaitions vous entretenir à l’occasion de cette conférence de presse. D’ores et déjà, nous appelons à la Convention des Quartiers que nous organiserons en novembre dans l’objectif de présenter notre projet de ville.

Merci de votre attention.

Francis CAROLE

Conférence de presse du samedi 14 septembre 2013

Mise en avant

PROGRAMME DE LA COMMEMORATION DE SEPTEMBRE 1870

APPEL AU PEUPLE MARTINIQUAIS

Du Samedi 14 Septembre

au Dimanche 22 Septembre 2013

 

 

Martiniquaises,
Martiniquais,

En cette année 2013, nous appelons le peuple martiniquais au rassemblement pour honorer nos héros de 1870, prendre en charge collectivement cette commémoration nationale et agir pour Lévé Matinik pli wo.

Samedi 14 Septembre 2013

Rencontre – débat Kabéché Ô porte d’Afrique, 20 rue Fontaine Gueydon à Fort-de-France de 11h30 à 13h00,  » Les idées fortes de l’insurrection du Sud de Septembre 1870 avec Marie-Hélène LEOTIN – Hervé ZENOKI – Alex FERDINAND. Diffusée sur radio APAL.

Dimanche 15 Septembre 2013

06 H 30 Marche guidée vers Croix Codé :

Départ Place Madeleine CLEM, Rivière-Pilote (Retour assuré en bus) Se munir de chaussures de marche, chapeau et eau.

à partir du Lundi 16 Septembre 2013

Exposition à la salle Lumina Sophie du Centre Associatif de Rivière-Pilote

à partir du Vendredi 20 Septembre 2013

ExpositionExpositions et échanges avec José CLAVOT au Syndicat d’initiative de Rivière-Pilote

Vendredi 20 Septembre 2013

18h30, Messe en la mémoire des insurgés
19h30, la rencontre débat avec Christine CHIVALLON – Armand NICOLAS – Gilbert PAGO en présence d’autres invités et des descendants des familles des insurgés se déroulera à la salle Lumina SOPHIE à Rivière-Pilote

Samedi 21 Septembre 2013

9h00, Rassemblement pour dépôt de gerbe sur la stèle en hommage aux fusillés de septembre 1870 à Desclieux Fort de France près de la Maison des Syndicats,

10h00 – 12h30, signature de l’ouvrage de Christine CHIVALLON à la librairie ALEXANDRE à Fort de France.

19h30, Retraite aux flambeaux

Soirée artistique : Djo DESORMO et PALANTCHÉ en grande formation de Léon SAINTE-ROSE au Marché couvert de Rivière-Pilote

 

Dimanche 22 Septembre 2013

10h00, Inauguration d’une statue en mémoire de l’épopée, au bourg de Rivière-Pilote projet municipal et communautaire

Émissions en direct sur Radio RLDM

Concours dans les collèges et lycées:

Remise des œuvres et questionnaires en décembre 2013

Remise des prix avant le carnaval 2014

 

A.P.M.  C.N.C.P. MIM  MODEMAS  PALIMA  PCM  RDM

Lévé matinik pli wo !

Mise en avant

SOLIDARITE AVEC ALBERT MONGIN

COMMUNIQUÉ

SOLIDARITÉ AVEC ALBERT MONGIN

Depuis plus d’une dizaine d’années  la municipalité du François et les représentants de l’Etat se livrent à une lutte sans merci contre Albert MONGIN. Leur l’objectif,  lui interdire  la poursuite de son activité touristique sur l’îlet OSCAR et la survie de son entreprise.

Aujourd’hui devant cette obstination à vouloir  ses installations,  Albert MONGIN à entamé depuis le 05 septembre une grève de la faim.

Au-delà de la persécution qui est faite à Albert c’est  aussi  quelques 20 emplois permanents et saisonniers  qui sont menacés de suppression mettant en difficulté des pères et des mères de familles dans un contexte social et économique déjà difficile.

Nous, Les patriotes du François avec Alfred MARIE-JEANNE nous avons été aux côtés d’Albert dès les premiers instants de cette lutte acharnées qui lui a été engagé e.

Aujourd’hui plus que jamais  nous condamnons ces agissements

Et nous  témoignons  à Albert toute notre solidarité.

Nous demandons à  toute les franciscaines, à tous les Franciscains et aux martiniquais de se mobiliser pour  que cesse cet état de fait et obtenir que Albert puisse poursuivre son activité qu’il a créée et qu’il exerce depuis plus de trente ans.

MIMOUVMAN FWANSWA

M-H LEOTIN

F. CARIUS

Mise en avant

GLORIYÉ SEPTANM 1870

Lévé Matinik pli wo !

 

 

Vers une légitime restitution

Depuis plusieurs dizaines d’années, un puissant mouvement de recherche et de reconnaissance de l’histoire Martiniquaise se développe. L’épais voile colonial qui tentait de présenter notre peuple comme une « population » sans histoire propre, est définitivement déchiré.

L’héroïque insurrection du sud, survenant seulement 22 ans après la révolution antiesclavagiste du 22 mai 1848, est aujourd’hui contée, analysée, chantée, célébrée……

Il est toujours nécessaire de rappeler les faits déclencheurs de cet important évènement.

Léopold LUBIN, jeune artisan originaire du Marin est injustement « cravaché » par un fonctionnaire français….Cet incident provoquera un mouvement d’une grande ampleur qui dépassera rapidement les « frontières » du sud du pays.

Cette insurrection sera durement réprimée par les autorités françaises avec la mise sur pied d’un « conseil de guerre » à cette occasion.

Armand NICOLAS, historien martiniquais , nous fournit un important témoignage du directeur de l’intérieur, exprimé en septembre 1863 , à propos de la misère qui régnait dans le pays à la veille des évènements : « les misères sont tellement nombreuses (…..) que ni les subsides des communes, ni les oeuvres multiples de la charité privée , ni les efforts des sociétés religieuses ne peuvent pourvoir , que dans une limite très insuffisante, au soulagement de l’indigence. » (sources : « L’insurrection du sud à la Martinique » d’A. NICOLAS publié en décembre 1970.)

Gilbert PAGO, autre historien martiniquais nous livrera les conditions d’injustice qui régnaient à cette époque en Martinique (Sources : « l’insurrection de Martinique 1870 – 1871 » de G.PAGO). : « Les nostalgiques de l’esclavage chez une importante partie des planteurs soutenus par le zèle des gouverneurs coloniaux réaffirmèrent les pratiques ségrégationnistes (…..). Dès lors, on imposa le travail forcé aux anciens esclaves, assorti de l’interdiction de changer de patron (…). On limita les déplacements en exigeant pour les travailleurs des passeports entre les différentes parties du pays. On instaura des camps d’internement dits « ateliers de discipline » pour les récalcitrants dans les pitons du centre de l’île ».

C’est dans ce contexte d’injustice et de racisme qu’éclate l’insurrection du sud ou encore de Martinique, durant les 22, 23, 24, 25, 26 septembre avec des conséquences qui s’étendirent jusqu’en 1871.

Dès lors, la volonté constante des autorités françaises a été de présenter les acteurs héroïques de ce mouvement comme de dangereux criminels. Et ce fut le seul son de cloche qui traversa nombre de décennies….

L’analyse qu’en fait Victor SCHOELCHER ( pourtant partisan de l’abolition de l’esclavage en 1848) nous éclaire sur l’idéologie dominante à cette époque chez les hommes politiques français : « Il y a trois ans, quelques malfaiteurs, profitant des désastres de la mère-patrie et favorisés par des circonstances fatales, levèrent l’étendard de la révolte. Leur soulèvement a été comprimé en peu de jours. Il n’a pu dépasser les limites du quartier où il aurait éclaté. Toutes les classes de la population ont fourni des volontaires pour l’y étouffer.

Ses chefs, au nombre de huit, ont payé leur crime de la peine capitale. Les malheureux qu’ils avaient égarés expient leur complicité au bagne et dans les prisons. (…) » (Sources : « l’esclavage, du souvenir à la mémoire » de Christine CHIVALLON, directrice de recherche au LAM-CNRS).

Répression et maintien des privilèges des gros planteurs furent donc les réponses des autorités.

Depuis quelques années, le travail de restitution historique, de réhabilitation du parcours et du sacrifice d’hommes et de femmes, souvent jeunes, luttant pour la justice, contre le racisme, fait de grands bonds en avant. C’est la fierté retrouvée pour leurs descendants directs et pour tout un peuple conscient du sens émancipateur de l’insurrection de Martinique avec la naissance d’un sentiment national.

Aujourd’hui enfin, on peut commencer à imaginer l’épopée de Louis TELGA, 45 ans, l’un des chefs de l’insurrection ( jamais retrouvé ) et de ses compagnons parcourant mornes escarpés, bourgs, campagnes, et portant bien haut l’idéal d’une autre Martinique…

Signataires : septembre 2013

APM – CNCP – MIM – MODEMAS – PALIMA – PCM – RDM

Lévé Matinik pli wo !

 

Mise en avant

COMMUNIQUÉ DU CNCP

COMMUNIQUÉ DU CNCP (Conseil National des Comités Populaires)

 

Nous prenons note que les personnes démissionnaires du CNCP depuis 2009, prétendent aujourd’hui avoir créé un nouveau CNCP.

Pour notre part, avec les outils et les moyens d’information dont nous disposons depuis plus d’une trentaine d’années, notre journal ASE PLERE ANNOU LITE, notre radio ASE PLERE ANNOU LITE, avec nos représentants élus au Conseil régional et dans différents Conseils municipaux, nous continuons à honorer sans faille les engagements contractés dans le cadre de l’unité des forces patriotiques et anticolonialistes, et dans l’intérêt supérieur du peuple martiniquais. Nous réaffirmons notre participation active au sein de l’Alliance des Patriotes martiniquais et Sympathisants, aux côtés du MIM, du PALIMA et du MODEMAS. Nous maintenons le cap pour amplifier le travail sur la question de l’éducation au sein des quartiers, des associations, des foyers ruraux, des bibliothèques et des établissements scolaires. Nous poursuivons également notre travail sur le plan culturel, économique, syndical et international.

Pour tracer sa voie sur le chemin de l’émancipation, le peuple martiniquais a besoin aujourd’hui de perspectives claires, d’unité et non de divisions.

 

Le Bureau du CNCP :

Joseph Dumbardon Martial – Roland Florentin – Marie Hélène Léotin – Alfred Maitrel – Josette Massolin – Edmond Mondésir – Christian Rétory

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SAINTE-LUCIE ADHÈRE A L'ALBA

Sainte-Lucie a adhéré à l’Alliance Bolivarienne  pour les peuples de l’Amérique (ALBA),  lors du douzième sommet de cette organisation qui s’est tenu le 30 juillet, à Guayaquil, en Équateur.

Créée sous l’impulsion du Vénézuela et de Cuba en 2005, l’ALBA regroupe désormais 9 États de l’Amérique et de la Caraïbe : Vénézuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua, Dominique, Équateur, Saint-Vincent et les Grenadines, Antigua-Et-Barbuda et Sainte-Lucie. L’ALBA cherche à développer une nouvelle conception de la coopération économique entre les pays qui en font partie. Dans un esprit de solidarité conforme à la vision qui a été portée par Hugo CHAVEZ,  elle a aussi mis en oeœuvre d’importantes actions sociales et éducatives.

Plusieurs invités spéciaux (Uruguay, Argentine, Brésil, Suriname, Guyana et Haïti) ont participé à ce douzième sommet qui a permis, parallèlement aux travaux des États,  la rencontre de plus de 200 organisations sociales qui ont traité de la souveraineté de leurs pays, de développement, de réformes agraires, ou encore des droits des peuples autochtones et des afro-descendants.

9 août 2013

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Entretien avec Frantz SUCCAB

Palima.org publie une importante interview de Frantz Succab, personnalité indépendantiste de Guadeloupe réalisée par le site Perspektives.
“Patriotisme guadeloupéen, un désir de s’appartenir qui se heurte à l’assimilationnisme”
Un colloque des patriotes guadeloupéens se tient ce dimanche 30 juin 2013 aux centre culturel Sonis, aux Abymes en Guadeloupe. Cette journée doit retracer 50 années de lutte pour la responsabilité politique des Guadeloupéens.  » Ce sera une journée studieuse, de convivialité militante et de libre parole » indique le comité d’organisation. Frantz Succab, l’un de ses membres a répondu à nos questions.

PERSPEKTIVES : Est-il exact que les idées de nation, d’indépendance, de patriotisme guadeloupéen ont émergé dans les années 60 sur le terreau du tiers-mondisme, de l’anticolonialisme, de la guerre froide, de la décolonisation de l’Afrique et du marxisme ?

FRANTZ SUCCAB:  » Je dois préciser que ce que je vais dire n’engage que moi. Je ne parle pas au nom de tous les patriotes qui, cela ne vous a pas échappé, sont d’une grande diversité philosophique.
On pourrait croire à travers votre question que ces  »  idées de nation, d’indépendance, de patriotisme guadeloupéen  » sont quasiment des produits d’importation. Je ne dirais pas les choses ainsi. Leur désir de s’appartenir est d’abord né chez les Guadeloupéens, en Guadeloupe même, dans une situation coloniale. Ils l’ont affirmé au fil de l’histoire dans des conditions presqu’impossibles, lentement ils ont cherché, en puisant en eux-mêmes, et aussi par la fréquentation des luttes d’autres peuples, les mots pour le nommer.
La vraie question, selon moi plus éclairante, est de savoir à quoi se heurte depuis toujours ce désir de s’appartenir : c’est évidemment à l’assimilationnisme français. Par conséquent, s’il faut chercher le plus petit sentiment qui puisse naître en opposition à l’assimilationnisme français, on trouve le patriotisme guadeloupéen comme sentiment premier : ne serait-ce que le vague sentiment d’être différent, né sur une terre et d’une histoire différentes.
Après que, durant l’esclavage, le christianisme au service du pouvoir temporel des propriétaires, avait rendu les nègres plus chrétiens que Christ même, l’idéologie de Lumières sous les républiques françaises successives, conduisit ces créatures de dieu, qui-donc étaient pétries de l’idée de ne pas s’appartenir, à se penser créatures de la Loi et, toujours à ne pas s’appartenir. Plus français que Parlement français même, sans la moindre idée qu’elles puissent s’auto-légitimer. Le nationalisme républicain français qui est l’essence même de l’assimilationnisme, a poursuivi à notre égard un extraordinaire travail de « déréalisation » : je suis le produit de la Loi et légitimé par elle, je suis conforme, j’attends qu’on m’accorde statut d’existence comme une indulgence et une gratification.
Pendant les deux guerres mondiales, des milliers de jeunes hommes, dont les pères étaient à peine affranchis (depuis seulement 66 ans en 1914) quittent leur pays dont ils n’ont même pas une vision complète (vu l’état des transports intérieurs à l’époque) pour aller  » défendre la patrie  » en Europe. Une patrie tout-à-fait abstraite, la France, instaurée dans les esprits au moyen d’une surdose de patriotisme français. La réalité coloniale était déjà en passe de devenir la grande illusion départementale
Outre le déracinement géographique du fait des guerres, puis encore plus massif en temps de paix par le truchement du BUMIDOM, dans les années 1960-70, il y eut pire : un déracinement symbolique, généralisé sur place, à grande doses de christianisme, puis de républicanisme nationaliste. Symbolique parce que ceux qui restaient encore hors de portée du dogme religieux, de la langue et de la culture françaises, étaient forcés de considérer cela comme une tare. Une existence de mécréant à double titre, sans Foi ni Loi, frayant avec diable, diablesse, soukougnan, gadedzafè… Tout cela résumé dans des expressions encore usités : nègmawon, nèg-bitasyon ou vyénèg. »

Une stature à trouver

« 
Le christianisme et le républicanisme en tant que tels, à travers leurs dogmes voisins, ont façonné le guadeloupéen par cette pathologie qui consiste à ne pas s’appartenir. Façonné de la sorte, c’est presque naturellement que l’esclave affranchi fit siennes les valeurs de la république et de l’école, comme de la religion même, en tant qu’ultime planche de Salut.
Comment exister, se penser et se vouloir quand on est forcé de ne pas se vivre au vu et au su du monde, dans ce pays où l’on vit, où l’on est né, où ses descendants naîtront ? Puiser dans ses ressources souterraines ne suffit pas, il faut concevoir et élaborer l’espace physique d’un vivre ensemble et instituer la ligne d’un destin commun. En s’évertuant à assimiler les guadeloupéens, la République française leur lègue de fait la base conceptuelle de sa propre démarche constitutive.  Comme un effet boomerang de son idée de nation-patrie, non celle qui justifia l’empire colonial et l’assimilation (l’Empire colonial était aussi nommé  » La Plus Grande France « ) mais celle qui fonde le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Lequel, à la suite de la loi de Départementalisation de 1946, va inspirer fortement la jeunesse guadeloupéenne formée à l’école française. Dès lors, l’idée de nation guadeloupéenne n’aura de cesse de chercher à féconder la latence culturelle souterraine qui habite le peuple guadeloupéen.
Sé pwèl a chyen ka géri mòdé a chyen, dit un proverbe d’ici. Une façon bien universelle de relever un paradoxe mille fois constaté par l’expérience humaine : l’antidote n’est jamais étranger aux causes de la maladie. Déjà, du système déshumanisant de l’esclavage, les guadeloupéens avaient puisé les éléments constitutifs d’une humanité singulière, mais l’Assimilation avait créé un nouveau déracinement, loin des formations sociales bricolées par les nouveaux libres durant des décennies. La transplantation accélérée de la société capitaliste de l’Après-guerre européen s’en venait tenter de l’achever.
C’est en effet par la porte dérobée de l’exil imposé que les forces vives de la Guadeloupe, étudiants ou travailleurs émigrés, vont s’intégrer au monde, percevoir ses résonnances et revenir chez eux …  » pleins d’usage et raison  » vivre leur quête identitaire. Ces années 1960 diront, en revanche, combien, des tueries dont ils furent victimes, de la déportation politique, de l’inexistence instituée par assimilation, les guadeloupéens ont pu tirer toutes les raisons d’exister en tant qu’eux-mêmes. »

PERSPEKTIVES. En 2013, sur une planéte mondialisée et néo libéralisée, sur quel terreau ce « patriotisme » peut-il vivre ?

FRANTZ SUCCAB :  » La planète, fût-elle  » mondialisée  » ou  » néolibéralisée « , n’a pas effacé les nations et les peuples de la surface de la Terre, au contraire. Cependant, la logique du marché imprègne de manière inédite tous les domaines de la vie, jusqu’à vouloir uniformiser l’ensemble des cultures et des civilisations à l’image des grandes puissances d’Occident. Cela amplifie la résistance des peuples et des nations pour défendre leur identité, voire leur existence et pousse tous les hommes de la Terre à imaginer de nouveaux horizons. �? plus forte raison ceux qui comme nous, sont privés du pouvoir élémentaire de se nommer en tant que peuple. La Guadeloupe étouffe sous les mêmes dispositifs occidentaux ultralibéraux qui conduisent tous les peuples à la ruine et, tout comme eux, elle doit s’efforcer de respirer à l’aide de ses propres poumons.
Pour répondre à votre question par une autre : voyez-vous d’autre terreau qui puisse faire vivre l’idée de s’appartenir que la dépossession totale qui nous menace en notre pays ? Il n’y en a pas d’autre. Le statut de département ou de région de l’outre-mer français ne protégera pas la Guadeloupe de la catastrophe économique et sociale que connaissent déjà certains peuples d’Europe, et dont le peuple français lui-même vit les amères prémisses. Si la Guadeloupe s’en remet à la protection du système de dépendance à l’égard de la France elle reste sans défense devant la catastrophe que représente le capitalisme néolibéral. Tous les aménagements, institutionnels ou statutaires, dans le cadre français, ne sont jusqu’à présent qu’aménagements d’un désastre annoncé.
Vous remarquerez que, sous le terme de  » Responsabilité  » guadeloupéenne, le patriotisme fait son chemin et qu’au fond ce qui est confusément demandé par le plus grand nombre à la classe politique d’ici c’est de se hisser à l’échelle d’hommes d’Etat. Malheureusement, ils ne sont pas historiquement nés pour ça. Il va falloir aller au bout de la logique. C’est bien peu de parler encore de statut octroyé, lorsqu’il s’agit d’une stature à trouver.
 
PERSPEKTIVES –  Dans le livre de Ronald Selbonne sur Albert Béville, un témoin de l’époque dit que si Béville avait vécu, il aurait évité la dérive maoïste du Gong et du nationalisme guadeloupéen. C’était comme un regret. Quel est votre avis sur  ce sujet ?

FRANTZ SUCCAB : « Je ne me permettrai pas, du haut d’un jugement après coup, facile et péremptoire, de parler « dérive » maoïste  pour une action politique qui n’a tué ni ruiné personne, au contraire du système capitaliste et colonial. Pourquoi ne parle-t-on jamais de dérive gaulliste ? Je mesure l’action du GONG et de ce qu’on appelle -souvent de manière péjorative-  » le nationalisme guadeloupéen  » en termes d’apport de valeurs et d’idées, lesquelles ont été de vrais antidotes contre l’aliénation culturelle secrétée par l’assimilation. L’inspiration maoïste se situe dans le chemin très complexe d’une recherche de références politiques, tout comme le léninisme, le trotskisme, le castrisme ou l’expérience algérienne. Cela fait partie des tâtonnements nécessaires vers une vraie pensée propre. Donc, je serais plutôt enclin à tirer leçon de tout cela, non pour stigmatiser quiconque, mais pour éclairer le présent et le futur. Quant à Albert Béville, c’est une vie et une expérience militante qu’il est nécessaire d’étudier. L’ouvrage de Ronald Selbonne est précieux à cet égard. Quand à l’expérience post-mortem de Béville, qui par définition n’en est pas une, ça ne m’intéresse pas. »

PERSPEKTIVES –  L’Histoire et l’expérience humaine montrent que les révolutions et les Etats ont largement instrumentalisé l’idée de nationalisme, pas toujours au bénéfice des peuples. Parfois même contre eux. Au XXIe siècle l’émancipation des hommes et des femmes passe-t-elle forcément par ce concept venu du lointain XVIIIe siècle européen ?

FRANTZ SUCCAB :  » Je sais ce que certains peuples ont enduré de la part d’Etats où d’oligarques politiques qui ont confisqué à leur seul profit et contre le plus grand nombre leur représentation nationale. Mais, et là j’ai peur de me répéter, les guadeloupéens sont démunis du pouvoir élémentaire de se nommer en tant que peuple et pays différents des autres, singulièrement de la France. Pour accéder à ce droit il faut un projet politique à caractère national, sur un territoire, avec des frontières. Si le terme de nationalisme est pour vous connoté nazisme, fascisme ou extrême-droite, je peux le comprendre. Alors proposez m’en un autre qui traduise ce que je vous dis là ! Je prends. Permettez-moi en attendant de me contenter de la qualité d’indépendantiste, qui me convient tout à fait. »

Consciences citoyennes et électorat « pour soi »

PERSPEKTIVES – La voie politique, le passage par la « gestion des affaires » est-elle impossible pour les nationalistes guadeloupéens ?

 FRANTZ SUCCAB : « Je ne considère pas ce que vous appelez  » gestion des affaires  » comme un  » passage « , mais comme une nécessité historique, s’il s’agit de présider au destin d’un pays sur des objectifs touchant au mieux vivre du plus grand nombre : l’économie, les rapports sociaux, la sécurité des biens et des personnes, l’éducation, la culture, l’environnement, les relations internationales, la défense … La voie politique, c’est tout cela. Cela s’appelle Gouverner. Comment la Guadeloupe pourrait-elle s’appartenir sans SE gouverner, et de manière démocratique ? Cela n’est pas impossible. Il faut une large mobilisation, surtout une mobilisation des consciences citoyennes. Les mouvements de masse ne doivent pas être toujours conçus comme des coups de force, cela peut consister aussi en une vraie révolution électorale, je veux dire, passer d’un électorat façonné pour légitimer le dernier statu quo venu à un électorat  » pour soi « . Tâche bien plus difficile et complexe qu’une grève de longue durée pour le pouvoir d’achat, mais absolument nécessaire.

PERSPEKTIVES – Quel regard portez-vous sur les nationalistes écossais du parti indépendantiste et sécessionniste. Ils ont obtenu en 2011 la majorité au parlement d’Edimbourg  (sorte de  » Région ») et promettent d’organiser un référendum  pour sortir du Royaume-Uni ?

FRANTZ SUCCAB : « Je ne connais pas assez bien la situation de ce pays pour donner un avis compétent. A priori, ça me parait sage, malgré une majorité électorale en Ecosse, de ne pas en faire un plébiscite indépendantiste, même si ça y ressemble. Il vaut mieux que les électeurs aient à se prononcer clairement et librement sur la question précise de la séparation d’avec le Royaume-Uni. »

PERSPEKTIVES – Pays et territoire d’outre mer (PTOM); collectivité autonome; assemblée unique … que pensez-vous du débat actuel sur le statut de la Guadeloupe ? Quelle serait votre option ? L’archipel au fond, ne va-t-il pas vers une autonomie malgré lui ?

FRANTZ SUCCAB : « Il n’y a pas encore, à mon sens, de vrai débat sur l’avenir de la Guadeloupe. Ce débat se cache derrière les sempiternelles disputes statutaires, toujours dans la même obéissance : être  » une créature de la Loi  » française. On évite la question politique de fond qui est : comment SE gouverner, être créateur de ses propres lois ? C’est tout à fait autre chose. Il s’agit bien d’autonomiser la volonté populaire et non d’attendre le bon vouloir du Parlement des autres. C’est dans l’ordre des choses. A force de faire comme si la chose était impossible, vous avez raison, l’archipel guadeloupéen ira vers une autonomie malgré lui, ce qui est, vous en conviendrez, tout le contraire de l’idée d’autonomie. »

PERSPEKTIVES – Au-delà de votre engagement à long terme pour une Guadeloupe responsable d’elle-même, n’y a-t-il pas des combats vitaux et urgents à mener, notamment celui contre l’empoisonnement des sols et de l’eau en Guadeloupe ?

FRANTZ SUCCAB :  » Se gouverner, est un projet, un projet de performance : en quelque sorte, se faire politiquement la belle pour s’épanouir à sa façon. Seulement, on le dit tous, dans les conversations de tous les jours et même en chanson : « Lagwadloup malad ». Malgré ce constat, certains continuent à parler Croissance, Développement, Excellence… vantant le productivisme à tout prix. Ce modèle facile à dire ne convient pas à la Guadeloupe d’aujourd’hui, au moment où l’on se parle. Ce qui lui convient pour commencer c’est un plan de guérison, des mesures qui prennent soin : à ce qui étouffe donner de l’air, à ce qui tombe procurer des appuis, à ce qui se défait offrir des cadrages et des noeuds, à ce qui s’empoisonne stopper la consommation toxique, sevrer, et fournir de la saine nourriture. La responsabilité commence là … C’est à ce prix qu’on refera le monde, en empêchant déjà notre petit monde de se défaire complètement. »

Mise en avant

Moi, président de la Bolivie

« Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe » par Evo Morales

par Evo Morales, août 2013

Le 2 juillet dernier s’est produit l’un des événements les plus insolites de l’histoire du droit international : l’interdiction faite à l’avion présidentiel de l’Etat plurinational de Bolivie de survoler les territoires français, espagnol, italien et portugais, puis ma séquestration à l’aéroport de Vienne (Autriche) pendant quatorze heures.

Plusieurs semaines après, cet attentat contre la vie des membres d’une délégation officielle, commis par des Etats réputés démocratiques et respectueux des lois, continue de soulever l’indignation, cependant qu’abondent les condamnations de citoyens, d’organisations sociales, d’organismes internationaux et de gouvernements à travers le monde.

Que s’est-il passé ? J’étais à Moscou, quelques instants avant le début d’une réunion avec M.Vladimir Poutine, quand un assistant m’a alerté de difficultés techniques : impossible de nous rendre au Portugal comme prévu initialement. Toutefois, lorsque s’achève mon entretien avec le le président russe, il devient déjà clair que le problème n’a rien de technique…

Depuis La Paz, notre ministre des affaires étrangères, M. David Choquehuanca, parvient à organiser une escale à Las Palmas de Gran Canaria, en Espagne, et à faire valider un nouveau plan de vol. Tout semble en ordre… Pourtant, alors que nous sommes dans les airs, le colonel d’aviation Celiar Arispe, qui commande le groupe aérien présidentiel et pilote l’avion ce jour-là, vient me voir : « Paris nous retire son autorisation de survol ! Nous ne pouvons pas pénétrer dans l’espace aérien français. » Sa surprise n’avait d’égale que son inquiétude : nous étions sur le point de passer au-dessus de l’Hexagone.

Nous pouvions bien sûr tenter de retourner en Russie, mais nous courions le risque de manquer de kérosène. Le colonel Arispe a donc contacté la tour de contrôle de l’aéroport de Vienne pour solliciter l’autorisation d’effectuer un atterrissage d’urgence. Que les autorités autrichiennes soient ici remerciées pour leur feu vert.

Installé dans un petit bureau de l’aéroport que l’on avait mis à ma disposition, j’étais en pleine conversation avec mon vice-président, M. Alvaro García Linera, et avec M. Choquehuanca pour décider de la suite des événements et, surtout, tenter de comprendre les raisons de la décision française, lorsque le pilote m’a informé que l’Italie nous refusait également l’entrée dans son espace aérien.

C’est à ce moment que je reçois la visite de l’ambassadeur d’Espagne en Autriche, M. Alberto Carnero. Celui-ci m’annonce qu’un nouveau plan de vol vient d’être approuvé pour m’acheminer en Espagne.

Seulement, explique-t-il, il lui faudra au préalable inspecter l’avion présidentiel. Il s’agit même d’une condition sine qua non à notre départ pour Las Palmas de Gran Canaria.

Lorsque je l’interroge sur les raisons de cette exigence, M. Carnero évoque le nom de M. Edward Snowden, cet employé d’une société américaine auprès de laquelle Washington sous-traite certaines de ses activités d’espionnage. J’ai répondu que je ne le connaissais qu’à travers la lecture de la presse. J’ai également rappelé au diplomate espagnol que mon pays respectait les conventions internationales : en aucun cas je ne cherchais à extrader qui que ce soit vers la Bolivie.

M. Carnero était en contact permanent avec le sous-secrétaire aux affaires étrangères espagnol, M. Rafael Mendívil Peydro, qui, de toute évidence, lui demandait d’insister. « Vous n’inspecterez pas cet avion,ai-je dû marteler. Si vous ne croyez pas ce que je vous dis, c’est que vous traitez de menteur le président de l’Etat souverain de Bolivie. » Le diplomate ressort pour prendre les consignes de son supérieur, avant de revenir. Il me demande alors de l’inviter à « prendre un petit café »dans l’avion. « Mais vous me prenez pour un délinquant ? lui demandé-je. Si vous tenez à pénétrer dans cet avion, il vous faudra le faire par la force. Et je ne résisterai pas à une opération militaire ou policière : je n’en ai pas les moyens. »

Ayant certainement pris peur, l’ambassadeur écarte l’option de la force, non sans me préciser que, dans ces conditions, il ne pourra pas autoriser notre plan de vol : « A 9 heures du matin, nous vous indiquerons si vous pouvez ou non partir. D’ici là, nous allons discuter avec nos amis », m’explique-t-il. « Amis » ? « Mais qui donc sont ces “amis” de l’Espagne auxquels vous faites référence ? La France et l’Italie, sans doute ? » Il refuse de me répondre et se retire…

Je profite de ce moment pour discuter avec la présidente argentine Cristina Fernández, une excellente avocate qui me guide sur les questions juridiques, ainsi qu’avec les présidents vénézuélien et équatorien Nicolás Maduro et Rafael Correa, tous deux très inquiets à notre sujet. Le président Correa me rappellera d’ailleurs plusieurs fois dans la journée pour prendre de mes nouvelles. Cette solidarité me donne des forces : « Evo, ils n’ont aucun droit d’inspecter ton avion ! »,me répètent-ils. Je n’ignorais pas qu’un avion présidentiel jouit du même statut qu’une ambassade.

Mais ces conseils et l’arrivée des ambassadeurs de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) (1) décuplent ma détermination à me montrer ferme. Non, nous n’offrirons pas à l’Espagne ou à tout autre pays — les Etats-Unis encore moins que les autres — la satisfaction d’inspecter notre avion. Nous défendrons notre dignité, notre souveraineté et l’honneur de notre patrie, notre grande patrie. Jamais nous n’accepterons ce chantage.

L’ambassadeur d’Espagne réapparaît. Préoccupé, inquiet et nerveux, il m’indique que je dispose finalement de toutes les autorisations et que je peux m’en aller. Enfin, nous décollons…

Cette interdiction de survol, décrétée de façon simultanée par quatre pays et coordonnée par la Central Intelligence Agency (CIA) contre un pays souverain au seul prétexte que nous transportions peut-être M. Snowden, met au jour le poids politique de la principale puissance impériale : les États-Unis.

Jusqu’au 2 juillet (date de notre séquestration), chacun comprenait que les Etats se dotent d’agences de sécurité afin de protéger leur territoire et leur population. Mais Washington a dépassé les limites du concevable. Violant tous les principes de la bonne foi et les conventions internationales, il a transformé une partie du continent européen en territoire colonisé. Une injure aux droits de l’homme, l’une des conquêtes de la Révolution française.

L’esprit colonial qui a conduit à soumettre de la sorte plusieurs pays démontre une fois de plus que l’empire ne tolère aucune limite — ni légale, ni morale, ni territoriale. Désormais, il est clair aux yeux du monde entier que, pour une telle puissance, toute loi peut être transgressée, toute souveraineté violée, tout droit humain ignoré.

La puissance des États-Unis, ce sont bien sûr leurs forces armées, impliquées dans diverses guerres d’invasion et soutenues par un complexe militaro-industriel hors du commun. Les étapes de leurs interventions sont bien connues : après les conquêtes militaires, l’imposition du libre-échange, d’une conception singulière de la démocratie et, enfin, la soumission des populations à la voracité des multinationales. Les marques indélébiles de l’impérialisme — fût-il militaire ou économique — défigurent l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie. Des pays dont certains ont été envahis parce qu’on les soupçonnait de détenir des armes de destruction massive ou d’abriter des organisations terroristes. Des pays où des milliers d’êtres humains ont été tués, sans que la Cour pénale internationale intente le moindre procès.

Mais la puissance américaine provient également de dispositifs souterrains destinés à propager la peur, le chantage et l’intimidation. Au nombre des recettes qu’utilise volontiers Washington pour maintenir son statut : la « punition exemplaire », dans le plus pur style colonial qui avait conduit à la répression des Indiens d’Abya Yala (2). Celle-ci s’abat désormais sur les peuples ayant décidé de se libérer et sur les dirigeants politiques qui ont choisi de gouverner pour les humbles. La mémoire de cette politique de la punition exemplaire est encore vive en Amérique latine : que l’on pense aux coups d’Etat contre Hugo Chávez au Venezuela en 2002, contre le président hondurien Manuel Zelaya en 2009, contre M. Correa en 2010, contre le président paraguayen Fernando Lugo en 2012 et, bien sûr, contre notre gouvernement en 2008, sous la houlette de l’ambassadeur américain en Bolivie, M. Philip Goldberg (3). L’« exemple », pour que les indigènes, les ouvriers, les paysans, les mouvements sociaux n’osent pas relever la tête contre les classes dominantes. L’« exemple », pour faire plier ceux qui résistent et terroriser les autres. Mais un « exemple » qui conduit désormais les humbles du continent et du monde entier à redoubler leurs efforts d’unité pour renforcer leurs luttes.

L’attentat dont nous avons été victimes dévoile les deux visages d’une même oppression, contre laquelle les peuples ont décidé de se révolter : l’impérialisme et son jumeau politique et idéologique, le colonialisme. La séquestration d’un avion présidentiel et de son équipage — que l’on était en droit d’estimer impensable au XXIe siècle — illustre la survivance d’une forme de racisme au sein de certains gouvernements européens. Pour eux, les Indiens et les processus démocratiques ou révolutionnaires dans lesquels ils sont engagés représentent des obstacles sur la voie de la civilisation. Ce racisme se réfugie désormais dans l’arrogance et les explications « techniques » les plus ridicules pour maquiller une décision politique née dans un bureau de Washington. Voici donc des gouvernements qui ont perdu jusqu’à la capacité de se reconnaître comme colonisés, et qui tentent de protéger la réputation de leur maître…

Qui dit empire dit colonies. Ayant opté pour l’obéissance aux ordres qu’on leur donnait, certains pays européens ont confirmé leur statut de pays soumis. La nature coloniale de la relation entre les Etats-Unis et l’Europe s’est renforcée depuis les attentats du 11 septembre 2001 et a été dévoilée à tous en 2004, lorsque l’on a appris l’existence de vols illicites d’avions militaires américains transportant de supposés prisonniers de guerre vers Guantánamo ou vers des prisons européennes. On sait aujourd’hui que ces « terroristes » présumés étaient soumis à la torture ; une réalité que même les organisations de défense des droits humains taisent bien souvent.

La « guerre contre le terrorisme » aura réduit la vieille Europe au rang de colonie ; un acte inamical, voire hostile, que l’on peut analyser comme une forme de terrorisme d’Etat, en ce qu’il livre la vie privée de millions de citoyens aux caprices de l’empire.

Mais le camouflet au droit international que représente notre séquestration constituera peut-être un point de rupture. L’Europe a donné naissance aux idées les plus nobles : liberté, égalité, fraternité. Elle a largement contribué au progrès scientifique, à l’émergence de la démocratie. Elle n’est plus qu’une pâle figure d’elle-même : un néo-obscurantisme menace les peuples d’un continent qui, il y a quelques siècles, illuminait le monde de ses idées révolutionnaires et suscitait l’espoir.

Notre séquestration pourrait offrir à tous les peuples et gouvernements d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Nord l’occasion unique de constituer un bloc solidaire condamnant l’attitude indigne des États impliqués dans cette violation du droit international. Il s’agit également d’une occasion idéale de renforcer les mobilisations des mouvements sociaux en vue de construire un autre monde, de fraternité et de complémentarité. Il revient aux peuples de le construire.

Nous sommes certains que les peuples du monde, notamment ceux d’Europe, ressentent l’agression dont nous avons été victimes comme les affectant également, eux et les leurs. Et nous interprétons leur indignation comme une façon indirecte de nous présenter les excuses que nous refusent toujours certains des gouvernements responsables (4).

Evo Morales

Président de l’Etat plurinational de Bolivie.

 (1) Dont sont membres Antigua-et-Barbuda, la Bolivie, Cuba, l’Equateur, le Nicaragua, la République dominicaine, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Venezuela. (Toutes les notes sont de la rédaction.)

(2) Nom donné par les ethnies kunas de Panamá et de Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb. En 1992, ce nom a été choisi par les nations indigènes d’Amérique pour désigner le continent.

(3) Sur ces différents événements, consulter la page «  Honduras  » sur le site du MD et lire Maurice Lemoine, «  État d’exception en Équateur  », La valise diplomatique, 1er octobre 2010, et Gustavo Zaracho, «  Le Paraguay repris en main par l’oligarchie  », La valise diplomatique, 19 juillet 2012  ; Hernando Calvo Ospina, «  Petit précis de déstabilisation en Bolivie  », Le Monde diplomatique, juin 2010.

(4) Depuis, Lisbonne, Madrid, Paris et Rome ont présenté des excuses officielles à La Paz.

 Sources : Le Monde Diplomatique et le site Egalité.

Mise en avant

LA LETTRE DU PALIMA No 18

BIODIVERSITÉ ET SOUVERAINETÉ

Par Francis CAROLE


Synthèse de l’intervention de Francis CAROLE, lors du congrès des élus départementaux et régionaux du 20 juin 2013, sur une « demande de compétence dans les domaines de la connaissance, de la protection et de la valorisation de l’environnement, des espèces et des espaces naturels.


Chers collègues,

L’intitulé du rapport soumis à notre analyse peut, a priori, séduire par son aspect emphatique : « Demande de compétence dans les domaines de la connaissance, de la protection et de la valorisation de l’environnement, des espèces et des espaces naturels« . 


Mais, et sans doute malheureusement, nous sommes vite ramenés aux dimensions pour le moins prosaïques de ce rapport.

En effet, derrière le titre ronflant qui aurait pu susciter quelque naïve espérance,  l’audace politique se confine, en réalité, dans de maigres revendications sur la gestion des forêts publiques, forêts départementalo-domaniales et forêts domaniales du littoral. Nous ne sommes pas très loin du grand bond sur place…

Certes, le statut des forêts publiques interpelle, mais le débat sur la biodiversité est bien plus large  que la vision timide et partielle qui nous est proposée ici.

Comment la Martinique peut-elle exercer sa souveraineté sur ses ressources génétiques ?


C’est bien à ce niveau que se situe  l’enjeu central de la biodiversité pour le futur de notre pays. Et c’est cet enjeu qui est soigneusement éludé par le néo-PPM et « Ensemble pour une Martinique nouvelle ».

UN ENJEU MONDIAL


Cette problématique engage, bien entendu, toute la planète. La course au contrôle de la biodiversité est, aujourd’hui, largement entamée à l’échelle mondiale.

Dans son essence, ce phénomène n’est pas différent de la compétition entre les grandes puissances pour contrôler les sources de matières premières comme le pétrole, le gaz, le cuivre, le cobalt, le niobium ou encore le platine. Les guerres menées en Irak, en Libye, dans le Sahel ou en République Démocratique du Congo sont l’expression des rivalités pour faire main basse sur ces richesses. Certes, ces agressions, diverses dans leurs formes et leurs contextes, prennent prétexte de la lutte pour la démocratie, mais leurs finalités restent économiques et stratégiques.

Ainsi, si 90% des ressources génétiques mondiales se trouvent dans les pays du Sud, 98% des brevets sont entre les mains des pays du Nord !  Ce déséquilibre criant est bien la preuve que le pillage des ressources de la biodiversité par les grandes puissances est largement avancé, en particulier sous l’impulsion des compagnies pharmaceutiques, agro-alimentaires et cosmétiques de l’Europe et des États-Unis.

Cette stratégie de dépossession des pays du Sud a ceci de particulier, contrairement à des ressources comme le pétrole ou le gaz, qu’elle s’accompagne du pillage sans vergogne des savoirs sur la biodiversité accumulés depuis des millénaires par les peuples autochtones d’Afrique, d’Asie,  d’Amérique ou encore d’Océanie.  

La répartition de la biodiversité sur la planète renforce la compétition impitoyable qui se déroule. En effet, les 34 zones de forte biodiversité répertoriées dans le monde couvrent seulement 1,4% de la surface de la planète. Elles concentrent environ 50% des espèces vertébrées et 35% des plantes connues.

LA MARTINIQUE ET LES ENJEUX DU VIVANT


La Martinique, on le sait,  fait partie des 35 « hotspots » identifiés dans le monde par la communauté scientifique pour la richesse de sa biodiversité.

Grâce à ses possessions coloniales, la France est un « pays fournisseur »de biodiversité. Elle dispose, par exemple,  d’un espace maritime de 11 millions de km² -40 fois celui de l’hexagone- ce qui en fait la seconde puissance maritime mondiale, au lieu de la  49 ème qui correspondrait davantage à sa réalité  géographique.   

Selon Olivier GARGOMINY, du Muséum d’histoire naturelle :

« Si l’on ne considère que les espèces endémiques, pour lesquelles il est possible de calculer la diversité totale, il y a globalement 26 fois plus de plantes, 3,5 fois plus de mollusques, plus de 100 fois plus de poissons d’eau douce et 60 fois plus d’oiseaux endémiques en Outre-mer qu’en métropole. »


On pourrait ajouter que 3450 plantes et 380 vertébrés sont strictement endémiques de ce que l’on appelle « l’outre-mer », plus que toute l’Europe continentale. 84% de la biodiversité « française » n’est donc  pas française mais polynésienne, guyanaise, guadeloupéenne, kanake, martiniquaise etc…

Chacun aura, au vu de ces chiffres,  compris que le débat va bien au-delà des forêts départementalo-domaniales et des forêts du littoral.

Mais il serait trop facile de simplement se gargariser de faire partie des 35 « hotspots » de la planète. Notre responsabilité vis-à-vis de ce patrimoine exceptionnel nous commande aussi de prendre la mesure des risques auxquels il est confronté, du fait principalement de l’intervention de l’homme. Dans un rapport de 2004, la DIREN soulignait la disparition de 11 espèces de vertébrés et des menaces qui planent sur la survie des espèces endémiques, du fait de la dégradation des écosystèmes.

La France -nous devons nous pénétrer de cette évidence- a sa propre stratégie dans la course au contrôle du vivant. Cette stratégie est pensée par elle et pour elle. Pas pour nous ! Il serait sans doute naïf d’exclure que ce ne soit pas aussi contre nous…

Les ressources de la mer constituent la grande oubliée d’un rapport qui prétend   prendre en charge « la valorisation des espaces naturels ». Le silence du néo-PPM sur cet aspect essentiel de notre patrimoine naturel est plus profond que les abysses.

La Martinique dispose, en effet, d’une Zone Économique Exclusive (ZEE) bien plus importante que les 1128 km² de terres émergées. Les ZEE sont des zones maritimes, situées jusqu’à 370 km des côtes (200 miles), sur lesquelles les États jouissent de droits souverains pour explorer, gérer, conserver et exploiter les ressources. Les neuf dixième des ressources halieutiques mondiales se trouvent concentrées dans ces espaces.   

En l’occurrence, c’est l’Etat français qui a la propriété exclusive des Zones Économiques Exclusives de ses possessions coloniales qui constituent des atouts majeurs dans les domaines stratégiques, environnementaux, scientifiques et économiques.

Consciente de ces enjeux du futur, la France, dès le début des années 90 a mis en place un important programme d’exploration des ZEE, notamment à travers l’IFREMER. Au titre de ses colonies, elle a ratifié, en 1996, la Convention de Montego Bay, signée le 10 décembre 1982 en Jamaïque et entrée en vigueur en 1994.

Au-delà de ces zones placées sous juridiction nationale (française donc pour les colonies françaises) des négociations sont ouvertes pour une « gouvernance de la haute mer » qui représente 60% des surfaces océaniques, fournit la moitié de notre oxygène et jouera un rôle essentiel dans notre alimentation.

LE PROTOCOLE DE NAGOYA ET NOUS


Le protocole de Nagoya, rédigé en octobre 2010, lors de la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, n’a toujours pas été ratifié par la France et l’Union Européenne. Au 30 avril 2013, seuls seize États avaient ratifié ce document. Personne ne s’étonnera qu’il s’agisse de pays du Sud !

On peut aisément comprendre les racines de cette attitude quand on sait que c’est  l’Europe qui a inventé la biopiraterie moderne et que de nombreuses multinationales européennes -comme l’OREAL, UNILEVER, MERCK, WELEDA-ont déjà été condamnées en Amérique du Sud pour causes de demandes illégitimes de brevets ou utilisation des ressources naturelles locales sans l’autorisation préalable des populations concernées. 

La France et l’Europe défendent donc leurs intérêts de  puissances prédatrices de la biodiversité mondiale comme des sources d’énergie et des minerais stratégiques.

Une nouvelle conférence des parties sur la diversité biologique se tiendra en octobre 2014. Nous verrons bien comment les positions évolueront.

Le protocole de Nagoya érige la biopiraterie en objet juridique et met l’accent sur l’Accès et le Partage des Avantages (APA), en matière de biodiversité. Il subordonne l’utilisation des ressources génétiques des pays fournisseurs à trois conditions qui devraient alimenter notre propre réflexion :

     – D’abord  l’obtention du consentement préalable de ces pays à toute démarche de prospection et de collecte de la ressource sur leur territoire.

     – Ensuite, le respect de la règle consistant à verser aux pays fournisseurs, des   contreparties pouvant prendre la forme de redevances financières  ou de coopération dans les domaines de la recherche et du développement.

     – Enfin, l’obligation de réinvestir une partie des bénéfices réalisés dans la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité.

Si ces contraintes du protocole de Nagoya ne mettent pas les pays du Sud fournisseurs de biodiversité totalement à l’abri de la prédation des grandes puissances, elles ont, néanmoins, le mérite de créer un cadre juridique international pouvant contribuer à aider ces nations à mieux contrôler leurs ressources génétiques. Mais, à terme, ce sont les pays fournisseurs, particulièrement ceux du Sud, si souvent spoliés, qui doivent imposer aux utilisateurs les conditions d’accès à leurs ressources génétiques.


Pour ce qui nous concerne, la nature de nos liens avec la France nous exclut du minimum de contrôle que nous devrions exercer sur nos propres ressources. Ainsi, l’Etat français, propriétaire de celles-ci, n’est soumis à aucune obligation de consentement de notre part avant toute démarche de prospection et de collecte. I lakay maman-y ! Il n’est pas, pour les mêmes raisons, davantage soumis aux règles de contreparties ou de réinvestissement d’une partie des bénéfices réalisés grâce à l’exploitation de nos ressources.

Dès les premiers congrès des élus départementaux et régionaux de 2002, la question du contrôle de nos ressources naturelles était clairement posée. 

Onze après, on ne peut que constater que les propositions de la dite « nouvelle » mais très timorée « gouvernance » sont en net retrait par rapport aux résolutions alors retenues. Ces dernières exigeaient, en effet, l’intégration dans le patrimoine de la collectivité unique des îlets, des terrains acquis par le conservatoire du littoral et des cours d’eau. La gestion des ressources du sous-sol était aussi réclamée, de même que celle « des diversités biologiques et des biotopes ». La revendication du passage à l’article 74 approfondissait notre démarche de souveraineté sur notre patrimoine naturel.

La nation martiniquaise doit être propriétaire de toutes ses ressources naturelles, celles du sol, du sous-sol et de la mer, afin de mieux assurer son futur. C’est l’ambition collective vers laquelle nous devons tendre, année après année, génération après génération. 

AOÛT 2013

Mise en avant

CONJONCTURE ECONOMIQUE

A propos de la dernière « Lettre » de l’Institut de Statistique régional

 

La conjoncture martiniquaise vue sous l’angle de l’égocentrisme

 

La dernière « lettre de l’IMSEPP » publiée le 19/07/2013 (n° 13 de Juillet 2013) a fait une trouvaille. Rappelons que l’IMSEPP, c’est l’Institut Martiniquais de Statistiques et d’Evaluation des Politiques Publiques créé par la Région sous la direction de l’ancien Directeur de l’INSEE-Martinique, Georges Para.

 

La Région pas responsable du marasme économique…

 

A l’en croire, le marasme économique, pour ne pas dire la récession, que vit la Martinique en ce début 2013 n’est pas dû à la baisse des investissements privés, mais à celle de la consommation des ménages.

 

Et « la cause de la réduction de la consommation globale martiniquaise », est-il affirmé, est due à la diminution et au vieillissement de la population martiniquaise. Et l’IMSEPP résume sur ce point : «  Moins de consommateurs, et des consommateurs moins dépensiers, telles sont les raisons pour lesquelles le marché intérieur global qui s’offre aux entreprises martiniquaises se réduit comme peau de chagrin, et risque de continuer à le faire dans les prochaines années ».

 

L’Institut dirigé par Georges Para observe par ailleurs que le Produit Intérieur Brut (PIB= richesse globale) martiniquais est supérieur au PIB total guadeloupéen, malgré une population et un marché plus importants en Guadeloupe. Pour lui, cela tient à la fois « au dynamisme des entreprises locales » martiniquaises, mais aussi « aux efforts déployés par la Collectivité régionale, avec le concours de l’Europe, pour ouvrir de nouvelles perspectives de développement, intéresser de nouveaux investisseurs, trouver de nouveaux touristes, prospecter de nouveaux marchés, mettre en place de nouveaux outils financiers, etc. , même si ces efforts ne sont toujours pas reconnus ».

 

Et de rappeler que la Région va investir 219 millions d’euros dans l’économie en 2013 alors que le volume global des marchés publics de l’Etat et des autres collectivités baisse chaque année. Cocorico pour la Région Martinique !

 

Reprenons le raisonnement.

L’atonie des investissements des entreprises ? C’est dû « aux incertitudes générées par la réforme de la défiscalisation et par celle du régime de l’octroi de mer ». Donc ce n’est pas la Région. Mais cette panne des investissements privés explique tout de même la baisse de l’activité. Quant aux motifs avancés pour ne pas investir, s’ils sont réels, ils ne sont pas déterminants. Auparavant, les « acteurs économiques », comme on dit, donnaient comme motif de leur attentisme l’incertitude sur l’avenir institutionnel, puis celle liée à l’élection présidentielle française, etc. De plus, les problèmes de la défiscalisation et de l’octroi de mer sont d’abord des problèmes politiques découlant de notre situation de colonie départementale intégrée à la France et à l’Europe sous le statut de région dite ultra- périphérique. C’est  la non reconnaissance effective de nos évidentes spécificités, en dépit de l’article 73 de la Constitution française et de l’article 349 du Traité européen brandis à toute occasion. C’est surtout, en ce qui concerne la volonté de rabotage de la défiscalisation, une conséquence de la politique d’austérité adoptée par François Hollande cédant aux diktats de l’Europe.

 

 Et où passent les quelques 2,6 milliards de profits bruts réalisés annuellement par les capitalistes en Martinique ? Faut-il comprendre que sans aide publique et/ou incitation fiscale, pas d’investissement dans ce régime capitaliste dégénéré ?

 

Le pouvoir d’achat n’aurait pas baissé en 2012 : Voire…

 

Autre argument de l’IMSEPP régional : Le pouvoir d’achat n’aurait pas baissé. Pourtant, en l’absence de publication des comptes économiques officiels pour l’année 2012, on sait que le revenu disponible des ménages martiniquais a reculé de 1,3 % en 2011 (Cerom) alors que la croissance était de 1 %. Avec une croissance du PIB martiniquais estimée par l’IMSEPP à seulement 0,1 % en 2012, il existe une forte probabilité que le pouvoir d’achat ait reculé l’an dernier, d’autant que les prix ont augmenté de 2%. En France, le pouvoir d’achat a reculé de 1,2 % pour la première fois depuis 30 ans.  Le gel du point d’indice des Fonctions publiques a sans doute fortement pesé sur la consommation de cette fraction importante de la masse salariale globale (la moitié au moins). Récemment, la suppression du RSTA (Revenu supplémentaire temporaire d’activité) fin mai 2013 va aller dans le même sens.

 

De plus, la montée du chômage qu’il reconnaît, soulignons-le, n’aurait pas entraîné de baisse de la consommation, affirme l’Institut de Statistique régional. Pourquoi ? La « rémunération sociale du non-travail » permet d’amortir financièrement les effets du chômage, est-il avancé.

 

Il s’agit en effet des allocations chômage(Assedic) et aussi du RSA (ex RMI). Et l’IMSEPP va plus loin en énonçant que « les non travailleurs peuvent donc, par le biais des transferts sociaux, consommer dans les mêmes conditions que les travailleurs les plus modestes ».  

 

« Dans les mêmes conditions », cela est totalement faux. Car les allocations chômage sont inférieures aux salaires et le RSA socle (équivalent à l’ex RMI) est seulement de 483 € pour une personne seule sans enfant alors que le Smic net est de 1 120,43 €. Mais la hausse du chômage de longue durée  fait que beaucoup de chômeurs perdent leurs indemnités-chômage et basculent dans le RSA ou dans le régime de demandeurs d’emploi sans rémunération (Antiane-Eco-INSEE n° 76 de juin 2013). En outre, l’emploi salarié a reculé de 2,6 % en 2012( Antiane-Eco-INSEE cité), soit une perte de 2 500 à 3000 emplois. D’où baisse du pouvoir d’achat et de la consommation.

 

Cela dit, il est vrai que les transferts sociaux ralentissent encore la chute de la consommation. Mais ils sont menacés par les injonctions européennes à la France (assurance chômage notamment).

 

Le PIB martiniquais supérieur à celui de la Guadeloupe : Et alors ?

 

Enfin, si le PIB martiniquais global (8,3 milliards d’euros en 2011) est supérieur en 2011(dernier chiffre connu) à celui de la Guadeloupe (7,9 milliards d’euros en 2011), c’est en raison d’un changement de base de calcul (année 2005 au lieu de 1995) et surtout de l’exclusion dans le PIB guadeloupéen de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Cela fait 5 % de plus.

        

Ce qui compte, c’est le rythme de croissance de ce PIB. Or en 2011 il a augmenté en Martinique de 1 %, alors qu’en Guadeloupe il progressait de 1,3 %. Et les deux pays restent tous deux en-dessous du niveau de 2008 (moins 1%). Rappelons que le PIB 2012 pour les DOM n’est pas encore connu. Enfin, il faut se rappeler que, longtemps entre 1990 et 2005, le taux de croissance du PIB guadeloupéen a été supérieur à celle du PIB martiniquais (Etude INSSE/IEDOM/AFD/CEROM « L’ultrapériphéricité définit-elle un modèle de croissance ? » -Mars 2008).  

 

 C’est donc vraiment sans fondement que d’attribuer à l’action de la seule Région Martinique cette supériorité du PIB martiniquais en 2011, comme si la Région Guadeloupe ne faisait rien. Car l’investissement public (comme privé) est globalement plus élevé et plus dynamique en Guadeloupe entre 2008 et 2011/2012, selon une étude de janvier 2013 du Pr Olivier Sudrie (DME) pour la CCIM.

 

Et puis, dans nos pays, il faut fortement relativiser la notion de PIB.

En définitive, qu’est ce que cela change que le PIB en Martinique soit supérieur de 400 millions d’euros (l’équivalent approximativement d’un budget régional) à celui de la Guadeloupe ? Cela fait-il moins de chômeurs ? Une crise du même type frappe les deux pays avec une augmentation du chômage déjà considérable.

 

Cela dit, que le vieillissement accéléré que vit le Pays, en conséquence de l’émigration forcée des années Bumidom, affaiblisse la demande et la consommation et donc la croissance, nous en sommes tout à fait d’accord. Mais ce phénomène dangereux et majeur n’explique pas à lui seul le marasme persistant qui frappe l’économie martiniquaise et l’échec relatif des plans de relance régionaux.

 

Pour une relance coordonnée Etat-Collectivités rapidement

 

Il faut simplement rappeler que 219 millions d’investissement régional en 2013, c’est seulement 2,6 % du PIB martiniquais et avec un emprunt. Il faut admettre que cela n’est possible  que grâce aux marges de manœuvre laissées par la précédente majorité régionale.  

 

 Bien entendu, il convient de réagir face à la situation.

 

Cependant, il faut surtout arrêter de croire et faire croire que la grenouille (la Région) est aussi grosse que le bœuf (l’Etat et l’Europe) et entretenir des illusions. L’Etat français est responsable institutionnellement de la politique économique et de l’emploi, que l’on sache. Il pèse 22/26 % dans l’économie par ses transferts publics et sociaux nets et 37/38 % par ses dépenses publiques brutes. Le ralentissement, voire la baisse, des crédits de l’Etat et de l’Europe du fait de la  crise financière capitaliste, à l’évidence, a déjà et aura une forte incidence sur la conjoncture martiniquaise.

 

Refuser de voir cette réalité, c’est céder à une forme d’égocentrisme et d’aveuglement dommageables. An kwayans mal papay.

 

Effectivement, il est nécessaire de mettre en place un « nouveau modèle économique et social » en Martinique et de développer le tissu productif local, comme conclut la Lettre de l’IMSEPP. Cependant c’est pour le moyen et long terme. Et cela implique la maîtrise locale des principaux leviers de décision. Et là réside la principale contradiction de cette « nouvelle gouvernance » enfermée qu’elle est dans le carcan assimilationniste de l’article 73 même assorti d’habilitations insignifiantes arrachées au coup par coup.

 

En attendant, il faut exiger de l’Etat une véritable politique de relance coordonnée réellement avec les collectivités locales.

                                                                  

   Michel Branchi

  Economiste, membre du BP du PCM

  22/07/2013

 

Mise en avant

CRÉATION DE L’HOTEL NOVOTEL POINTE SIMON

 

DÉCRYPTAGE D’UN MONTAGE DOUTEUX

Pour la création de l’hôtel Novotel Pointe Simon, il est demandé à la Région d’accorder une subvention de 2 millions d’euros à une Société en Nom Collectif (SNC CLIPS). Cette société bénéficiera également d’une subvention de l’Europe de 2 millions d’euros.

C’est donc sur l’octroi de 4 millions de subvention à la SNC CLIPS que, nous élus, devons nous prononcer.

La SNC CLIPS  est en cours de constitution,  pour uniquement réaliser l’acquisition d’un immeuble situé au pied de la tour de la Pointe Simon, dont les travaux sont à l’arrêt depuis un certain nombre de mois.

Cet immeuble doit, dans une deuxième phase, être donné en Crédit-bail immobilier, c’est-à- dire en location,  pendant 11 ans, à une Société Anonyme Simplifiée (SAS CHIPS), avec possibilité pour cette dernière de racheter l’immeuble au bout de 11 ans.

C’est la SAS CHIPS qui exercerait l’activité d’exploitant d’un hôtel 4 étoiles de 94 chambres, au pied de la tour, sous franchise Novotel du Groupe Accor.

Le porteur de projet indique que, pour des raisons fiscales, l’opération est scindée en deux sous-opérations :

  1. L’opération SNC CHIPS pour l’achat et la location de l’immeuble devant abriter l’hôtel.

 

  1. L’opération SAS CHIPS pour équiper et exploiter l’hôtel.

 

IL convient d’analyser le projet en termes de bénéfices pour les différentes parties prenantes :

L’engagement financier de la Région pour 4 millions de subvention permet :

  1. 1.     Au  promoteur immobilier SHPS d’avoir la garantie de pouvoir vendre son immeuble au prix du marché, c’est-à-dire sans risque et sans perte.
  1. 2.     Aux acheteurs de l’immeuble  au sein de la SNC CLIPS, en avançant 9 318 000 €, d’obtenir :
  • un remboursement de 5 175 000 € de l’Etat au Titre de la défiscalisation,
  • une subvention de 4 000 000 € (Région + FEDER) soit donc un total de 9 175 000 € !

9 318 000 € avancés, 9 175 000 € récupérés !!!

Les 10 millions manquants sont apportés en compte-courant par la SAS CHIPS, exploitant de l’hôtel, ce qui représente 5 années de loyer à 2 millions par an versés d’avance.

La SNC CLIPS percevra de plus, des loyers sur les 6 années suivantes, soit 12  000 000 €, puis vendra, au prix du marché,  dans 11 ans,  l’immeuble dont elle est propriétaire à la SAS CHIPS.

Au bout de 11 ans, la SNC CLIPS disposera de 12 millions + un immeuble entièrement payé par des subventions et des loyers, qu’elle va revendre à la SAS CHIPS au prix du marché donc avec  plus-value.

  1. 3.     Pour l’exploitant de l’hôtel, SAS CHIPS, l’équipement de l’hôtel pour 3 175 000 € sera présenté sur le PO 2014-2020. La Région sera encore sollicitée pour l’octroi de subventions.

Nous ne disposons pas d’informations sur :

  • les associés du promoteur immobilier SHPS,
  • les associés de la SNC CLIPS en cours de constitution, ce qui laisse penser que si on y retrouve les mêmes, ces derniers auront « mangé » sur cette première vente et « mangeront » encore dans 11 ans sur la vente à la SAS CHIPS !!!

La SAS CHIPS a été immatriculée le 23 Janvier 2012 avec un capital de 1000 € (mille).

Les prévisions qu’elle fournit ne semblent pas fiables. En effet, l’évolution prévisionnelle des taux de remplissage paraît optimiste : le taux moyen calculé par l’INSEE est de l’ordre des 56 % sur les dernières années, alors monter à 65 % pour cette activité, même  à moyen terme, laisse sceptique.

Les charges :

  • de remboursement emprunt Guardian Holding Ltd,
  • d’annuité de crédit- bail : 2 000 000 € par an,
  • d’annuité  de franchise Novotel environ 250 000 € / an,
  • d’exploitation,

ne permettent pas de mettre la Région à l’abri de nouvelles aides à cet hôtel.

 

Prévisions SAS CHIPS

Année 1 Année 2 Année 3 Année N + 6
Taux Remplissage 54,7% 62% 65%
Taux Moyen INSEE 56 %
Chiffre d’Affaire 3 153 440 3 626 456 3 825 911
Loyer Crédit-Bail 2 000 000
Franchise Novotel 250 000 250 000 250 000 250 000
Remboursement emprunt Guardian Holding Ltd 2 000 000? 2 000 000? 2 000 000?

 

  1. 4.     Pour les contribuables martiniquais :
  • 29 emplois créés pour 9 millions 175 mille euros de subvention, ce qui représente 316 379 € pour UNE création d’emploi en phase 1 du projet!!

La phase 2, qui sollicitera des subventions PO 2014-2020, entraînera une augmentation de ce montant.

Selon la directrice générale adjointe de la Région en charge de la compétitivité, de l’emploi et de l’innovation, suite aux différents appels à projets, « Il existe des projets forts intéressants que nous ne pouvons pas tous financer » (France-Antilles du lundi 15 juillet 2013).

Ne serait-il pas plus raisonnable d’utiliser les subventions de la Région et du FEDER pour financer les projets des Martiniquais ?

Beaucoup de porteurs de projets Martiniquais seraient heureux, avec une subvention de 300 000 €, de créer beaucoup plus qu’un seul emploi.

Monsieur Patrick PICOURT, directeur de la SAS CHIPS, qui possède 6 mandats de société et se trouve à la tête d’une holding patrimoniale « La Compagnie financière Saint-Thomas », propriétaire d’une dizaine d’hôtels, n’aura aucun  mal à lever des fonds privés pour ce projet et  confirmerait ainsi le titre du quotidien local du lundi 15 Juillet dernier : « Région : bienvenue aux capitaux privés ! »….

  • Le risque est grand pour que ce projet ne soit pas un succès économique à moyen et long terme.

L’argumentaire des porteurs de projet sur le plan économique est faible.

Le développement de cette activité hôtelière, avec 94 chambres, ne peut être qualifiée « à taille humaine », et le cadre intégré du la franchise Novotel n’est pas le mieux approprié pour faire « la part belle à l’authenticité, la personnalisation des produits», pour reprendre les propos de Patrick-Olivier PICOURT. Il présente à l’évidence des risques d’échecs.

La simple signature d’une Convention de Conditionnalité des hôtels entre la Région et la SNC CLIPS n’évitera pas la mise au standard de la franchise Novotel avec centrale d’achats etc…

De plus, la SNC CLIPS ne peut être contrainte par la signature d’une telle convention ; son objet étant l’achat et la revente d’un immeuble. L’activité hôtelière étant exercée par la SAS CHIPS, c’est cette dernière qui devrait signer la convention.

Au niveau de la phase 2 du projet, phase la plus importante, de nombreuses questions se posent.

– Une offre complémentaire  d’hébergement d’affaires est-elle vraiment nécessaire à Fort-de-France, compte tenu des taux de remplissage des hôtels déjà existants ?

– Une étude de marché sérieuse a-t-elle montré que les affaires nécessitant des hébergements de standing (4 étoiles) transiteraient et  se développeraient en Martinique ?

– Le développement d’un pôle de départ de croisière de luxe (avec quelle autre clientèle ?) au départ de la Martinique est-il envisageable dans le contexte actuel, avec quels bénéfices ?

 – La clientèle aisée qui sera hébergée dans cet hôtel 4 étoiles trouvera-t-elle aux Trois-Ilets les   loisirs attendus ? Même après l’embellie ?

– Quelle sera la surface financière de la SAS CHIPS pour l’activité hôtelière proprement dite, avec un capital de départ de 1000 €, et après avoir immobilisé, avant même le démarrage de son activité, 10 000 000 € en  apport en Compte-courant à la SNC CLIPS ?

– Le délai d’an, de septembre 2013 à septembre 2014, pour mener à terme ce projet est carrément utopique, d’autant que les Fonds du PO 2014-2020 ne seront pas disponibles avant 2 voire 3 bonnes années et que les « soubresauts autour de la défiscalisation » ne sont pas bons signes pour une réponse favorable et rapide de Bercy…

Conclusion : ce projet, tel que conçu, prend prétexte de la création d’une activité hôtelière pour réaliser une opération immobilière spéculative, très rapidement rentable, sans risques, en bénéficiant des subventions publiques.

Tous les risques du projet  sont reportés sur l’activité hôtelière qui, telle que pensée, ne présente aucun enjeu de réussite pour les investisseurs, aucune garantie de retour sur investissement des fonds publics dépensés en faveur de l’emploi et de retombées positives pour l’activité touristique en  Martinique.

Proposition : Compte tenu de la haute qualité financière des investisseurs, ce dossier ne présente aucun caractère d’urgence et ne nécessite pas d’être traité de manière prioritaire.

Bercy est resté silencieux depuis de nombreux mois sur leur demande de défiscalisation.

La Région pourrait au mieux envisager d’accorder une avance remboursable de 4 millions d’euros et prendre une garantie sous forme d’hypothèque de 1er rang sur l’immeuble.

 

Louis-Félix Vincent DUVILLE

Pour le Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants

Plénière du vendredi 19 juillet 2013

Mise en avant

PASS'JEUNES TRANSPORT: EFFET D'ANNONCE ?

Lors de la plénière du vendredi 19 juillet du Conseil Régional, un dispositif « pass’ jeunes transport »a été proposé au bénéfice des jeunes de 16 à 25 ans, demandeurs d’emplois inscrits en missions locales ou repérés par les PLIE ou Pôle Emploi.

Le Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants ne s’est pas opposé à cette mesure, tout en en montrant les limites et en faisant des propositions permettant de garantir une véritable égalité des chances des jeunes Martiniquais.

Cette mesure ne doit pas, en effet, constituer un simple effet d’annonce porté par des arrières-pensées électoralistes, à quelques mois des municipales.

Les limites de ce dispositif :

1- Il ne concerne que 4000 jeunes, alors que sur les 52000 chômeurs que compte la Martinique, environ 60% ont entre 16 et 25 ans. Le dispositif ne touchera donc qu’une frange marginale des jeunes en recherche d’emploi. L’écrasante majorité des jeunes chômeurs en sera donc exclue. Appliquera-t-on le principe contestable du « premier arrivé premier servi » pour sélectionner ces 4000 personnes ? Les risques de traitements discriminatoires seraient alors extrêmement élevés.

2-La proposition est très imprécise mais on parle de carnets de type chéquier d’une valeur de 84€ pour le taxi et 100€ pour le bus. Il est évident que, sur un an, cette somme ne suffira pas , même pour des déplacements strictement liés à la recherche d’emploi.

3-Dans le rapport présenté, ce dispositif ne s’applique qu’à la recherche d’emploi. Les patriotes ont souhaité qu’il prenne aussi en considération l’ensemble des déplacements, par exemple dans le domaine de la culture ou pour des raisons médicales.

4- Chacun sait que les bassins d’emplois se trouvent principalement dans le centre et de nombreux rapports ont dénoncé une forme d’inégalité dans les possibilités de déplacements des jeunes, en fonction de leurs communes d’origine. Tenir compte de ces facteurs, c’est garantir l’égalité des chances. Les patriotes ont donc proposé que cette dimension de la problématique des transports et de l’emploi des jeunes soit prise en considération si l’on veut que tous les jeunes Martiniquais soient traités équitablement.

En l’état, ce dispositif mériterait d’être sérieusement remanié pour répondre à l’ambition annoncée de favoriser l’égalité des chances.

Enfin, le Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants a fait valoir qu’il convenait d’aborder plus largement les déplacements des personnes en Martinique. Il a, très justement, souligné que les chômeurs, indépendamment de leur âge (jeunes de plus de 25 ans, femmes , chômeurs seniors), devraient pouvoir bénéficier d’une politique de forte réduction du prix des transports.

Le Groupe propose donc qu’une partie du FIRT, fonds d’investissement routes et transports, soit utilisée ã cette fin.

Le 23 juillet 2013

Mise en avant

A PROPOS DU BUDGET SUPPLÉMENTAIRE DE LA RÉGION


Le Budget Supplémentaire de la Région était en débat lors de la séance plénière du vendredi 19 juillet 2013. Le Groupe des Patriotes et Sympathisants a voté contre. La droite s’est abstenue. Sans surprise, la majorité l’a adopté. Au nom du Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants, Francis CAROLE est intervenu sur ce document. Ce fut aussi l’occasion pour lui de procéder à une analyse globale de la situation économique et sociale de notre pays.(lepalima.org)

INTERVENTION DE Francis CAROLE

Chers collègues,

Le rapporteur du budget supplémentaire a souhaité nous prévenir contre les dangers de l’autodénigrement, ou de ce qu’il considère comme tel. A notre tour de l’appeler, de nous appeler tous, à la lucidité, à une lucidité exigeante sur la situation de notre pays. Exprimer la vérité des faits est aux antipodes de l’autodénigrement. C’est, au contraire, une obligation morale vis-à-vis de notre peuple.

L’ANALYSE DU BUDGET SUPPLÉMENTAIRE 2013

Le Budget Primitif 2013, voté en début d’année, s’élevait à 472 M€. Par rapport à 2012,  il était  en hausse de 6,72%. Rappelons que l’inflation était estimée alors à 2% et la prévision de croissance en 2013 à moins de 1%. Il a en fait atteint 0,5%, ce qui ne cesse d’être préoccupant.

A y regarder de près, ce budget se caractérisait par un gonflement des recettes. Il était ainsi prévu une augmentation de 5,4% de la dotation de l’Etat et de 55% des Fonds Européens. Les recettes de l’octroi de mer avaient, quant à elles, été fixées à 70 millions d’euros.

Cinq mois après le vote de ce Budget Primitif, la question se pose de savoir si les recettes prévues ont été réellement constatées, en tout cas pour ce qui concerne la dotation de l’Etat et les Fonds Européens.

Le document budgétaire qui nous est proposé n’en souffle pas mot.

Pour ce qui concerne l’octroi de mer,  on sait maintenant que les recettes de cette ressource ont diminué de 6,07% en 2012, compte tenu de la baisse des importations de 6,9% (hors produits pétroliers).  Par ailleurs, début  2013, les recettes de cette taxe ont encore reculé de 2 à 3 %.

Or, en dépit même de ces éléments, il n’y aucun ajustement des recettes dans le budget supplémentaire qui nous soit soumis.

Enfin, toujours à propos des recettes, un emprunt de 64 millions d’euros a été contracté au Budget Primitif. Pourquoi maintenir un tel niveau d’emprunt quand on sait que le compte administratif a dégagé un excédent de 23,2 millions d’euros  et qu’il est possible d’engager  37,8 millions d’euros, compte tenu de l’annulation de 14, 571 millions d’opérations programmées pour l’année 2013 ?

Pour ce qui concerne les dépenses supplémentaires, elles s’élèvent à 37,8 millions. Elles sont essentiellement financées par l’excédent budgétaire 2012 constaté au compte administratif : 23 234 165 euros.

D’où vient cet excédent, que certains, appelaient naguère, dans un langage métaphorique, un « matelas » ?

Il vient d’une baisse du taux global de réalisation du budget 2012. Ce taux de réalisation a été, en effet, de 84,87% en 2012, en retrait de 1,69 point par rapport à 2011 où il s’élevait à 86,56%.

Cette baisse affecte surtout le taux de réalisation en investissement : celui-ci passe, en effet, de 88,55% en 2011 à 84,92% en 2012, soit une chute de 3,73 points.

Une partie de l’explication de cette contre-performance vient du fait que nombre des partenaires de la Région se trouvent  dans l’incapacité de boucler leurs plans de financement en raison de leur situation financière désastreuse.  Fort-de -France constitue une bonne illustration de ce phénomène.

Ce résultat révèle qu’il n’est pas toujours pertinent de sauter sur toutes les sollicitations dans le but de saturer les médias par de la communication politique à visée électoraliste. Il eût été plus pertinent de hiérarchiser les priorités et de faire montre de plus de sérieux.

D’où viennent les 14, 571 millions d’euros que nous avons précédemment signalés ?

Ils viennent de la suppression de plusieurs opérations prévues au Budget Primitif (voir page 26) qui permet de dégager 14, 571 millions. Relevons ainsi moins 2 millions de participation au plan de relance avec certaines communes ou encore moins 8,28 millions  pour les biens mobiliers, matériels etc…

La raison évoquée pour tenter de justifier ces suppressions serait leur « niveau de maturité » insuffisant ou de non maturité. Autrement dit, il a été mis au budget primitif des opérations dont on ne s’était pas assuré de la maturité et de la faisabilité en 2013.

Cela s’appelle tout simplement de la mauvaise programmation et nous ne pouvons totalement exclure qu’en fin d’exercice le nombre de ces programmations non parvenues au bon « niveau de maturité » ne soit plus important. Et là, le « matelas » risque d’être d’une générosité à faire « rougir » toute concurrence éventuelle.

Rappelons, pour la petite histoire, que vous faites exactement ce que vous reprochiez à vos prédécesseurs, sauf que vous êtes plus précoces et que vous supprimez, non pas en fin d’année, mais seulement 5 mois après les avoir votées, des opérations dûment programmées au Budget Primitif, au mois de février.

C’est donc ainsi que sont obtenus les de 37,8 millions d’euros de ce budget supplémentaire que vous ventilez sur différentes opérations dont certaines demeurent pour le moins  vagues. On pourrait ainsi souligner quelques pépites de cette curieuse manière de gérer une collectivité :

–  2,9 millions dans la rubrique  « affaires européennes » ; pour faire quoi précisément ?
– 2 millions « d’aides exceptionnelles » aux communes ;  quelles communes ?
-0,125 million d’euros pour « frais bancaires », sans autres précisions.

La liste de ces imprécisions serait encore longue.
Au total, ce budget supplémentaire suscite légitimement un certain nombre d’interrogations quant à votre maîtrise réelle des finances de la collectivité.

LA MARTINIQUE S’ENFONCE

Au prétexte de ne pas céder aux sirènes de l’autodénigrement, vous sombrez allègrement dans l’autosatisfaction, souvent de manière imprudente. On vous a, par exemple, entendu vous gargariser de ce que la Martinique serait « la Région la mieux gérée de France en 2012 ».

La question n’est pas que nous ne puissions pas être un exemple de bonne gestion. Pourquoi pas, après tout ?

Mais on ne peut pas être « la première Région de France en 2012 », avec des chiffres de 2009, 2010 et 2011.

D’autre part, il y a une manière de perversion intellectuelle de la part du néo-PPM ã vouloir récupérer ces résultats.

D’abord parce que les chiffres ne sont pas de 2012, mais de 2009, 2010 et 2011. Ils couvrent donc une partie significative de la gestion de la précédente équipe. Le premier budget dont vous avez été responsable de l’élaboration ne date que de 2011. La probité intellectuelle la plus élémentaire aurait dû vous commander de le reconnaître.

En second lieu, les principales notes obtenues dans  cette évaluation s’insèrent dans des politiques qui ne datent pas de 2011. Il s’agit principalement :

– de la dette (10/10), qui est manifestement l’œuvre de AMJ;
– de la solvabilité (10/10) qui est à mettre en relation avec le faible niveau d’endettement;
– des impôts locaux bas (9/10), autre héritage de la gestion précédente;
– des dépenses d’équipements (9/10) qui concernent les trois dernières années (2009, 2010, 2011).
– de la rigidité structurelle (7/10) qui mesure la marge de manœuvre des collectivités.

L’unique critère que l’on pourrait attribuer à la seule action de l’actuelle  gouvernance, c’est celui pour lequel la Martinique obtient la plus mauvaise note,  à savoir les charges de personnel (1/10).

Mais j’appelais à la lucidité et je considère qu’il n’y a aucune raison de se gargariser de ce classement tant il est vrai que la situation de notre pays est aujourd’hui catastrophique. Et ce n’est pas la campagne de propagande politicienne que vous menez aujourd’hui (« La Martinique avance »), avec l’argent public, qui changera la réalité.

La Martinique n’avance pas. La Martinique s’enfonce. 

La conférence  de presse tenue le 20 juin dernier par l’IEDOM et l’INSEE, sur le Rapport Annuel 2012 et les « Tendances conjoncturelles » du premier trimestre 2013,  vient confirmer, en quelques chiffres, ce constat que vous ne cessez de nier.

Ainsi, nous avons eu 2 224 chômeurs de plus en 2012 et le nombre total de chômeurs (de catégories A,B,C ) s’élevait à 51 223 en décembre 2012 en hausse de 4,6 % sur un an. Dans la même année, les  offres d’emplois subissaient une chute de 32%.

Une série d’autres indicateurs nous appellent à la lucidité :

– Recul de l’évolution du PIB de + 4,6% en 2010 à + 1% en 2011.
– Recul de l’investissement des entreprises privées de 1,4% en 2012.
– Recul des ventes de ciment de 5,2% sur un an en 2012.
– « Évolution  mitigée » du tourisme. Progression du nombre de croisiéristes, mais  baisse de 2% de la fréquentation hôtelière. Recul de 3,4% en 2012 du trafic aérien de passagers.
– 2604 sociétés  en interdit bancaire en 2012.
– Plus de 459 liquidations judiciaires en 2012 : un record que nous n’avions pas atteint, même en 2009.

Tel est l’état du pays sur lequel les « plans de relance » semblent n’avoir eu aucun effet puisque la situation globale n’a cessé de se dégrader, en dépit de moult promesses et de forfanteries permanentes. Cette attitude irresponsable et la politique de fuite en avant qui caractérise votre démarche suscitent l’inquiétude des Martiniquais que votre équipe semble ne pas percevoir.

Francis CAROLE

Pour le Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants.

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Gold Cup : Woulo ba lè Matinino !

Depuis le début de cette compétition internationale, l’intrépidité de la sélection martiniquaise a fait vibrer notre fierté nationale.

En effet elle a battu le Canada 1-0, but marqué par Reuperné des 30 mètres, catapultant le ballon au fond des filets canadiens.

Ce magnifique but arrivait à la 93 mn (arrêts de jeu) après 3 ou 4 occasions nettes de notre sélection.

Jeudi 11 Juillet, lors de son deuxième match, notre sélection a fait jeu égal contre le Panama, ne s’inclinant que sur le score le 1-0 (sur pénalty)

Rappelons tout de même que la Martinique a été contrainte de jouer à 10 pendant une bonne partie de la seconde mi-temps, Berdix ayant été expulsé.

La rencontre à Denver avec le Mexique devenait donc déterminante. Notre sélection a limité la casse en dépit du troisième but encaissé à 3 minutes de la fin.

Nous nous retrouvions du même coup tributaires de la rencontre Cuba-Bélize dont le résultat (4-0 en faveur de Cuba) a fait s’envoler nos espoirs de participer aux quarts de finale.

A-t-on besoin de dire qu’étant privés de retransmission sur les télévisions installées en Martinique, les Martiniquais se sont transmis les sites ou télévisions caraïbéennes (particulièrement une chaine haïtienne) afin de voir les rencontres en direct.

Et il est clair pour tous ceux qui les ont vues, notre pays était dignement représenté par sa sélection.

D’ailleurs, cette réflexion de «woulo Matinino ASSFM» (association qui soutient le football Martiniquais et dont des membres étaient présents aux Etats-Unis) nous paraît fort juste :

« Bravo aux Matinino ! Heureux dans la victoire solidaire et digne dans la défaite ce n’est que le début il faut continuer à travailler pour les prochaines échéances
A tous les supporters continuez à supporter notre sélection nationale continuez à vous intéresser au football martiniquais même des équipes de première division continuez à vous intéresser au football caribéen et de la zone CONCACAF clubs et équipes nationales
Maintenant nous sommes membre à part entière de la CONCACAF nos clubs pourront jouer la ligue des champions de cette confédération il n’y a pas que le football européen vous avez vu grâce à internet nous avons pu suivre les matches de notre équipe malgré la défaillance des chaînes qui émettent ici et même si nous sommes éliminés continuez à suivre cette belle compétition qui n’a rien à envier aux autres .Nous sommes caribéens avant tout. Soyons fiers de nous ,de notre pays, de nos sportifs Encore merci et bravo aux Matinino wouloooooo pwimié so pa so manké tombé sé bel pa tchè nou blendé nou la nou poko mo »

Nous envoyons donc, à travers notre site, nos encouragements chaleureux à tous les joueurs et à tous ceux qui les encadrent. Woulo ba Matinik. Accueillons-les avec chaleur et reconnaissance.

La rédaction de Palima.org
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SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS DE LAGUARRIGUE

 

S O L I D A R I T E

AVEC  LES  TRAVAILLEURS  DE  LAGUARRIGUE

Le mardi 16 juillet 2013, une délégation du PALIMA formée de Francis CAROLE et Clément CHARPENTIER-TIY s’est rendue sur le piquet de grève au Lamentin où elle a pu s’entretenir avec les responsables syndicaux.

Ce conflit, qui a pour origine le licenciement abusif d’un employé, dure depuis une quinzaine de jours, se heurtant au refus de négocier de la direction.

Nous communiquons à nos lecteurs : La plate-forme de revendications des employés de LAGUARRIGUE  établie par le syndicat FO.

PLATE-FORME DE REVENDICATIONS

 

  « Face à une direction muette sur les dispositions de l’accord d’entreprise de 2011, relatives à son renouvellement,

Face au silence assourdissant d’une direction relatif à un plan de restructuration annoncé en décembre 2012 et à l’expert comptable nommé par le comité d’entreprise en mars 2013,

 

– Absence du PV de désaccord des négociations obligatoires 2012 malgré de nombreuses relances des instances représentatives du personnel

– Plan sénior caduc, demande de renégociation restée sans réponse

– Face à des conditions de travail pénibles difficiles entraînant un burn out des salariés

– Demande renforcement des équipes (…..)

– Prévisionnel 2013 rectifié, celui en 2013 par la direction est caduc selon cette même direction

– Non au démantèlement des services

– Respect du code du travail  (…)

– Respect de la périodicité des réunions des instances représentatives du personnel

– Salaires des commerciaux : partie fixe, des différences inexpliquées

– Application de l’accord RTT 35 heures négocié et non la convention du  forfait jour appliqué à certains salariés

– Non au harcèlement moral

– Les salariés refusent le licenciement comme moyen de gestion des ressources humaines et outils de restructuration

 

Réintégration du salarié licencié : ce qui lui est reproché étant la conséquence du stress et de la charge de travail que fait peser l’employeur sur les salariés compte tenu des conditions de travail et du dialogue social dans l’entreprise.

Un salarié est en danger quand il doit travailler seul à livrer du bois, de la ferraille, des agglos, des agrégats  sur une surface de plus de 2 000 mètres carré.

 

Fort de France le 1 juillet 2013 »

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RÉINTÉGREZ JEAN-FRANÇOIS LAGIN

Comité de soutien à Jean François LAGIN

Maison  des syndicats Jardin Desclieux Fort de France Martinique

 

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande

Président de la République Française

 

Monsieur le Président,

 

Le comité de soutien à Jean François LAGIN s’est  réuni ce jeudi 11 juillet  pour renforcer l’unité  en vue de la réintégration  dans l’Education nationale et de l’affectation en Martinique de ce lauréat en 2012 du  certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes) , radié de l’Education nationale par le Recteur de Versailles pour « abandon de poste ». 

Il tient à rendre publiques  les raisons  de son soutien à ce jeune enseignant martiniquais et à vous en faire part.

 

Nous considérons que son dossier a été traité par le Recteur de l’Académie de Versailles et par les services du Ministère de l’Education Nationale comme celui d’un lauréat quelconque, sans prendre en compte  les conditions exceptionnelles d’affectation sur  l’académie Martinique pour l’année scolaire  2012 – 2013.

En effet, le 17 juillet 2012, à l’Assemblée Nationale, en réponse à une question du député de Martinique  Alfred Marie Jeanne,  le   ministre de l’Education Nationale  Vincent  PEILLON  s’était engagé sans ambiguïté à ce que   « tous les contractuels ayant réussi le concours et ayant exercé en Martinique soient affectés en Martinique ». 

Or, Jean François LAGIN exerçait  comme contractuel en Martinique depuis septembre 2003 soit depuis neuf ans, et répondait parfaitement à ce critère, appliqué à  plusieurs lauréats de Martinique ayant une ancienneté moindre voire pas d’ancienneté du tout.

 

Cette mesure ministérielle ayant été étendue à l’académie de Guadeloupe, tous les contractuels lauréats de  cette académie initialement affectés sur d’autres académies, ont été réaffectés en Guadeloupe grâce à une concertation, respectueuse du critère énoncé par le ministre, entre les services ministériels et les services rectoraux.

 

Jean François LAGIN a donc été animé d’un profond sentiment d’injustice, que partagent avec lui notre comité et tous les martiniquais qui l’ont soutenu : 500 personnalités signataires d’une pétition pour sa réintégration, plusieurs parlementaires qui sont  intervenus en sa faveur,  motions unanimes du Conseil Régional, du Conseil Général, des municipalités du François, de Sainte Anne, du Prêcheur.

 

Davantage, il existait en  Martinique plusieurs supports dans sa discipline, les mathématiques, pouvant lui permettre d’effectuer son stage de 15 heures sur l’académie. Lors d’un groupe de travail le 24 août 2012, l’administration rectorale avait  indiqué aux organisations enseignantes faisant partie d’un  Front commun de l’Education qu’il existait  dans cette discipline une quinzaine de possibilités sous forme de Blocs Moyens Provisoires,  d’où la proposition  par les organisations du maintien de Lagin dans l’académie, proposition  retenue par le Rectorat mais étrangement  non avalisée par les services ministériels.

 Or, à  la fin du mois de septembre il s’est trouvé des élèves sans professeurs de mathématiques alors que tous les contractuels en contrats à durée indéterminée et même ceux  à durée déterminée  étaient déjà affectés !

 

Comment comprendre que l’on retire à l’Académie  un enseignant très qualifié ayant fait ses preuves pendant neuf ans, alors que plusieurs classes se trouvaient privées d’enseignement  de mathématiques ?

 

Enfin, Jean François LAGIN avait fait une demande de révision d’affectation  le 18 juillet 2012, réitérée le 5 septembre 2012, avec des documents accompagnateurs prouvant indiscutablement qu’il ne pouvait pas quitter la Martinique.

En dépit de ces démarches, sa situation n’a pas été prise en compte comme celle des autres cas sociaux pris en considération par les services rectoraux et ministériels.

 

En conséquence, notre  comité de soutien décide de poursuivre son action auprès de votre gouvernement et au sein de l’opinion publique martiniquaise afin d’obtenir la réintégration de Lagin et son affectation comme stagiaire en Martinique.

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de  nos salutations respectueuses et de notre  confiance en votre sens de l’équité.

Maison des syndicats ce jeudi 11 juillet 2013.

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ÉPANDAGE AÉRIEN DE PESTICIDES

PASCAL TOURBILLON ANALYSE LE JUGEMENT DU TRIBUNAL DE BASSE-TERRE.
Il y a lieu de féliciter nos amis guadeloupéens qui viennent d’obtenir que le tribunal administratif  (TA) de Basse-Terre condamne pour la 4è ou 5è fois l’épandage aérien de pesticides dans leur pays! C’est une grande victoire, obtenue grâce à leur mobilisation et leur détermination. Il faut saluer aussi le courage du tribunal qui a su résister aux diverses pressions du lobby de la banane et du gouvernement. On se rappelle en particulier les déclarations indécentes du ministre des dernières colonies (DCF) Lurel, de celles du ministre de l’agriculture Lefoll ou du 1er ministre Ayrault intervenant en pleine procédure, comme pour dicter leur loi aux juges!
En Martinique, ces interventions intempestives sont parvenues malheureusement à condamner au mutisme le TA de Fort-de-France. En effet,
1- Ce tribunal n’a suspendu que partiellement la 2è dérogation préfectorale, ce qui a permis aux planteurs de banane de continuer à épandre le Gardian, un produit particulièrement dangereux pour la reproduction et le foetus, jusqu’à épuisement des stocks (cf Demande de dérogation, p. 38);
2- Il n’a toujours jugé sur les requêtes en annulation de cette 2è dérogation, prise depuis bientôt 1 an et arrivée à échéance depuis février (plus de 6 mois!); son illégalité est pourtant manifeste (cf jugement du TA de Basse-Terre du 10 décembre 2012);
3- Il ne s’est toujours pas prononcé sur la demande de suspension de la 3è dérogation préfectorale du 26 février  2013, sollicitée le 17 avril par l’ASSAUPAMAR, bien avant la demande de nos amis guadeloupéens donc. 6 mois sans jugement pour une procédure d’urgence!
Sur le fonds de l’affaire le TA de Basse-Terre s’est fondé essentiellement sur la Charte de l’environnement annexée à la Constitution française, pour suspendre les arrêtés dérogatoires à l’interdiction légale de l’épandage aérien de pesticides délivrés par la préfète de guadeloupe. Il a ainsi considéré:
1- Sur l’urgence à suspendre les arrêtés en cause
– La pulvérisation aérienne de pesticides crée, du fait des effets de ces produits, un risque environnemental et de santé publique portant préjudice aux intérêts collectifs que défendent les associations requérantes aux termes de leurs statuts; intérêts reconnus par la Charte de l’environnement et nullement inférieurs à l’objectif portant sur l’obligation de lutte contre les cercosporioses, laquelle obligation qui n’a pas de valeur constitunionnelle;
– Il n’apparaît pas que les intérêts économiques défendus par les producteurs de banane, bien que légitimes, doivent l’emporter sur les intérêts environnementaux et de santé publique que défendent les requérants.
2- Sur l’existence d’un moyen susceptibles de faire annuler les arrêtés préfectoraux
– « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé » (art.1 de la Charte); le principe de précaution s’impose aux pouvoirs publics et aux autorités administratives (art.5);
– Dès lors, il appartient au préfet, saisi d’une demande de dérogation à l’interdiction légale de l’épandage aérien de pesticides, deveiller à la stricte application de ce principe de précaution.